A la rencontre de Gaudi à Barcelone

Nous avons mis le cap sur Barcelone littéralement sur une coup de tête : nous étions en effet tous les deux intrigués par cette ville, mais craignions de trouver un endroit ultra-touristique, sans authenticité, d’autant plus que les échos que nous en avions eu venaient uniquement d’étudiants (fêtards) et de participants à un enterrement vie de garçon (fêtards aussi, donc). Nous avons eu, au contraire, une excellente surprise et avons tous les deux adorer y passer quatre jours !

Nous avons élu domicile au Boutique hôtel Hostemplo Sagrada Familia, qui, comme son nom l’indique, était situé à quelques rues du monument, mais dans une tranquillité absolument incroyable. La chambre était surprenante, car légèrement en dessous du niveau de la rue, mais néanmoins très lumineuse. Pour une fois, pas de problématique de parking (nous sommes venus en avion) : nous avons donc ciblé notre choix d’hôtel sur le critère « proximité du centre-ville » afin d’optimiser au mieux nos trois jours pleins dans la ville.

(et le critère « petit déjeuner à volonté » reste toujours dans la course : il faut tenir la journée !)

Barcelone est connue mondialement pour sa célèbre Sagrada Familia, basilique initiée par Gaudi, célèbre architecte, en 1882 (et toujours en construction aujourd’hui), mais regorge cependant de petites trouvailles passionnantes et plus ou moins connues.

La cathédrale Sainte Croix

A peine les valises posées, nous avons commencé notre périple par la découverte de la cathédrale Sainte Croix.

Sa construction a été de longue haleine : débutée en 1298, elle s’est terminée au début du XXe siècle ! Exemple typique d’architecture catalane, son intérieur est majestueux (enfin il parait, on a déjà parlé de notre malédiction des bâtiments non accessibles quand on arrive, non ?) On peut y découvrir la crypte de Sainte Eulalie (autre nom parfois donné à l’édifice), un cloître, il y a même la possibilité de monter sur une terrasse pour trois euros ainsi que de visiter une chapelle dédiée au Christ crucifié.

Le quartier gothique

La cathédrale est au cœur du quartier gothique de Barcelone, dont nous n’avions absolument pas connaissance avant de venir sur place. Nous sommes ici dans un quartier médiéval, le plus ancien de la ville, peuplé de gargouilles (la photo ci-contre présente un éléphant – à mon avis, le sculpteur n’avait jamais du en voir un de près !), d’oriels, de passage suspendus entre les bâtiments, de places qui se découvrent au fil de rues et ruelles labyrinthiques… Un quartier qu’il est difficile de raconter, car la découverte se fait vraiment le nez en l’air au gré de la déambulation. Sachez cependant qu’on y trouve de très bons petits bistrots (absolument pas touristiques, ce qui est appréciable) proposant des tapas à toute heure (appréciable quand on a pris l’avion à 6h du matin et rien mangé depuis la veille !)

Hôpital de Saint Pau

Notre deuxième jour était sous le signe de la marche à pied, et a débuté par la découverte de l’hôpital Saint Pau.

Suite à l’augmentation du nombre d’habitants de la ville, et donc du nombre de malades, la municipalité de Barcelone a commandé la construction d’un nouvel hôpital à Lluís Domènech i Montaner, célèbre architecte de l’époque. Ce dernier va alors ériger une véritable ville-jardins pour les patients. Ce bâtiment n’accueille plus d’hôpital depuis 2009, mais abrite désormais un campus et des associations. Il est visitable en intégralité avec un guide, ce que nous avons découvert à notre retour de séjour ! Ce sera un prétexte pour y retourner, car de l’extérieur, le bâtiment était déjà magnifique, alors on peut imaginer (et voir sur internet) en quoi consiste l’intérieur !

Le parc Güell

Suite de la matinée (et de la journée, car nous allons y rester plusieurs heures) : le parc Guëll. S’il est connu mondialement pour sa statue de Salamandre, on oublie souvent de mentionner que c’est un magnifique jardin accueillant des espèces végétales extrêmement variées, on se croyait parfois dans un pays exotique !

