Capodanno a Igea Marina

Cette année, j’ai vécu un véritable rêve d’enfant : voir mon lieu de vacances favori hors saison ! Adieu les parasols alignés, oust les températures indécentes, arrière, les apérols spritz (euh non en fait, ça, on peut aussi en hiver). Bref, place à la (re)découverte d’un lieu que l’on connait déjà par cœur, mais en version hivernale.

A noter que ce projet trottait déjà dans nos têtes à tous depuis 2020 : l’hôtelier avait envie de tenter l’expérience de l’ouverture à Noël/Nouvel an, nous avions envie de tenter l’aventure… et la Covid est arrivée, ruinant tous nos plans de sortie de territoire. Qu’à cela ne tienne, nous avons attendu un an, fait nos tests dans le nez et avons pu rejoindre Igea Marina pour un week-end prolongé de 5 jours.

Jour 1 – arrivée au paradis, Santarcangelo, Toriana et Montebello

Première surprise : la durée du trajet. Partis vers 21h30 afin de nous assurer un trajet paisible de nuit à travers la Suisse (pays des travaux autoroutiers et des embouteillages, toi-même tu connais), nous avons eu le plaisir d’arriver à 4h du matin à la quasi-destination. Quasi, car nous avons choisi, comme à notre habitude, de faire un petit somme sur le parking de notre Pavesi habituel histoire de nous reposer et surtout de ne pas arriver à 5h du matin à l’hôtel, ce qui n’aurait pas été très utile, surtout vu la saison (en été, passe encore, mais là l’hôtel n’ouvrait que dans la journée pour accueillir les premiers clients pour la courte période).

Bref, on a résisté, on a tenu, mais l’appel de la mer a été plus fort. A 6h30 du matin, nous voici en approche de l’hôtel. On roule à travers la Lungomare, dans la nuit noire. Les hôtels sont fermés, beaucoup ont des échafaudages pour la réfection de façade, les cafés sont fermés, tout est éteint… Surréaliste comparé à l’été, où la ville s’anime dès l’aube. Idem, arrivée sur le parking de l’hôtel également désert, protégé par des plaques de plastique pour empêcher le sable d’entrer. Mais quel plaisir de revoir la mer et la plage à une période tellement insolite ! A savoir : le sable est rabattu en immenses buttes qui protègent la route de la montée des marées, impressionnantes en hiver. Et en même temps, je suppose que ces monticules empêchent également le sable de voler à tout va pendant plusieurs mois. Bref, on peut les escalader pour passer sur la partie plane de la plage et là, découvrir le lever de soleil sur la mer. On le voit tous les jours sur instagram, là, c’est en vrai…

Fidèles à nous-mêmes, nous entreprenons de rejoindre le port par la plage, comme à notre habitude en été. Le paysage est complètement fou, c’est la première fois que nous voyons les lieux sans les rangées de parasols mais surtout avec une mer aussi haute en niveau, les rochers qui servent de digue ne sont jamais aussi immergés en été et le sable semble même creusé de mini-ravines au bord de l’eau. Visiblement, il y a eu de la houle quelques jours avant…

Nous rejoignons donc le port et y faisons une petite promenade afin de profiter du petit matin. Les bateaux de pêche rejoignent les quais, suivis de leurs nuées de mouettes affamées ; une crèche représente des pêcheurs œuvrant à leurs différentes activités autour de la Sainte Famille ; le Super Tayfun est en tenue d’hiver (mais sa coque jaune est reconnaissable entre mille !). Nous rejoignons l’hôtel par la rue commerçante, avec le plaisir de reconnaitre les lieux de manière différente : on peut ainsi admirer les arbres (et découvrir des glycines de plusieurs niveaux d’étages !), regarder les jardins des particuliers, autant de choses que l’on ne fait jamais en plein été du fait de la foule et de la végétation qui cache beaucoup de choses.

Une fois de retour à la voiture, nous décidons de nous diriger vers le centre-ville de Bellaria afin de voir si le marché hebdomadaire se tient également le mercredi hors saison touristique. C’est le cas, et nous prenons plaisir à voir les vrais stands, destinés aux vrais locaux (donc avec des VRAIS produits, et pas seulement des lunettes de soleil/maillots de bain/coques de téléphone). Nous découvrons même un petit magasin bio local qui vend des tisanes, des farines, des cosmétiques, du pain frais… que nous n’avions même jamais remarqué, sûrement du fait de la foule.

