Deux jours à Padoue

Au cours de notre escapade italienne de septembre 2020, nous avons décidé de visiter Padoue, ville mondialement connue pour son Saint Patron, Saint Antoine. Cette ville nous a offert un contraste surprenant : ville étudiante très dynamique, très vivante, mais également très touristique par sa cathédrale littéralement prise d’assaut… et à la fois très calme par son jardin botanique et des églises tout à fait dignes d’intérêt, mais totalement désertées.

Fidèles à notre habitude, nous avons cherché un lieu d’hébergement un peu insolite, proposant petit déjeuner inclus et parking pour notre titine. Nous n’avons pas été déçus à l’Hôtel Volta : familial, visiblement aménagé dans une maison de lotissement, cinq ou six chambres, chacune disposant de son balcon donnant sur le jardin de la propriété, un vrai plaisir et une grande tranquillité.

Nous n’avons pas perdu de temps et à peine arrivés à l’hôtel, nous voilà repartis pour le centre ville de Padoue, en voiture cependant, car pas forcément de transports en commun le soir, et nous voulions profiter de la ville sans surveiller notre montre ! La ville dispose cependant d’un grand parking payant (mais peu onéreux), surveillé, juste à l’arrière de la grande place : après, il suffit de marcher et de se laisser porter !

Prato della valle

Place, selon les locaux, la plus grande d’Europe, elle tient son nom du fait qu’elle était à l’origine entièrement recouverte d’herbe (« prairie » de la vallée). On aurait pu penser qu’elle empruntait la forme d’un ouvrage antique ovoïdale, type amphithéâtre, disparu : notre intuition était la bonne, il y en avait bien un dans le quartier… mais pas du tout à l’emplacement de la place !

Le centre de la place est nommé Isola Memmia : il est entouré d’un bassin d’eau et de 78 statues de personnages illustres ayant un lien avec la cité.

La place Prato della Valle

La basilique Sainte Justine

Cette ancienne abbaye, dont l’origine remonte au VIe siècle, l’une des plus grandes d’Europe, se situe juste à côté du Prato della Valle : assez majestueuse, relativement sobre à l’intérieur, elle a la particularité d’être totalement ignorée par les touristes plutôt intéressés par la cathédrale Saint Antoine… alors que cette dernière abrite tout de même le tombeau de l’apôtre Saint Luc dans une de ses absides. Quelques panneaux d’interprétation expliquent comment ce cercueil a été retrouvé, et quels éléments nous prouvent que nous sommes bien en présence de Saint Luc.

Le tombeau de Saint Luc

Le Palais de la raison

Construit entre 1172 et 1219, ce gigantesque palais devait être le symbole de l’émancipation de Padoue de la domination germanique. C’était le siège de l’administration et de la Justice, mais aussi le lieu des échanges commerciaux.

Le palais se visite pour 7 euros, mais nous avons, toujours et encore, privilégié les promenades en extérieur. Cette visite est cependant à envisager pour une prochaine venue à Padoue, car on peut admirer la charpente en carène de 1303 depuis la salle visitable.

Le palais de la raison et son campanile

La place des seigneurs et la tour de l’horloge

Comme dans toutes les villes de Vénétie que nous avons visitées, il y a une place des seigneurs. Mais toutes n’ont pas une telle horloge astronomique absolument fascinante. Construite comme tour fortifiée au XIVe siècle, son horloge indique l’heure, le jour, le mois, l’année, mais également la phase de la lune et le signe du zodiaque en cours.

Nous sommes le 12 septembre et il est 20h30…

Eglise de Santa Maria dei Servi

Église qui remonte à 1372, située le long de la via Roma (rue commerçante qui relie le Prato della Valle à la place des seigneurs que nous aurions vraiment souhaité pouvoir visiter. Mais pas de chances, soit elle était fermée, et quand elle était ouverte, c’est qu’il y avait la messe avec visites interdites ! Dommage, elle avait l’air belle…

La cathédrale de Padoue

Construite en 1238 en l’honneur de Saint Antoine de Padoue, la cathédrale est une pure merveille… dont nous ne pourrons vous montrer aucune photo intérieure, car il est strictement interdit d’en prendre (nous avons essayé en orientant l’objectif l’air de rien, mais les prêtres chargés de la surveillance ont l’habitude !). L’entrée est totalement gratuite, et la durée de la visite est illimitée ; mais au vu des normes sanitaires en vigueur lorsque nous y étions (et du flux sans fin de touristes), il était cependant impossible de revenir en arrière dans le circuit dans l’église pour revoir un élément, à moins de refaire le circuit complet en repassant par la porte d’entrée.

