Voyage de rêve à l’Île Maurice

L’an passé, nous avions eu l’occasion de nous envoler vers l’Île de la Réunion, qui avait été un véritable coup de cœur. Et depuis ce temps, nous avions pour idée de découvrir de manière plus approfondie l’Océan Indien, et de visiter l’Île Maurice.

Après des mois de réjouissances à l’idée de ce voyage, une douche froide à l’aéroport de Francfort en apprenant que l’avion ne vole plus (merci Freddy le cyclone), puis un nouveau départ le surlendemain au départ de Zurich, nous voilà arrivés au paradis après 11 heures de vol de nuit (ce qui est l’idéal, au moins on dort !)

Jour 1 – arrivée sur l’île

L’arrivée à l’aéroport de Plaisance nous met tout de suite dans l’ambiance : entièrement vitré, on peut admirer le paysage verdoyant tout autour du site, et les plantes d’ornements sont composées d’anthurium trois fois plus grands que le mien à la maison. Bref, les vacances commencent !

Nous sommes partis avec l’Agence Prêt à partir de Mulhouse, affiliée au groupe FTI : un chauffeur nous attend donc devant la porte afin d’assurer notre transfert jusqu’à l’hôtel, qui se trouve à Pointes aux Biches, dans le nord est de l’île. Avantage : avec le décalage horaire de 3h, il est seulement 6h30 du matin ! Et il fait déjà parfaitement jour et chaud. Notre conducteur s’avère être un excellent guide : il nous présente, durant l’heure de trajet, l’intégralité du paysage. Nom des montagnes, des plantes, explication sur les villes et villages traversés, météo, tout y passe, nous donnant un formidable aperçu du contexte de l’île. Et le trajet passe très vite, en plus !

Puis c’est l’arrivée à l’hôtel, le Veranda Pointes aux Biches. Nous sommes reçus dans un petit salon ouvert sur l’extérieur, les pieds dans le sable, afin de compléter les formalités d’entrée. Ensuite, direction le petit déjeuner qu’on nous propose gentiment au vu de notre heure d’arrivée. Il faut dire qu’on a déjà pu en manger un dans l’avion, mais à équivalent 2h30 du matin heure locale française, le wrap fromage n’a pas forcément été bien accueilli… Ici, c’est évidemment bien différent : on fait littéralement une cure de fruits pour ce premier repas ! Papaye, ananas Victoria au piment, pastèque parfaitement mure, confitures de fruits exotiques… Tout pour se remettre en forme après le trajet !

Le reste de cette première journée est placé sous le signe de la détente : découverte de l’hôtel, promenade au bord de l’Océan, lecture, et découverte du spa de l’hôtel, un gommage des pieds nous étant offert comme cadeau d’arrivée !

Le repas du soir est présenté sous forme de buffet, proposant des mets internationaux (pour ceux qui ne peuvent pas se passer de frites et de pizzas), mais surtout des plats locaux, de l’Océan indien mais également spécifiquement mauriciens. Une vraie découverte pour nous deux, d’autant plus que certains noms nous sont inconnus (le créole n’est pas toujours aussi transparent que ça !). Mais c’est l’occasion de demander des explications aux cuisiniers qui travaillent à même la salle, ce qui permet de regarder comment les plats sont confectionnés. Un bon moment, culinairement et culturellement !

Jour 2 – direction Port Louis

Certes, l’île dispose de plages paradisiaques, et l’hôtel l’est tout autant. Pourtant, ce que nous, nous aimons, c’est découvrir notre environnement de vacances ! Après un bon petit déjeuner plus copieux que la veille (on a découvert le marlin fumé, un régal), direction l’arrêt de bus situé juste devant l’hôtel pour rejoindre Port Louis, la capitale de l’île Maurice.

Prendre le bus est une aventure en soi : les véhicules sont assez anciens, on rebondit sur les sièges, les portes ne ferment pas… mais on a adoré ! Une ambiance à part entière, qui permet de visiter tous les villages des environs depuis son siège. Et le prix est tout ce qu’il y a de compétitif : compter 90 roupies mauriciennes pour deux, pour une heure de trajet… Soit 1.80 euros.

Le terminus de la ligne se situe à la gare routière de Port Louis, à 5 minutes à pied de tous les sites touristiques. Nous nous dirigeons donc en premier lieu vers la zone portuaire et découvrons un moulin à vent transformé en petit musée présentant en son rez-de-chaussée une petite exposition de photos anciennes et d’objets agricoles traditionnels, et à l’étage le moulin en lui-même. Le site date des années 1990, mais est implanté à l’emplacement du plus ancien moulin de l’île érigé en 1736, à côté des vestiges de la Tour de l’ordre, ancienne tour de guet devenue observatoire météorologique en 1832.