Puis nous décidons d’aller visiter la région proche et rejoignons Santarcangelo, charmante petite ville située à 10 km dans les terres. La découverte de cette cité a déjà fait l’objet d’un article sur le blog (Vacances sur la côte adriatique – à la découverte de Bellaria-Igea Marina et environs), aussi je ne décrirai pas chaque lieu, mais en bref : petit tour à travers les ruelles jusqu’à monter à la Tour civique, passage dans la cour du monastère pour admirer la ville médiévale d’en face, déambulation au centre-bourg et petit arrêt nécessaire au Cafè Roma, notre repère habituel, avec vue sur la place Ganganelli. Particularité : la brume est partout rasante, et il fait humide jusqu’à ce que le soleil daigne enfin se montrer. Par contre, là, on aura désormais un magnifique ciel bleu ! Le petit plus : les décorations de Noël sont encore présentes, et ici elles sont très modernes, ça change du sapin qui aurait ici été un peu hors de propos.

Après cette étape et la petite (grande) collation offerte avec la bière (toasts au saumon, pas très italien du coup, mais c’était Noël il y a une semaine, il doit y avoir des restes à écouler !), nous prenons la route vers une zone de l’arrière-pays que nous avions tenté de visiter en 2018, mais où nous avions un peu renoncé, étant littéralement terrassés par la chaleur. En cette saison, plus d’excuses !

Nous allons donc voir Torriana et son Rocca de Montebello, dont les deux tours médiévales sont encore bien visibles. Nous prenons un grand plaisir à pouvoir arpenter les vestiges de ce château et à observer le magnifique panorama vers la plaine. Puis, chose que nous n’avons jamais faite, nous montons au pied de la tour carrée qui se trouve juste en face de la fortification. Complètement éventrée, elle nous tendait les bras pour une exploration plus poussée… les grilles disposées tout autour nous en ont dissuadés, de même que les nombreuses pierres visiblement tombées de l’édifice ! Là, la vue vers la plaine est toutefois devenue surréaliste : une brume s’est levée, recouvrant tout sur son passage à une vitesse incroyable. La retraite vers l’hôtel a sonné !

La fin d’après-midi approche déjà et la fatigue commence à se faire sentir : retour à l’hôtel, maintenant ouvert, et retrouvailles chaleureuses avec les hôteliers. Nous sommes accueillis comme des rois, avec deux bons cocktails maison (et c’est là qu’intervient le spritz…). Le luxe : nous avons également notre chambre habituelle, version hiver cette fois avec chauffage et couverture en laine !

La nuit tombe vite, et le repas est servi à 19h45 : qu’à cela ne tienne, nous repartons à l’aventure ! Direction la crèche de sable d’Igea, découverte sur instagram (merveilleux palliatif à l’attente de l’été) que nous admirons enfin en vrai : magnifique ! Puis direction Bellaria cette fois, avec le petit train – le trennino – pour voir la crèche de glace et les illuminations du centre-ville. Magnifique également, et également amusant : une boule à neige géante trône sur la place centrale, donnant l’effet d’être dans un aquarium avec statues de Poséidon prenant un selfie et poisson-chat directement sorti d’Alice au pays des merveilles.

Jour 2 : Castelleale, San Clemente & Rimini

La journée débute comme n’importe quelle journée à Igea Marina : par un petit déjeuner gargantuesque. Quel plaisir de retrouver les gâteaux traditionnels, les fruits, le jambon, le jus de fruit à l’orange sanguine, et le bon café de Riccardo ! On prend des forces, le temps est brumeux et nous avons décidé de bouger !

Le matin, direction les petits villages perchés sur des collines dans l’arrière pays de Rimini. On découvre ici Castelleale, tout petit village qui accueille de manière totalement entremêlée aux maisons actuelles des vestiges d’un château de 1388 érigé par Leale… Malatesta (on les retrouve !). A moins que les maisons elles-mêmes soient des vestiges du château, qui sait ! Le passé se mêle au présent, le tout dans une ambiance un peu surréaliste due aux nuages rasants. Nous sommes totalement seuls au monde.

Petite étape ensuite à San Clemente, bourg fortifié dans lequel nous avons pris grand plaisir à déambuler. Circulaire, avec une jolie place centrale, ses murailles sont encore nettement visibles puisqu’elles sont transformées en habitations. Là encore, nous sommes seuls… mais avons imaginé le même lieu, en plein été : ça doit être très différent !

