Rimini, cité millénaire

Rimini bénéficie d’une réputation peu envieuse : qualifiée assez facilement « d’Alsace-plage », et connue par la majorité des personnes pour ses plages aux parasols alignés au cordeau sur des dizaines de kilomètres, cette ville n’en reste cependant pas moins millénaire et dispose d’un patrimoine culturel absolument incroyable.

Un peu d’histoire

Fondée par les Romains en 268 avant J.-C comme colonie latine, Ariminum est, à l’origine, un point d’abordage à l’embouchure du fleuve Marecchia, qui garantissait la liaison entre Verucchio et l’Adriatique pour le transport des marchandises destinées à Verucchio.

Alors que les colonies dirigées par les romains devaient se soumettre aux décisions du Sénat romain, les colonies latines comme Rimini avaient leurs propres magistrats et une certaine liberté, leur seule obligation était de fournir des hommes à l’armée. Rimini va donc être fidèle à l’Empire romain, jusqu’à sa chute.

Par la suite, elle change souvent de maîtres : ostrogoths, lombards, francs, papauté… Les Malatesta prennent la ville au XIIIe siècle, sont chassés par les Borgia, Rimini repasse sous domination pontificale.

Aujourd’hui, Rimini vit principalement du tourisme, notamment balnéaire.

Les sites remarquables

La ville, à taille humaine et piétonnisée dans son centre historique, permet une déambulation très agréable. Généralement, nous arrivons en bus depuis notre lieu de vacances, et le terminus se tient devant la gare centrale de Rimini : tous les éléments présentés ci-contre se visitent donc depuis ce lieu, et nous leur disons annuellement « bonjour » selon ce circuit !

Le temple Malatesta

1ère étape de la promenade, un « temple » tout à fait original puisqu’il s’agit d’un édifice franciscain du XIIIe siècle devenu cathédrale en 1809, sous la volonté de Napoléon 1er. Ce lieu de culte accueille très rapidement les tombeaux de la famille Malatesta, seigneurs de Rimini. En 1448, Sigismondo Malatesta souhaite complètement transformer le bâtiment : ce dernier reste inachevé après l’excommunication (1461), la défaite (1463) et la mort même de Sigismondo (1468). Malgré cela, c’est l’un des monuments les plus célèbres et les plus importants du début de la Renaissance.

Petite précision : pour les femmes, en été, pensez à vous munir d’un foulard qui vous permettra de vous couvrir les épaules apparentes, le gardien y veille… Pour l’anecdote, il avait déployé la carte touristique de ma maman et l’avait déployée sur ses épaules pour les cacher !

La place des trois martyrs

Elle se dresse sur l’ancien forum romain, lieu où Jules César aurait harangué ses troupes après avoir franchi le Rubicon. Nommée « Piazza delle erbe » pendant des siècles, dénomination que nous retrouvons dans pratiquement toutes les villes d’Italie du nord au cours de nos voyages, elle a changé de nom après la Seconde Guerre mondiale, en mémoire de trois jeunes partisans qui y furent exécutés (Mario Cappelli, Luigi Nicolò, Adelio Pagliarani).

La place accueille la Tour de l’horloge et le petit temple hexagonal de saint Antoine, ainsi qu’un grand nombre de boutiques. On peut également y « saluer » Jules César !

A noter : l’histoire romaine est très présente à Rimini, et il a été fait le choix de présenter au public les vestiges retrouvés au fil des travaux de voirie. Aussi, dans la rue, entre le temple et la place, vous pourrez admirer des éléments antiques…

La place Cavour

C’était le centre de la vie urbaine au Moyen-Age. On peut y admirer le théâtre de Rimini, une fontaine monumentale, mais également le marché aux poissons médiéval, devenu un marché aux fleurs actuellement, et la statue d’un Pape. La place est également bordée de trois palais : le Garampi, qui est le siège de la mairie, est construit en 1562, puis reconstruit après un tremblement de terre en 1687, celui du Podestat date de 1330, et celui de l’Arengo, date de 1204.

Le pont de Tibère

Construit de 14 à 21 ap. J.-C, il marque le début de la via Emilia romaine. Des festivités se sont tenues à Rimini en 2014, en l’honneur du début de sa construction et, malgré le passage quotidien des voitures se rendant vers le centre ville, ce pont est encore en parfait état ! Il surplombe d’ailleurs un plan d’eau et un joli parc dans lequel ont parfois lieu des concerts et manifestations en tout genre, où il fait bon se reposer un peu avant de repartir à l’aventure dans le centre-historique…


L’arc d’Auguste

Érigé en 27 av J.-C en l’honneur d’Auguste sur ordre d’un décret du Sénat romain. C’est une des portes de la ville, fonction qu’elle a tenu jusqu’en 1936.

L’arc d’Auguste et le pont Tibère sont, pour moi, les deux sites à voir absolument à Rimini, dans la mesure où ils se tiennent aux opposés de la grande rue séparant en deux le centre historique. Les rejoindre signifie donc avoir (en théorie) essoré le centre-ville !

Le centre d’interprétation culturel

Inauguré il y a quelques années, de mémoire dans le cadre des festivités liées aux 2000 ans du Pont de Tibère, ce centre d’interprétation, dont l’accès est totalement libre, se tient dans une église désaffectée, dans la grand rue reliant l’Arc d’Auguste au Pont Tibère.