Puis nous marchons vers le Caudan Waterfront et sa célèbre « allée des parapluies ». La rue est particulièrement « internationale », on y retrouve les mêmes chaînes de magasins que chez nous, donc nous ne nous y éternisons pas, préférant les coins plus typiques, même si le quartier est vraiment très beau et attrayant.

Direction alors la Place d’Armes, où se tiennent différentes statues d’hommes illustres : Sir Sewoosagur Ramgoolam, qui a mené l’indépendance du pays, mais également celle de Mahe de Labourdonnais,  gouverneur français qui fonda la ville en 1735 (et qui a passé quelques années à la Bastille, découvrons-nous sur le socle de la statue).

On passe ensuite devant le Mauritius Institute, érigé entre 1880 et 1884 avec l’objectif d’y conserver des collections d’histoire naturelle, des oeuvres d’art et une bibliothèque publique en un seul lieu. Objectif rempli, puisqu’encore aujourd’hui, il conserve des collections uniques de flores et faunes régionales. Je ne sais pas si le lieu se visite, nous priorisons, comme à notre habitude, la découverte des villes à celle des musées.

Petite promenade ensuite dans le Jardin de la Compagnie, parc municipal accueillant des essences d’arbres locales dont certaines sont fascinent : on adore le banyan dont les branche redeviennent des racines pour rejoindre la terre et reformer d’autres arbres… on enchaine ensuite sur la cathédrale Saint Louis, dont la structure type « Eiffel » nous surprend bien à l’intérieur !

Et vient maintenant le moment de grimper ! Un des points de vue incontournable sur la ville et l’Océan se trouve au fort Adélaïde, à 100 mètres de dénivelé. Le chemin est toutefois facilité par les marches d’escalier creusées directement dans le trottoir… Et un grand merci à l’habitant qui nous a vu arriver au niveau de sa maison en cul de sac, dire avec flegmatisme « ah, hier j’avais des Polonais devant ma porte », et nous a fait gentiment passer par son jardin pour rejoindre la rue parallèle qui, elle, montait bien au fort !

L’histoire du fort est assez amusante : les Anglais, alors propriétaires de l’Île en 1834, craignent que l’abolition de l’esclavage entraine une révolte des colons français présents à Port Louis. Ils construisent alors ce fort en vue de se protéger contre leurs compatriotes européens. Ce qui s’avérera finalement inutile, cet évènement se déroulant absolument sans heurts ! Nommé en l’honneur de la Reine Adélaïde, épouse du roi William VI, il mesure tout de même 150 mètres de long et 100 mètres de large, et pouvait accueillir 200 soldats et trois mois de provisions.

La vue est effectivement magnifique, on ne regrette absolument pas la montée ! La descente s’avère presque plus difficile, car la chaleur est torride et il faut faire attention où l’on met les pieds (et notamment pas sur l’horrible araignée en plastique placée au bord du chemin qui m’a fait faire un bon de côté…ce sera la seule que j’aurais vue durant tout le séjour).

Une fois de nouveau en bas, directement le quartier de Chinatown, repéré par son portique d’entrée mais également ses multiples murs peints. Personnellement, j’ai adoré !

Nous arrivons ensuite devant la Jummah Mosque, construite en 1853 par des marchands Indiens. En tant que femme vêtue d’un débardeur et d’un short, je n’aurais même pas imaginé pouvoir y entrer. Et pourtant ! Je suis chaleureusement invitée à rentrer dans l’édifice, à m’y promener, et même à y prendre des photos ! Le lieu est très beau, très apaisant, verdoyant, une vraie découverte inespérée, même si la tolérance religieuse est une des caractéristiques culturelles de l’île.

Après tout cela, c’est le retour à l’hôtel par le bus, trajet retour. L’avantage de ces vacances, c’est qu’on dormira bien le soir !

Jour 3 – découverte du sud de l’île

En nous promenant sur la plage le premier jour de notre arrivée, nous avons été abordé par un vendeur qui proposait des excursions aux touristes. Nous avons d’abord décliné, puis avons réfléchi, puis, au regard du rapport qualité/prix, avons fait demi-tour et réservé un guide pour une visite du sud de l’île. Trajet en véhicule, guide sur toute la journée, entrées sur les sites : 150 euros pour deux personnes, que nous n’avons absolument pas regrettés !