Retour à l’hôtel pour le repas de midi car, contrairement à nos excursions habituelles, ici nous tenons à participer au déjeuner. De 1 : parce que c’est tellement bon. De 2 : parce qu’on est comme à la maison et qu’à la maison, on mange à table le midi ! Et nous ne sommes pas déçus.

Forts de quelques kilos supplémentaires, nous prenons la route pour Rimini afin de découvrir cette ville version « hiver » (pour la version « été », l’article est ici) Et autant d’habitude nous prenons les transports en commun depuis Igea, autant en hiver ce n’est plus faisable : direction donc l’autoroute pour 10 km de trajet, vite réalisé.

Rimini est encore dans ses habits de fête : illuminations de Noël, cabanons d’artisans, chocolat chaud et « vin brûlé » (en français dans le texte), nous prenons grand plaisir à déambuler dans cette ville que nous connaissons par cœur mais que nous découvrons, là également, sous un nouveau jour. Nous ne rompons toutefois pas avec la tradition : bonjour à la statue de César, passage au marché au poisson, photo de l’Arc d’Auguste et passage sur le pont Tibère… Nous expérimentons également une petite balade dans le quartier de San Giuliano, dont les façades des maisons sont ornées de jolies fresques évoquant des scènes de vie locale, ou encore des artistes, des paysages… Avec la nuit tombée, l’ambiance est totalement différente qu’en plein jour et en été.

Nous ne rompons pas non plus avec la tradition de boire une petite bière de 50 cl à notre bar habituel, le Brezza, situé à l’arrière de la place Cavour. Et de là, nous rejoignons l’arrière du théâtre municipal, méconnaissable, et pouvons admirer le château Sismondo sur la place … Malatesta (quand on vous dit qu’ils sont partout !). Ce château est d’ailleurs visitable et accueille désormais le musée Fellini dédié à ce célèbre réalisateur de films originaire de Rimini. A visiter un jour en été, quand il fera bien chaud dehors, car, comme à notre habitude, nous sommes arrivés trop tard par rapport aux horaires d’ouverture !

Jour 3 : à la redécouverte d’Igea & Italia in Miniatura

En ce début de troisième jour, le climat est totalement différent : la brume opaque et froide a laissé la place à un ciel bleu magnifique assorti d’un grand soleil ! L’occasion de tout simplement se promener dans la station balnéaire et au bord de la mer. Le paysage, nous l’avons déjà dit (et nous le redirons) est surréaliste pour qui n’a jamais vu le lieu autrement qu’avec des milliers de parasols et des milliers de gens en maillot de bain ! Ici, nous croisons des touristes (plus que nous ne l’aurions imaginé) mais surtout des promeneurs avec des chiens, des enfants, des poussettes, des joggeurs, des cyclistes. Nous voyons même des traces de fer à cheval dans le sable.

Nous escaladons donc avec plaisir la dune de protection (qui, au vu des traces de pas, n’auront même pas besoin d’être arasées au printemps à ce rythme là !) et rejoignons la plage et la mer Adriatique. On peut du coup observer les goélands, toujours aussi bruyants et affamés, l’embarcadère du Super Tayfun qu’on ne pourrait pas atteindre à pied (et c’est là qu’on réalise que l’eau est beaucoup plus haute qu’en été), ramasser des coquillages (non, on n’en a toujours pas assez)…

Nos pas nous emmènent tout doucement vers le centre-bourg et nous décidons donc d’aller saluer nos amis les dinosaures du Parco del Gelso et de déambuler au bord de l’étang. Puis retour à l’hôtel par les rues commerçantes désertées, toujours sous un grand soleil, et atterrissage sur la terrasse de l’hôtel pour une petite bière allemande au soleil (il n’y a qu’ici qu’on boit de la Ayinger !)

L’après-midi, nous décidons de retomber en enfance et de visiter un lieu que j’ai vu pour la dernière fois en 1999 : Italia in Miniatura. Dans ce parc, vous visitez toute l’Italie à travers ses régions et ses villes au fil des monuments illustres, le tout en ayant l’impression d’être un géant au milieu des lilliputiens. Quel plaisir de voir Rimini en miniature, mais également San Leo, Gradara, San Marino… ainsi que d’autres cités que nous avons déjà visitées au gré de nos voyages : Turin, Milan, Sirmione, Venise… L’après-midi complet nous a à peine suffit à terminer le parcours « Italie », alors qu’il y avait encore toute une aile « Europe » ! Nous nous sommes, comme l’accoutumée, gentiment fait appeler au micro pour évacuer les lieux…

Nous aurions pu invoquer le brouillard épais pour ne pas trouver la sortie mais cette expulsion tombait finalement à point nommé car nous étions le soir du réveillon et que l’hôtel, sous l’égide de son jeune patron Gabriele, organisait une dégustation de vin brûlé et de marrons chauds sur la plage, autour de braseros. Une jolie ambiance bienvenue en cette période de pandémie : avec un peu de distanciation, tout le monde a pu manger son cornet les pieds dans le sable.