L’endroit est totalement interactif, afin de faire découvrir au plus grand nombre le patrimoine riche de Rimini. Notre endroit préféré ? L’écran tactile géant permettant de visualiser la cité à l’époque romaine, de cliquer sur des bâtiments/monuments, et d’en découvrir une notice détaillée en trois langues, des dessins/photos de différentes périodes.. Un très bel outil, pour les petits comme les grands (et accessible malgré le Covid, car le nettoyage des mains est obligatoire en Italie à l’entrée de chaque bâtiment…)

La maison du chirurgien

En juillet 1989 ont lieu des travaux de requalification urbaine de la piazza Ferrari, lesquels mettent au jour un grand complexe archéologique datant de l’époque romaine.

Le complexe découvert est nommé « maison du chirurgien » en raison des nombreux outils chirurgicaux découverts, bien que des maisons successives aient été érigées par dessus, et que des tombes aient été également creusées au milieu des mosaïques bien plus tardivement, à une époque où les vestiges archéologiques n’intéressaient encore personne…

Visiter ce site archéologique est vraiment impressionnant. Déjà, il se situe dans une structure vitrée très moderne, qui empêche toute chaleur de pénétrer dans le site tout en permettant de l’admirer de l’extérieur. Ensuite, un circuit par plateformes permet de marcher au dessus du site, et d’admirer les magnifiques mosaïques qui n’ont rien à envier aux plus beaux sites archéologiques. Enfin, pour finir, le billet d’entrée n’est pas prohibitif: 4 euros de mémoire, pour pouvoir déambuler aussi longtemps que l’on le souhaite dans le bâtiment (sachant que le billet permet également d’entrer au Musée civique, où l’on peut notamment admirer les fameux outils du chirurgien découverts ici)

La porte Montanara

Reconstrituée à quelques mètres de son emplacement d’origine, la porte a été érigée à la fin du Ie siècle ap. J.-C.

Le château Sismondo

Le château de Rimini est érigé à l’initiative de  Sigismondo à partir de 1437 et achevé en 1446. Son noyau intérieur était composé de cinq tours qui entouraient un grand donjon, et un vaste fossé l’entourait. A la chute des Malatesta, à la fin du XVe siècle, le château Sismondo est affecté à des buts militaires ; au fil du temps, ses structures vont être adaptées à des nécessités de défense.

Aujourd’hui, le château accueille des évènements culturels : pour ma part, je n’ai jamais pu y pénétrer, mais je ne désespère pas et retente ma chance chaque année !

L’amphithéâtre romain

Il constitue le troisième des grands monuments romains de Rimini, et le seul théâtre restant en Emilie-Romagne. Probablement érigé au IIe siècle apr. J.-C.,  il ne reste aujourd’hui que quelques vestiges de ce qui était l’un des plus grands amphithéâtres de l’Emilie romaine : 120 m de longueur x 91 m de largeur, pour une arène de 76.40 x 47.40 m (par comparaison, le Colisée de Rome mesurait 187,77 x 165,64 m et l’arène 77 x 46,50 m !). Cet amphithéâtre pouvait accueillir 12 000 personnes.

Au IIIe siècle, il est inclus à l’intérieur des nouveaux murs de la ville ; démantelé lors des invasions barbares, les dommages les plus graves ont été causés par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale.  Il ne reste aujourd’hui que quelques parties de cet édifice (les murs de l’arène, l’une des entrées principales et quelques accès aux gradins), qui est toutefois le seul théâtre restant en Emilie-Romagne.

Point intéressant : l’amphithéâtre se voit très bien vu du ciel sur une carte de la ville. En effet, un lotissement a été construit sur les vestiges, et la forme ovoïdale se retrouve dans la cartographie actuelle du lieu…

Le Borgo San Giuliano

Caché non loin du pont Tibère, découvert au court de nos déambulations par le plus grand des hasards, ce quartier se caractérise par ses murs peints d’inspiration diverse. Un vrai plaisir pour les yeux, et un vrai moment de détente hors du temps : nous sommes finalement dans une simple rue parallèle à la grande rue commerçante et touristique…

Comment se rendre à Rimini ?

Rimini dispose d’une grande gare ferroviaire, desservant les grandes villes italiennes, mais également les petites cités balnéaires environnantes. Ces derniers trajets se réalisent pour des sommes très modiques, environ 4 euros l’aller selon la commune de départ.

De même, devant la gare se tient la gare routière : les bus de ville relient Rimini à toutes les stations balnéaires et villages alentours.

Enfin, il est possible de venir à Rimini en voiture, mais en ayant déjà fait l’expérience, et préférant, lorsque nous visitons, observer les bâtiments plutôt que notre montre pour ne pas rater le parcmètre, nous ne vous recommandons pas cette option !

Boire et manger à Rimini

Nous avons pris nos habitudes dans un petit bistrot au design complètement fou, situé juste de l’autre côté des arcades de la place Cavour, la Brezza. Banquettes récupérées dans des wagons de train, tableaux sur tous les murs, toilettes de plus en plus peintes au fil des années, le tout tenu par deux personnes âgées et visiblement leurs enfants. Toujours bien servis, Célestin approuve !


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