Le départ depuis le parking de l’hôtel est fixé à 8h du matin afin d’éviter la foule. La première étape est celle de Grand Bassin, haut lieu sacré de la religion hindoue. La semaine précédent notre arrivée s’était d’ailleurs tenue la grande fête annuelle de Maha Shivaratri, durant laquelle 500 000 Mauriciens ont rejoint le site pour prier et s’immerger dans les eaux du bassin, assimilées à celles du Gange. Le paysage est prenant, un peu hors du temps. Nous sommes accueillis par deux statues monumentales de Shiva et de Durga, laquelle est d’ailleurs la plus grande statue de divinité féminine au monde avec 30 mètres de hauteur ! Puis nous arrivons au site même du bassin, qui est en fait un cratère de volcan rempli d’eau. De nombreuses statues religieuses en morcellent le tour, de même que de nombreux temples. Impressionnant, et presque émouvant…

Etape suivante : Chamarel, d’abord pour une visite de sa rhumerie. Les machines sont en maintenance lors de notre venue car nous ne sommes pas en saison de récolte de la canne à sucre, mais nous pouvons tout de même admirer toute la chaine de travail et les différents alambics. Le lieu est également superbe en lui-même, très verdoyant, aménagé comme un joli jardin… La dégustation de rhums se passe d’ailleurs en extérieur, permettant de découvrir huit saveurs différentes gratuitement, puis 8 rhums vieux moyennant 1 euro. Le jeu étant naturellement de passer ensuite à la boutique, ce que nous n’avons pas manqué de faire (rapporter des éléments liquides est notre seule motivation pour prendre une valise soute !)

Après cette étape gustative bien intéressante, direction la cascade de Chamarel. D’une hauteur de 100 mètres, elle s’abat dans un cratère creusé au fil des millénaires… On cherche désespérément à apercevoir un ptérodactyle, sans succès (mais on voit un paille en queue, ce qui est déjà pas mal !). La promenade est courte, mais magnifique : on peut prendre de la hauteur pour l’apercevoir d’un angle différent, admirer des arbres avec des racines absolument incroyables, bref gorger ses yeux d’images.

Et enfin, c’est la découverte majeure du jour, celle du site de la Terre des sept couleurs. Ce phénomène naturel témoigne de l’activité volcanique de l’île il y a de cela entre 3.5 et 1.9 millions d’année : la couche supérieure de la roche s’est érodée du fait du climat chaud et humide, et des résidus de fer et d’alumine se sont déposés. Rouge, brun, violet, vert, bleu, mauve, jaune… des trainées de couleur se repoussant chimiquement sont alors progressivement apparues, donnant ce paysage surprenant. On aurait pu rester la journée complète à admirer les lieux…

Dernière étape : monter au point culminant de l’île afin d’admirer le site de Trou aux Cerfs, soit le cratère d’un volcan endormi (et non éteint, comme le précise bien notre guide à plusieurs reprises). Tout autour est visible la ville de Curepipe, deuxième plus grande de l’île avec 75 000 habitants. Une nouvelle petite idée de sortie…

Puis c’est le retour à l’hôtel, bien fatigués mais avec des souvenirs plein les yeux ! L’occasion de profiter encore du magnifique coucher de soleil sur la plage… et de découvrir par hasard qu’il y a une animation créole organisée par l’hôtel directement sur la plage ! Déguster des rhums arrangés devant des danses traditionnelles avant de passer à table, si ce n’est pas parfait ? Et en plus, le vendredi soir, c’est soirée mauricienne, donc on découvre de nouveaux plats typiques. Un 10/10 pour le poisson au wasabi à la plancha, juste saisi : un délice !

Jour 4 – le Nord de l’île

Notre chauffeur de la veille, dénommé Shelldon, ayant évoqué les autres excursions qu’il organise pour les touristes, et nous, touristes, ayant encore plein d’envies de découvertes, nous nous sommes retrouvés à l’hôtel à 10h du matin pour une nouvelle excursion.

Direction tout d’abord le Jardin de Pamplemousses, un parc botanique qui me faisait déjà envie en France en regardant les photos sur internet. Notre guide n’est pas convaincu, il mise sur une heure de visite pour nous… C’est mal nous connaitre ! Deux heures ont été nécessaires pour découvrir l’entièreté de l’endroit, de 37 hectares, qui regroupe une variété de plantes rapportées du monde entier par le botaniste Pierre Poivre au XVIIIe siècle. Un vrai plaisir pour les yeux, quand on aime effectivement la botanique (ce qui est notre cas)

Nous roulons alors vers Grand Baie, censée être la « Saint Tropez » de l’Île Maurice. Et effectivement, ça y ressemble, et la rue principale est nommée « Sunset boulevard » ! On est dans un monde bien différent de celui que l’on découvre depuis 3 jours : magasins de luxe internationaux, propriétés modernes voire en construction avec portail immense et vidéosurveillance, yachts amarrés dans la baie. C’est chic, c’est à voir, mais nous n’avons pas fait d’arrêt !

