Week-end prolongé à Louvain et Bruges

Le début de l’année 2021, s’il était encore très sensible d’un point de vue sanitaire, nous a tout de même permis de sortir de France le temps d’un week-end : nous avons donc jeté notre dévolu sur un pays limitrophe, la Belgique, et les charmantes cités de Louvain et Bruges.

Jour 1 : Installation à Louvain

Partis tôt le matin, comme à notre habitude, afin de bien pouvoir profiter de la journée, nous découvrons Louvain sur les coups de midi. Le premier bâtiment que nous apercevons en émergeant du parking souterrain nous bluffe immédiatement : il s’agit de la bibliothèque universitaire, bâtiment remarquable datant de la période de reconstruction d’après-guerre (on n’aurait jamais imaginé !), le précédent ayant été incendié en 1914… Monumental (mais fermé, on commence par nos bonnes habitudes !), il domine l’espace découvert… et nous fait un peu regretter nos études : personnellement, la BU que j’ai fréquentée était du pur style années 80, mais passons !

Nous arpentons dès lors les rues du centre historique de Louvain, admirant ainsi les superbes bâtiments de cette ville : direction tout d’abord Grote Markt, place centrale sur laquelle se tient l’Hôtel de ville du XVe siècle, véritable dentelle sur quatre niveaux recouverts de pas moins de 235 statues représentant les personnes illustres de Belgique ainsi que quelques personnages bibliques. La pierre blanche domine sur un ciel vraiment lumineux, on a une chance folle au niveau de la météo !

De l’autre côté de la place, on découvre la collégiale Saint Pierre (fermée à la visite, on passera là-dessus également…) datant du XVe siècle : édifice impressionnant que l’on retrouve sous différents angles au fil de notre déambulation dans le centre-ville, sans toujours réaliser immédiatement qu’il s’agit du même bâtiment du fait de ses aménagements successifs.

En bons esthètes, nous tentons également de trouver de quoi nous restaurer à Oude Markt, LA place dédiée à la nourriture et à la boisson (on voit qu’on est dans une ville étudiante !). A noter que les restaurants et bars avaient déjà pu rouvrir en mai contrairement à leurs homologues français. Nous avons toutefois jeté notre dévolu sur une brasserie un peu excentrée (moins envahie, pour le dire clairement) située Naamsestraat, au rez-de-chaussée de l’hôtel Professor, afin de déguster de bonnes bières belges (encourageons le commerce local).

L’après-midi est consacré à la déambulation : nous nous promenons quelques temps au Grand béguinage de Louvain, dont l’origine remonte au XIIIe siècle. La promenade est paisible au travers de petites ruelles et de passage de canaux, à l’ombre des jolies maisons caractéristiques de ce type de complexe. Et contexte sanitaire oblige, nous sommes, une fois de plus, seuls au monde pour profiter de cet endroit…

Puis direction notre hébergement, sélectionné une fois de plus sur des critères d’originalité, de localisation et de petit déjeuner paraissant très intéressant : le Martin’s Klooster. Côté histoire : son cloître de 1531 accueillait les appartements du secrétaire de Charles Quint ; aujourd’hui, l’hôtel offre un charmant mélange entre passé… et futur, puisque la brique et les colombages côtoient le verre et le métal… Une très belle découverte, tant au niveau de la chambre située dans la partie ancienne des bâtiments, sous comble, avec vue sur les toits, que de l’hôtel en lui-même. Mention spéciale pour les petits rouges-gorges bien curieux et téméraires qui adorent, visiblement, les œufs brouillés et le bacon !

Jour 2 : Jardin botanique de Louvain & découverte de Bruges

Le deuxième jour de nos périples débute par un copieux petit déjeuner – pour changer -, ce qui nous permet de prendre des forces afin d’affronter le magnifique Jardin botanique de la Ville, le Kruidtuin. Un plaisir pour les yeux, on y a passé des heures ! Datant de 1738 pour l’usage des étudiants en médecine, ce jardin accueille aujourd’hui de nombreuses espèces locales mais également exotiques, réparties sur 450 m² de serres. Sacrée surprise de tomber sur un palmier en Belgique, qui plus est sous un ciel bleu magnifique !

Il est cependant temps de quitter cette jolie ville afin de rejoindre la suite de notre séjour : Bruges. Mais avant cela, nous avons dû résoudre un problème épineux : un problème de consigne… Au sens propre du terme ! En effet, nous sommes grands consommateurs de bières, particulièrement de bières locales, lesquelles sont généralement conditionnées dans des bouteilles consignées. Or, en France, pas ou peu de consigne ! Nous sommes donc toujours « obligés » de rapporter notre stock de contenants vides à chacun de nos voyages en Belgique, afin de les échanger contre des contenants à nouveau remplis… Direction donc, sur le conseil de l’agent d’accueil de la brasserie Stella Artois (fermée aux visiteurs à cause de la Covid…), un supermarché de la bière de la banlieue de Louvain, le Prik & Tik, afin de nous réapprovisionner en denrées.