Œuvre de l’architecte Gaudi, ce parc de 17 hectares doit son nom à Eusebi Güell, un riche entrepreneur passionné par les œuvres de Gaudí qui a été l’un de ces principaux mécènes. Il a été inauguré en 1922 et est rapidement devenu un des lieux touristiques de la ville. En 1984, il a été classé au Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO. Une chance, puisqu’à l’origine, ce parc devait être un complexe de luxe !

Sa grande superficie fait que nous sommes assez isolés des autres visiteurs, et pouvons donc nous promener très agréablement, sans avoir l’impression d’être dans un lieu ultra touristique (ce que ce parc est pourtant). Nous avons passé de nombreuses heures à découvrir ce lieu, à regarder les plantes et à admirer le panorama vers Barcelone (on a rarement l’occasion de voir une ville aussi vaste), le tout sous un soleil magnifique.

Subtilité à connaitre avant de venir (et que nous n’avions pas saisie) : la zone, dite « des monuments », où se trouve notamment la fameuse salamandre de Gaudi, est accessible uniquement sur réservation. Autrement dit, à l’heure de notre arrivée, vers 10h du matin, nous aurions pu éventuellement avoir un billet d’entrée pour le soir à 18h… Nous avons donc renoncé, notre objectif étant de découvrir le maximum de Barcelone en quelques jours, et pas forcément de revenir sur nos pas pour juste « terminer » un lieu. Mais cela donne, de nouveau, un prétexte pour revenir dans cette ville !

L’église Sainte Marie de la mer

En redescendant du parc, des plantes plein les yeux, nous nous sommes dirigés vers le bord de mer, et avons fait escale dans cette église du XIVe siècle, considérée comme « le meilleur exemple de l’architecture gothique catalane » (dixit le site de l’Office de tourisme de Barcelone). Mais on veut bien le croire, cette église est particulièrement impressionnante. La hauteur de plafond est hypnotisante, et, mis à part la touche de couleur apportée par les vitraux, elle est particulièrement sobre. Des essais d’orgue pour la messe ont également eu lieu durant notre visite, lui donnant un cachet supplémentaire.

Le quartier El Born et son centre d’interprétation

Pour finir la journée, nous avons investi le quartier El Born et passé une bonne heure dans son ancienne halle de marché (premier grand bâtiment en métal de Barcelone datant de 1874-1876), reconvertie aujourd’hui en centre d’interprétation culturel avec, en son cœur, les vestiges archéologiques du quartier médiéval et moderne des commerçants. Un moment hors du temps, où nous étions quasiment seuls, ce qui était un peu irréel quand on sait que ce quartier est celui à la mode aujourd’hui, et dont les rues ne sont donc pas les moins peuplées en journée !

Accès bien évidemment gratuit pour découvrir cette merveille archéologique…

La Barceloneta

Et pour finir la journée en beauté, quoi de mieux qu’un coucher de soleil au bord de la mer ? Pour y accéder à pied, nous avons pu franchir l’arc de triomphe, descendre la longue avenue, longer le parc zoologique, bref admirer encore de nombreux monuments.

Le parc de la Citadelle

Troisième jour, toujours sous un soleil éclatant : Célestin rencontre un mammouth (et n’a même pas eu peur). Le parc de la Citadelle a été construit sur les terres d’une ancienne citadelle de la ville à l’occasion de l’exposition universelle de 1888, avec évidemment la collaboration de notre ami Gaudi ! La fontaine en cascade est surprenante (on peut grimper à l’intérieur et passer derrière les statues – on a d’ailleurs interrompu un shooting photo assez intimiste, visiblement pour promouvoir des sous-vêtements… ou pas), de même que la rencontre avec la bête préhistorique (d’autant plus que le zoo de Barcelone est dans ce parc). Nous avons passé un bon moment dans ce parc, qui a contribué à nous faire apprécier encore plus Barcelone : si la ville est ultra-touristique et peuplée, elle propose des espaces cumulant verdure, tranquillité et culture en même temps.