Dans tous les cas, cette cathédrale est à voir : chapelles magnifiquement ornées du sol au plafond, dont une dédiée aux reliques, vitraux, mais également plusieurs cloîtres, une herboristerie (où nous avons pu acquérir du miel fabriqué par la congrégation, mais aurions également pu acheter du vin de messe et des hosties !) Nous avons également eu la chance de pouvoir visiter la cathédrale durant la messe, et l’effet est incroyable.

L’église des Erémitiques

Nous ne savons pas si c’est à cause de la situation sanitaire actuelle, ou si c’est une habitude, mais toujours est-il que nous avons trouvé porte close lorsque nous avons souhaité visiter la chapelle des Scrovegni tellement connue : il fallait réserver son créneau horaire depuis un bon bout de temps !

Nous avons donc visité à la place l’église des Érémitiques de 1276, qui se tient tout à côté, et qui est tout bonnement émouvante, tout en étant un prodige de restauration. En effet, elle a été bombardée durant la Seconde Guerre mondiale, et une partie de son chœur s’est écroulée, alors qu’il abritait des fresques du XVe siècle. Un véritable travail de puzzle a été réalisé par les restaurateurs et aujourd’hui, les fresques ont retrouvé leur place dans les trois chapelles du chœur de l’église reconstruite. Tous les éléments n’ont malheureusement pas été retrouvés, mais leur très bonne documentation avant le sinistre a permis de « combler les vides » en peignant directement le mur, et les fresques sont à nouveau visibles depuis 2006.

Une fresque reconstituée

L’amphithéâtre romain et le jardin Giotto

Situé juste à côté de l’ensemble des Scrovegni, l’amphithéâtre, nommé aussi « arènes » n’était pas accessible au public lors de notre venue, mais nous avons pu l’admirer de l’extérieur, à travers des grilles de chantier. Ces arènes datent probablement de 60 à 70 ap. J.-C et sont similaires à celles de Vérone, de par leur structure et leur dimension. Leur état de dégradation avancé s’explique par le fait qu’elles ont servi de carrière de pierre au Moyen Age, d’autant plus que les Scrovegni y ont fait construire leur chapelle

Ce monument est également très bien visible depuis le jardin Giotto, un parc public très calme, très arboré, avec une petite fontaine au milieu, des badauds qui lisent sur des chaises longues mises à disposition…

les arènes de Padoue

Le jardin botanique

Impensable de visiter Padoue et d’oublier son jardin botanique si célèbre ! Crée en 1545, c’est le plus ancien encore existant au monde. Un lieu absolument hors du temps, situé en périphérie du centre historique (autrement dit : à moins de 10 minutes à pied), et qui offre un paysage absolument dépaysant.

Différents espaces se côtoient dans ce jardin : les plantes orientales, rares, médicinales… Une serre, visiblement très récente, abrite des espèces rares, des arbres exotiques, des orchidées. Un plaisir pour toutes les personnes qui aiment les plantes (et nous en faisons partie)

Point positif : l’entrée est à 10 euros, sans réservation préalable, et la gratuité est accordée pour pas mal de personnes (les professionnels du tourisme, notamment). Le port du masque est obligatoire dans les espaces clos (dans la serre, donc), mais n’est pas imposé lors des déplacements dans les jardins.

Manger à Padoue

Le premier soir, nous avons jeté notre dévolu sur la terrasse d’un petit restaurant situé sur la piazza dei Frutti, au pied du Palais de Région, All’Ombra della Piazza. Nous avons pu y déguster, sous forme de planchette à partager (avec Spritz inclus !), différentes spécialités de la région.

Planchette de charcuterie locale avec campari-spritz : miam !

Le deuxième soir, nous avons découvert un bistrot formidable, situé dans une perpendiculaire de la rue ultra commerçante de Padoue, en plein cœur du quartier du ghetto, le Locanda Peccatorum : nous avons eu les deux derniers sièges disponibles ! La encore, découverte de la gastronomie locale par un principe de planchettes à partager, spritz aux apéritifs locaux (ça change de l’Aperol !), bières artisanales en bouteilles pour Célestin qui avait soif… Même si le format du repas ne parait pas très « restaurant », je pense que nous avons goûté des saveurs bien plus locales que si nous avions mangé sur assiette.


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