Verre vide, je te plains…

L’avantage de la Belgique, c’est que c’est un pays à la taille abordable qui dispose de très bonnes autoroutes : en l’espace d’une heure et demi, nous nous installons dans notre nouvel hôtel, un peu excentré cette fois-ci du centre historique pour des raisons pratiques. Il est parfois plus facile de marcher un kilomètre que d’essayer de trouver une place de parking ! Nous découvrons donc notre chambre à l’hôtel Olympia, et avant tout la décoration intérieure de l’hôtel, très travaillée et qui donnait envie de s’assoir pour admirer le feu dans la fausse cheminée…

Mais pas le temps de se reposer, nous sommes là pour visiter ! Et direction, à pied, le centre-ville de Bruges pour un premier contact. On admire la grande place et son beffroi, on déambule dans les petites rues du centre, on découvre les remparts et l’art moderne qui les orne… Les bâtiments, tout de briques, sont parfois très hauts, parfois tous petits, sont imbriqués les uns dans les autres, laissent ensuite apparaitre une placette, puis une très grande place, puis une fontaine… L’architecture est variée, presque labyrinthique, on se laisse prendre au jeu de découvrir la rue suivante (avec une carte de la ville gentiment offerte par l’hôtel, sinon on serait peut-être encore en train d’errer…!)

Puis arrive déjà le soir et sa froidure : contrairement à Louvain, il fait beaucoup plus humide du fait de la présence de l’eau partout dans la cité, et le ciel est couvert, voire pluvieux. On pourrait penser qu’il était urgent de se réchauffer, mais l’appel de la bière belge a été plus fort : une planchette de dégustation fera tout autant l’affaire et le bar le Monk a répondu à la demande.

Jour 3 : à la découverte de Bruges

Le troisième jour débute dans une ambiance un peu tristoune : la pandémie nous rattrape et pour la première fois, on se retrouve à manger un petit déjeuner sur plateau, dans la chambre, interdiction de rejoindre les espaces communs… Mais bon, on mange bien quand même et surtout on prend des forces pour aller découvrir l’intégralité de la ville à pied !

Début de la journée via le quartier Wevershof et la Porte Zonnekemeers : on y découvre des maisons blanches immaculées, qui pourraient faire penser à celles d’un béguinage. Tout est piétonnier, avec des petites places intérieures toutes paisibles. On est, à nouveau, seuls au monde pour découvrir ce quartier qui parait tout de même être un incontournable des circuits touristiques.

On remonte ensuite vers le site d’Oud Sin Jan, ou hôpital Saint Jean. Datant, pour sa partie la plus ancienne, du Moyen Age, il a été agrandi au XIXe siècle. Aujourd’hui, le site est transformé en centre de congrès et en musée consacré au peintre flamand Memling, mais il est toujours possible d’y déambuler librement et d’accéder aux différents espaces. Au vu de la brièveté de notre séjour, nous avons, encore et toujours, privilégié les visites extérieures, mais nous avons appris après coup qu’il était possible d’admirer la charpente du bâtiment, ce qui sera certainement au programme lors de notre prochaine venue !

Direction ensuite la cathédrale Saint Sauveur datant du Xe siècle, ce qui en fait la plus ancienne église de Bruges. On y a passé un certain temps pour y admirer son architecture, ses magnifiques vitraux et son Trésor… La muséographie met également en avant les vestiges de l’église primitive, qui apparaissent sous nos pieds via des parties de sol vitrées. On peut ainsi y admirer des sarcophages datant du haut Moyen Age, entièrement peints. Un joli contraste par rapport à l’édifice de brique au dessus de notre tête.

Ensuite, forcément, vu que nous sommes touristes, nous sommes obligés de rejoindre le beffroi et la place du Marché. Le temps tourne toutefois au déluge, et il n’est pas question de monter en haut du bâtiment par un climat pareil : nous choisissons donc de continuer à arpenter le quartier en passant par la cour intérieure (transformée en camp de réfugiés en ponchos et parapluies) pour rejoindre la place du bourg qui accueille l’hôtel de ville ainsi que la basilique du Saint-Sang.