La colline de Montjuic

Nous avons rejoint ensuite le bord de mer et entamé le moment qui, je pense, a été un des plus traumatisant de ma vie : la montée dans un téléphérique afin de rejoindre la colline de Montjuic. Il faut dire que j’avais le « choix » entre traverser la ville à pied ou en transports en commun et gravir la colline (=4h de trajets cumulés), ou effectuer un petit tour de 10 minutes en téléphérique et être déposée en haut de la colline, à côté d’une citadelle : c’était une expérience, disons, intéressante ! Et au vu du silence qui régnait dans la cabine, je pense que les autres passagers partageaient mon point de vue ! La flemme se paie 8.40 euros l’aller par personne, au fait.

Pour l’histoire : ce téléphérique a été construit pour l’Exposition universelle de 1929. Son activité a été stoppée durant la guerre civile, mais a repris en 1963 et, à part pour des rénovations en 1995, il n’a jamais cessé de fonctionner (vous pouvez donc monter dedans les yeux fermés, c’est le cas de le dire !)

Toujours est-il que, grâce à ce gain de temps, nous avons pu visiter correctement le château de Montjuic. Ancienne forteresse militaire bâtie en 1640 par des rebelles catalans opposés au Roi d’Espagne Philippe IV, prise par le Roi d’Espagne 54 ans plus tard, puis par les forces napoléoniennes encore plus tard, puis de nouveau par les Espagnols en 1842, lieu d’emprisonnement et d’exécution de 1893 à 1922, prison militaire lors de la guerre civile, puis musée militaire de 1963 à 2009, ce château a eu de nombreuses vies ! Aujourd’hui, c’est un lieu culturel offrant des scénographies très modernes, dont notamment une projection de l’évolution du bâti sur des cartographies en 3D.

Les fontaines magiques de Montjuic

Après la visite de la Citadelle, on a le choix : soit reprendre le téléphérique pour le trajet retour (même pas en rêve) ; soit redescendre vers la ville via un magnifique jardin (qui propose même des escalators !) et rejoindre les Fontaines magiques de la place de Catalogne. Egalement érigées pour l’Exposition universelle de 1929, elles offrent un spectacle nocturne son et lumière absolument saisissant. Et pour cause : après quelques recherches sur le monument, on peut apprendre que les fontaines disposent d’un « générateur de chorégraphie », qui crée un spectacle suivant la musique entendue, selon le rythme, la structure musicale et les sentiments inspirés par la musique. Cette technologie permettrait de générer 700 millions de combinaisons possibles… (et maintenant, on comprend mieux la différence entre les deux spectacles de la soirée à laquelle nous avons assisté)

La Sagrada Familia

Le quatrième jour a débuté par la visite de la célèbre Sagrada Familia. On s’attendait à quelque chose de grandiose, nous avons été totalement soufflés par la vue intérieure : notre première pensée, à tous les deux, a été de nous dire que nous étions dans une forêt. La nef, par ses colonnes et son plafond, semble être végétalisée ; la lumière filtre à travers les vitraux et l’éclairage coloré change au fil des minutes, à l’œil nu. Il y a des milliers, des millions de détails, des statues cachées, des balcons. Sans exagérer, nous avons du y rester quasiment trois heures, parfois assis sur un banc de pierre, le nez en l’air, parfois déambulant, regardant beaucoup avec les yeux et ne prenant finalement pas tant de photos que ça.

Le retour à la réalité se fait néanmoins en douceur, par un passage au musée de la basilique, qui offre une vue vers les ateliers des restaurateurs : la basilique n’est en effet pas encore terminée, qu’elle nécessite déjà des travaux de consolidation sur ses parties anciennes, le béton n’est pas le matériau le plus pérenne dans le temps…

Précisons que l’extérieur du bâtiment est tout aussi fou et grandiose que l’intérieur, mais différent : on quitte les végétaux, on retrouve les animaux et les figures bibliques. Il existe des ouvrages et des fascicules détaillant l’intégralité de ce musée à ciel ouvert, et je pense qu’il faudrait passer des centaines d’heures dans la Sagrada afin d’en connaitre tous les détails.

La Casa Batlo

On continue notre journée « spécial Gaudi » avec la visite de la Casa Batlo : si la Sagrada paraissait complètement irréelle, cette maison est dans la même idée ! Construire entre 1904 et 1906 et commandée par Joseph Batlo, ce bâtiment est un symbole de l’architecture moderniste de la ville.

