Quatre jours à Annecy

Ce qui est bien, en France, c’est que dès que les beaux jours arrivent, les jours fériés se manifestent également ! Autant dire qu’on en profite toujours pour voir du pays. Annecy a donc été l’objet d’une petite excursion de la Pentecôte. Au programme : découverte de cette charmante ville et de ses environs, et périple aux fantastiques (c’est le mot !) Grandes Médiévales d’Andilly.

Jour 1 : arrivée à Annecy

Nous tentons toujours de rendre nos trajets culturellement intéressants (sinon, la route, c’est long !) et décidons déjà de nous donner des sensations fortes en allant voir le pont suspendu joliment nommé « le pont de la caille ». Datant de 1839 et long de 192 mètres, il est bien impressionnant à regarder, surtout lorsqu’on réalise la distance qui nous sépare du sol au fond du gouffre… Ce pont n’est plus ouvert à la circulation automobile, un deuxième, tout en béton, ayant été construit juste en parallèle dans les années 20. En bref, l’occasion d’une petite pause « photos » tout en n’étant pas trop loin de notre point de chute.

Cette étape franchie, direction l’hôtel. On ne va pas se refaire, on a gardé nos habitudes : il cumule vue magnifique sur le lac, proximité de la ville d’Annecy sans subir les désagréments d’un centre-ville et de la recherche de parking, et il dispose d’un magnifique petit déjeuner qui nous permettra de prendre des forces ! Nous sommes donc descendus à l’hôtel Beauregard situé à Sévrier. Nous n’avons pas été déçus par la vue depuis notre fenêtre : volets interdits pendant la nuit !

Après un petit temps de repos bien mérité pour le conducteur, direction Annecy afin de profiter au maximum de notre court séjour. Monsieur, ayant de la famille dans le secteur, était déjà venu mais pour moi c’était une vraie découverte. Là encore, je n’ai pas été déçue : centre historique lumineux, bâtiments en pierre blanche ou encore aux façades colorées, passages sous arcades, canaux… Tout est propice à la déambulation. Nous nous rendons bien évidemment tout de suite auprès du Palais de l’Isle, totalement entouré d’eau et dont la vue depuis les quais et les petits ponts est vraiment, vraiment très jolie. Nous prenons déjà note de le visiter durant notre séjour : il ne suffit pas de photographier, il faut aussi découvrir !

A bientôt…

Il nous arrive alors une petite surprise qui prouve que l’adage « le monde est petit » n’est vraiment pas usurpé : au détour d’un stand de cartes postales, monsieur est salué par son prénom. On se retourne… et on tombe nez avec nez avec l’Amicale des sapeurs-pompiers de notre village qui était en week-end organisé ! Le tout à 400 km de chez nous, bien évidemment !

La promenade se poursuit (seuls, non mais !) au gré de nos pas, le nez en l’air comme à notre habitude. Nous passons de rues en places et de places en ruelles, jusqu’à commencer à avoir une petite faim. Ben oui, mine de rien, un trajet de 400 km, ça creuse, et il commence à faire nuit ! Nous découvrons donc par hasard un petit restaurant dont la carte et surtout la décoration nous a tout de suite convaincus, la Cabane. Ambiance « bucheron canadien », boiseries sur tous les murs et charcuteries et fromages de pays servis sur un tronc d’arbre : on reste dans le thème !

Jour 2 : Annecy et Menthon-Saint-Bernard

Après une première journée déjà assez dense en découverte, nous nous levons de bonne heure afin d’attaquer le fameux petit déjeuner de l’hôtel. Comme à notre habitude, on se nourrit correctement afin de pouvoir sauter le repas de midi et de pouvoir profiter au maximum de notre journée. Et nous n’avons pas besoin de nous forcer au vu du choix… Nous avons également le grand plaisir de pouvoir manger en terrasse (même si l’air est encore un peu frisquet, le soleil nous réchauffe), en compagnie de petits moineaux absolument pas farouches et bien décidés et se nourrir en même temps que nous ! On les laisse faire de bonne grâce, pas l’habitude de voir des oiseaux d’aussi près. La vue est sublime, le temps est beau : la journée s’annonce très belle !

Direction ensuite la ville d’Annecy pour une promenade/déambulation comme nous adorons en faire. On découvre les canaux, les abords du lac, les jolis parcs et jardins avec des fontaines, les maisons colorées de style presque italien, on passe par des placettes, des ruelles, on visite des églises… Parmi ces dernières, on peut citer Notre Dame de Liesse, église médiévale reconstruite au XIXe siècle suite aux destructions de la Révolution française disposant d’une jolie coupole, mais surtout l’église Saint Maurice dont les fresques (des peintures funéraires) du XVe siècle sont parfaitement conservées et peuvent être approchées et admirées de notre propres yeux dans une totale tranquillité, le lieu étant quasiment désert lors de notre passage.

Et surtout : quel soleil ! On se croit vraiment en vacances.

Pour l’après-midi, nous décidons de nous diriger vers le château de Menthon-saint-Bernard. Situé sur la rive opposée du lac, la première mention de cet édifice remonte au XIIe siècle. D’un château fort défensif destiné à l’origine à abriter la population en cas d’attaque, le site évolue ensuite en lieu d’habitation à la Renaissance, est complété d’une façade donnant sur le lac au XIXe siècle… A noter que la même famille occupe le site depuis tout ce temps : nous sommes aujourd’hui à la 23ème génération !