Concernant cette dernière, nous avons été stupéfiés. Nous avons déjà eu un coup de chance monstrueux, le gardien du lieu ouvrant les portes pratiquement devant nous pour proposer le site à la visite. On est alors transporté dans un autre monde, très primitif : nous sommes dans une chapelle romane du XIIe siècle, on y admire un bas relief du Christ datant du XIIIe siècle, une Vierge en bois polychrome… Totalement différent de ce à quoi on pourrait s’attendre au vue de la façade gothique ! La chapelle du Saint-Sang à proprement parler se trouver à l’étage, mais nous ne l’avons pas visitée : si nous avons eu de la chance pour la partie basse, la visite de la partie haute était sur réservation.

Ce détour nous permet également de découvrir une petite boutique située juste au pied de la basilique, dans une minuscule galerie commerçante : la Matubu Coffee. Le patron, parfaitement francophone, nous a présenté toutes les caractéristiques d’un café issu d’un commerce équitable et soucieux de la préservation de l’environnement dans toutes les phases de sa fabrication. Nous sommes ressortis de là avec des cadeaux d’avance pour les amateurs ainsi que quelques terrines à la bière locales, également en vente à la boutique.

Après cette petite pause gastronomique, nous sommes mis en appétit… et surtout commençons à mourir de froid ! Le climat change vite et cette fois, ce n’est pas pour une bière que nous craquons, mais pour un Irish Coffee et une bonne grosse gaufre chaude, Célestin ne sentait plus ses oreilles !

Après ce moment de réconfort parfaitement synchronisé avec la tombée d’une averse, nous nous dirigeons vers un endroit bien célèbre de la ville : le béguinage, inscrit au Patrimoine mondial de l’Humanité. Bien plus grand que celui de Louvain que nous avions pu visiter le premier jour, il a été crée en 1245 et a été habité jusqu’en 1930, date de la mort de la dernière béguine. Aujourd’hui, il accueille une communauté de bénédictines. Protégé derrière des douves et un rempart, il offre un espace de promenade hors du temps : les petites maisons, toutes identiques, donnent sur un grand parc où le touriste déambule tout à fait librement. On y passe donc du temps à admirer les lieux mais également le paysage alentours : végétation insolite dans un centre bourg, lac Amour à la sortie où une multitude de chevaux tirant des calèches attendent le chaland, canards en liberté sur les prés, passage de bateaux mouches sur le canal…Un joli moment de calme.

Puis retour vers le centre urbain pour quelques photos dignes du touriste de base que l’on retrouve 1000 fois sur les réseaux sociaux, à savoir celle du restaurant au saule pleureur sur le canal !

Après tout, on reste des touristes…

Puis direction un endroit, à l’inverse, très peu touristique mais repéré de longue date à la maison : j’ai nommé la brasserie Halve Maan et son restaurant ! Au menu : bières de la brasserie ainsi que plats typiques belges comme la carbonade (et je suis une fan inconditionnelle de croquettes de crevettes depuis que j’en ai goûtées, je n’ai pas pu résister en entrée). Caractéristique de cette brasserie : elle a fait construire en 2016 un « bieroduc » de 3.2 km, véritable pipeline qui opère la connexion entre la brasserie en centre-ville à l’usine d’embouteillage ! J’habiterais dans le coin, ça fait longtemps que j’aurais crée un canal de dérivation…

Jour 4 : toutes les bonnes choses ont une fin

Toutes les bonnes choses ont une fin, et nous sommes déjà très heureux d’avoir pu nous rendre à l’étranger ! Mais nous faisons tout de même de la résistance et passons encore le matin à Bruges afin d’aller admirer les moulins à vent… sous un vent glacial, visiblement, on ne veut plus de nous ici ! La promenade est tout de même bien jolie, le passage par les ponts suspendus impressionnant, et les petites rues excentrées pleines de charme.

De ruelles en ruelles, nous retournons au centre-ville et découvrons une boutique absolument folle : la 2BE, mélange de bar et de musée/magasin dédié, suivant les salles, aux bières belges et de Bruges, puis aux Schtroumpfs, à Tintin…Le tout dans une maison historique du XVIe siècle sur plusieurs étages et entresols. On est naturellement ressortis quelque peu chargés… Et grâce à ce petit retard sur notre horaire de retour, nous avons encore pu écouter le magnifique carillon du beffroi, ce qui est un véritable plaisir à chaque fois que nous découvrons une nouvelle ville de Belgique.

Et tant qu’on était lancés avec la nourriture : il est IMPOSSIBLE de quitter la Belgique sans cuberdons ! Direction la Belgique Gourmande qui a pu répondre à ma gourmandise.

Difficile de résister à la tentation

Bilan de ce séjour : nous avons pu visiter énormément de choses, bien plus que ce que nous aurions espéré pouvoir vivre dans un contexte où même le passage de la frontière aurait pu être compromis le jour-même de notre départ ! Nous avons profité au maximum, dégusté de bons plats, découvert de bonnes bières, et fait de jolies courses afin de tenir la distance d’ici les prochaines vacances…


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