Le parcours de visite s’organise de pièces en pièces : on découvre la maison de fond en comble, en admirant les plafonds, le mobilier, les fenêtres, la cage d’escalier, jusqu’à arriver sur le toit en forme de salamandre. La visite peut s’effectuer avec un audioguide en réalité augmentée, mais nous n’étions pas équipés numériquement (autrement dit : nos téléphones sont de vieux machins) et préférons, dans tous les cas où cela est possible, déambuler le nez en l’air à notre rythme.

La sensation dans la visite de cette maison est vraiment curieuse : on a parfois l’impression d’être sous l’eau. Là encore, nous avons eu de la chance : beaucoup de touristes, mais le bâtiment, grand, donne l’impression d’être assez seuls et permet de vraiment profiter agréablement du lieu (pas l’impression d’être poussés vers la sortie parce que 80 personnes arrivent derrière !)

La casa Vincens

Nous nous sommes contentés d’admirer cette maison de l’extérieur, pour une seule et bonne raison : l’épuisement physique après avoir passé la journée debout dans des monuments absolument grandioses. Nous avons fait le choix de saisir cette non-visite comme prétexte pour revenir ! Car cette maison est tout de même un des premiers ouvrages importants de Gaudi dans une ville qui n’était pas encore rattachée à Barcelone en 1883, pour la famille Montaner, propriétaire de la maison (et également propriétaire d’une usine de céramique, ce qui explique le revêtement du bâtiment)

La Pedrera

La visite de la Pedrera a été notre « résistance » le jour du départ, alors que l’heure de reprendre l’avion approchait dangereusement. Ce bâtiment accueille aujourd’hui un bar, et il était hors de question de quitter Barcelone sans en avoir vu l’intérieur. Pas le choix, il a fallu consommer (un vermouth barcelonais) pour admirer les colonnades et le plafond ressemblant à une plage renversée. Très joli, même si très curieux, comme la plupart des bâtiments que nous avons pu voir durant notre séjour.

Manger à Barcelone

Le moins qu’on puisse dire, c’est que nous avons été bien nourris et que nous avons vraiment découvert des coins typiques. Les tapas nous ont permis de gouter plein de petites spécialités, parfois très insolites (on a retenté à la maison la recette des saucisses au rhum, une tuerie). L’objectif était de découvrir des vrais plats catalans, et nous n’avons jamais été déçus.

El Nacional, passeig de Gracia : une halle de marché transformée en bistrot style art-nouveau dans laquelle nous avons passé un très beau moment (autant le nez en l’air que dans notre bière brassée locale !)

Restaurant l’Amfora : spécialité, la paella. Mais la vraie hein, pas celle pour touristes (et pourtant, on était tout près de la place de Catalogne). Un régal, et une très bonne quantité pour deux personnes qui n’avaient rien mangé depuis le petit déjeuner. Le tout avec une bonne sangria maison (si déjà, on reste dans le local).

Le restaurant/bar Picasso : à la base, pour notre dernier soir, on pensait encore voir la Sagrada de nuit et puis éventuellement grignoter quelque chose de léger… Voila le résultat (et les fameuses saucisses flambées au rhum évoquées plus haut). Un petit restaurant de quartier qui nous a bien plu et dans lequel nous avons été bien servis (à 22h30 qui plus est, le vrai craquage).

PS: les avis Tripadvisor ne sont pas en sa faveur mais franchement, être servis (et correctement) à cette heure-là (tardive pour Barcelone, on n’aurait pas pensé), et manger avec une vue nocturne sur la basilique, pour même pas 25 euros pour deux, ne soyons pas trop difficiles en vacances !

Nous avons encore eu l’occasion de tester d’autres lieux, dont nous avons malheureusement perdu les références : on vous met tout de même les photos, histoire de vous donner faim !

Conclusion : quatre jours pour visiter Barcelone, ce n’est pas suffisant ! Nous n’avons pas vu toutes les maisons de Gaudi, n’avons pas admiré la fameuse salamandre du Parc Güell, n’avons même pas approché le parc Tibidabo, sans parler des monastères situés en périphérie de la ville sur les flancs des montagnes. Que de prétextes pour revenir visiter cette cité qui nous a énormément surprise (comme dit en introduction, nous avions quelques partis-pris « culturels » à son encontre). Nous sommes bien contents d’avouer nous être trompés !


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