Le lieu est, encore une fois, propice à la déambulation : le jardin paysager est très joli, la vue sur le lac superbe, le château impressionnant et Pan-pan le paon (véridique !) nous accompagne de sa plus belle voix…

Une fois les extérieurs découverts, il est possible de visiter l’intérieur du château lors de visites guidées ayant lieu toutes les 45 minutes. Différents guides en tenue d’époque, acteurs d’une troupe de théâtre, nous présentent l’histoire du château à travers les nombreuses pièces entièrement meublées : on peut citer les chambres avec leurs lits à baldaquin et leurs grandes tapisseries, des cheminées tellement énormes que des sièges se tiennent dans son encadrure, des plafonds à caisson, une chapelle, et surtout, gros coup de cœur, la bibliothèque de 12000 ouvrages ! La guide attitrée doit savoir que c’est la pièce phare, elle nous a patiemment laissé le temps d’observer tous les rayonnages, et surtout l’exemplaire de l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert de 1751 qui est exposé sous vitre…

Sortir de là pour retrouver la vraie vie crée un petit choc. Pour se remettre de nos émotions positives, direction les abords du lac et le château de Duingt, situé sur la rive quasiment à l’opposé. Une petite trotte en voiture qui se déroule très rapidement tant le paysage est magnifique (du moins pour la passagère !). Ce château est également un héritage du Moyen Age, datant de quasiment 1000 ans et transformé en habitation à la Renaissance. Vue l’heure tardive de notre arrivée, il n’était plus question de le visiter, mais nous avons tout de même pu l’admirer de l’extérieur (et faire quelques photos).

Non loin de là, nous découvrons également une grotte de Lourdes en hommage à Notre-Dame de Duinght. Un moment un peu hors du temps, qui nous rappelle que nous ne sommes pas dans une station balnéaire, mais bien à la montagne…

Et pour la soirée, le chef propose un repas Chez ma cousine. Quand il me l’a présenté comme ça, j’ai été un peu interloquée, jusqu’à ce que je comprenne qu’il s’agit d’un restaurant idéalement situé pile à la pointe du lac (au lieudit « Au Bout du Lac », ça ne s’invente pas !). Un plaisir pour les yeux, et encore plus pour le palais, ce lieu proposant des poissons directement pêchés dans le lac. Un omble chevalier a succombé à notre gourmandise…

Coucou toi

Jour 3 : Les Grandes Médiévales d’Andilly

Troisième jour totalement différent : après un bon petit déjeuner et un petit tour au marché d’Annecy qui se tient sur les quais, direction Andilly et ses Grandes médiévales ! Ce festival dédié au Médiéval fantastique se tient tous les deux ans au sein du grand parc d’Andilly, sous-bois entièrement aménagé pour recevoir des évènements à grande échelle. Au programme : présentation d’artisanat médiéval (les souffleurs de verre sont restés gravés dans mon cerveau), reconstitutions de sièges (les assiégeants ont gagné !), tir à l’arc, fauconnerie, joutes chevaleresques, dégustation d’insectes (apparemment, ça a un goût de Curly, je crois mon mari sur parole), dégustation de bière verte du sorcier (ça, par contre, j’adhère). Des personnages directement issus de la littérature fantastique, voire féérique, déambulent au milieu des visiteurs, il y a des vikings, des elfes, des chevaliers en armure… On est hors du temps dans cette forêt, le tout avec une météo absolument magnifique.

La journée passe extrêmement vite, et le moment du spectacle nocturne approche. Installés sur les gradins d’une arène, nous assistons alors à un magnifique spectacle : jongleurs et danseurs se succèdent en une chorégraphie musicale, jouant tant avec des étendards qu’avec des flammes. Un moment magique et des souvenirs inoubliables.

Jour 4 : résistance au départ

Comme d’habitude quand on est en vacances : on ne veut pas partir ! Du coup, on résiste, on traine les pieds et on trouve encore plein de choses à visiter pour retarder l’échéance. Pour cette fois, c’est le Palais de l’Ile qui nous attire (la grande bâtisse qui nous a fait de l’œil le premier soir, forcément).

Érigé au XIIe siècle, ce bâtiment a été tour à tour une prison, un atelier monétaire, un palais de justice, un centre administratif, un asile de vieillards, une école de dessin pour des tailleurs de pierre et charpentiers, a servi de salle de gymnastique (les usages ont été variés, effectivement !) Protégé au titre des Monuments historiques, il accueille aujourd’hui le Centre d’Interprétation de l’architecture et du patrimoine d’Annecy.

A travers les différentes salles, on découvre donc l’histoire de la ville à travers les âges. Comme dans tous les CIAP, la muséographie est claire, adaptée à tous les publics (coup de cœur sur la reconstitution en bois des différentes étapes de construction). On se promène librement dans tout le bâtiment, on file de pièces en pièces, on se retrouve dans une cour intérieure, puis sous la charpente… Des visites comme on aime, pour le prix modique de 3,5 euros par adulte.

On quand on vous dit qu’on résiste au départ : cette fois, c’est avec un cousin que l’on déjeune (mais pas Chez ma Cousine, ce serait trop facile). Petite assiette très légère pour prendre la route, photo à l’appui…

En bref : un court séjour dans une ville effectivement romantique à souhait, avec un temps merveilleux, des découvertes intellectuelles, culturelles et culinaires comme on les aime, une plongée dans le passé au pays des elfes et des vikings, des insectes, de la tome de Savoie, des châteaux… On reviendra !


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