La soirée ne faisait toutefois que commencer… et préludait d’un très beau moment. Nous découvrons avec ravissement le hall de l’hôtel totalement décoré de ballons, voyons les musiciens du groupe local « Darma Music » accorder leurs instruments… Puis le rideau se lève, la salle se dévoile et : le repas commence !

Nous avions le choix entre une version « viande » ou « poisson » : bord de mer oblige, nous avons choisi le second ! Saumon, thon, risotto, fritto misto se succèdent au cours d’une soirée arrosée au prosecco (et au gin tonic pour digérer). Le tout aux premières loges pour le concert d’ambiance qui nous a accompagné toute la soirée.

Chapeau bas tout de même à tous les résidents qui, à minuit, ont réussi à respecter une tradition romagnole consistant à manger une assiette de lentilles et de viande fumée. Après un menu 5 plats, il fallait oser… et y arriver !

Jour 4 : Savignano et Cesena

On aurait pu penser que manger toute une soirée et se coucher à 1h du matin allait nous abattre : c’est mal nous connaitre ! Après un frugal petit déjeuner (on se réservait pour le midi…), direction Savignano, une ville que nous n’avons jamais visitée. Le soleil est de la partie et la matinée est propice à la déambulation dans les rues, au fil des ruelles et des placettes. On retrouve César en statue, on discute avec un local qui a appris le français à l’école et nous présente l’histoire de la commune, on se projette dans le passé en voyant des vestiges de château… Bref, on découvre !

L’après-midi, après un repas à l’hôtel (ben quoi, c’est digéré depuis), direction une autre cité que nous n’avions jamais visitée : Cesena.

La brume est de retour, l’hiver froid et humide est de nouveau présent. On découvre la ville dans le flou, ne voyant quasiment plus à 10 mètres au fil de l’avancée de l’après-midi ! Là encore, on déambule au fil des rues et des places. On admire la place du peuple et sa fontaine totalement folle, on grimpe dans le parc du Rocco Malatestiana (encore eux), mais le château est fermé aux visiteurs… Il faudra revenir en été ! On admirer les façades des maisons de style Renaissance, lesquelles sont illustrées par des panneaux d’interprétations : très intéressant, cela permet de visiter la ville d’une autre manière. Et puis finalement, le froid nous ayant vaincu, on termine dans un petit bistrot proposant la bière locale : la … Malatesta, forcément ! Le Monkey bar avait également une petite particularité qui nous plaisait bien, mais il était un peu tôt : un magnifique achalandage de bouteilles de gin de toute sorte. A retester une autre fois !

Jour 5 : Borghi, Sagliano al Rubicone &… retour

Les bonnes choses ont une fin, et le séjour s’achève tout doucement. On résiste toutefois à l’échéance du départ et décidons d’aller voir Borghi, joli petit village perché sur une colline, dont les hôteliers nous disent beaucoup de bien. Il est d’ailleurs bien indiqué sur les circuits touristiques de la région, mais nous ne l’avons jamais visité ! Nous remédions donc à cette lacune en passant une petite heure à déambuler dans ce village ensoleillé. Une crèche grandeur nature est encore installée, un chat nous suit, l’église appelle à la messe et un joli parc encercle les murailles du château…. Tout est propice à la promenade.

Nous résistons toujours et roulons vers Sagliano. Là encore, nous sommes dans un joli petit village où nous déambulons au gré des ruelles, des églises ouvertes (on a de la chance, pour une fois). La place centrale est presque anachronique avec son Office des postes monumental ! Des points de vue panoramiques nous permettent d’admirer les collines alentours.

Il faut toutefois bien terminer notre voyage… Après un dernier repas dans une salle à manger quasiment déserte (les autres clients sont partis à cause du mauvais temps du matin, ils auraient dû attendre 10h !), nous faisons une dernière promenade sur la plage en marchant jusqu’au port, sans veste tellement il fait beau. Une belle manière de terminer ce beau séjour hors du temps !


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