Shelldon nous emmène ensuite à Cap Malheureux, autre lieu particulièrement mis en avant sur internet. La fameuse église rouge sur fond d’Océan turquoise m’a en effet bien fait rêver depuis mon canapé… Et la réalité est encore mieux, puisqu’à la vue sublime s’ajoutent les odeurs et les sons. Une classe de catéchisme se tient en plein air, des marchands reviennent de la pêche et écaillent leurs trouvailles, des barbecues crépitent… On aurait vraiment pu rester là pendant des heures si nous n’avions pas été accompagnés ! L’église en elle-même était ouverte (POUR UNE FOIS !), et nous avons pu y pénétrer pour en admirer la structure, également métallique, à l’instar de la cathédrale de Port Louis.

Sur le retour, nous découvrons encore deux temples, dont le premier est le tamoul de Cap Malheureux, dans lequel nous n’avons pas le droit de pénétrer… pour cause de vols fréquents d’objet en cuivre et de risque d’être accusés de vol en cas de disparitions après notre passage ! Nous admirons donc la façade et l’intérieur depuis le porche.

Le deuxième temple hindou est le Maheswarnath Mandir de Triolet, complètement d’une autre architecture, et pour le coup totalement libre d’accès ! On s’y promène librement, dans une ambiance complètement paisible où des personnes méditent sur des bancs ou discutent entre elles.

La dernière étape de ce petit périple consiste en un passage sur la plage de Trou aux biches, réputée pour son sable fin et son eau cristalline. La découverte était là, mais ne nous a nullement fait envie : énormément de monde, et surtout des bateaux de plaisance amarrés à quelques mètres des côtes, destinés à embarquer le touriste vers le large pour diverses activités de snorkling et nage avec les dauphins. On est tout de même dans l’ambiance créole, avec la présence de familles terminant de manger leur pique-nique du midi, parfois avec réchaud portatif !

Conclusion de ces deux jours de visite : n’écoutez pas l’hôtel qui vous déconseille de faire appel aux guides locaux ! Nous avons été très satisfaits de découvrir l’île avec Shelldon, qui nous a donné l’autorisation de diffuser sa carte de visite : n’hésitez pas à faire appel à lui !

Jour 5 – Curepipe

Oui, on est dimanche, et oui, on veut encore visiter. Et Curepipe nous intrigue, ne serait-ce que par l’origine du nom (les soldats de Napoléon y avaient installé une garnison et leur occupation principale consistait à fumer la pipe et à la curer lorsqu’elle était bouchée, belle image d’efficacité !)

0n prend donc à nouveau le bus pour Port-Louis, faisons un bref passage par les halls du marché avec ses stands en effervescence, puis changeons de moyen de locomotion en empruntant un tram (nommé « métro ») tout ce qu’il y a de plus moderne depuis la Place d’Armes, direction Curepipe. Le trajet est long, presque 45 minutes, mais nous fait passer dans de multiples localités que l’on ne pourra pas découvrir : un peu frustrant !

Arrivés en ville, c’est l’effervescence, on tombe directement dans le marché ! Un plaisir d’y circuler, même si on ne peut rien rapporter en France (les fruits nous font tellement envie). Après un petit tour, on se dirige vers le centre historique afin d’y admirer la mairie de style colonial (en travaux et totalement emballée), l’église Sainte Thérèse entièrement en pierre noire, le Royal College, et enfin les arcades Currimjee, grand magasin à la Française devenu une célèbre galerie commerciale en 1950 après son rachat par la famille Currimjee. On y déguste d’ailleurs respectivement un Ice Tea maison au tamarin et des sticks frits de manioc, et un Ice Tea à la citronelle avec des crevettes sauce papaye piment auprès du restaurant Wapalapam. Seule réclamation à faire me concernant : peut-être que le serveur a jugé bon de nous « surclasser » en remplaçant les calmars commandés par les dites crevettes… mais quand on est allergique, on ne peut du coup plus manger la moitié du repas !

Notre objectif était d’encore visiter le célèbre jardin botanique, mais le temps était déjà trop avancé au vu du trajet retour à faire, les réseaux de transport s’arrêtant à partir de 18h… Nous avons donc joué la prudence et sommes retournés à Port Louis pour rentrer ensuite à l’hôtel pour notre dernière soirée avant le départ du lendemain matin, direction Francfort. Le choc climatique et culturel va être rude…

Conclusion de ces vacances : on reviendra ! 7 jours n’étaient déjà pas suffisant, 5 jours l’ont encore moins été (mais on ne voulait pas renoncer à ce voyage, quoiqu’il arrive, on tenait trop à voir cette destination et à nous évader, même temporairement). Nous n’avons pas pu nous rendre sur la côte est, n’avons quasiment vu aucun site naturel, en bref n’avons pas pu observer la moitié du « programme » élaboré avant de partir et qui, pourtant, avait été allégé afin d’être « raisonnable » au vu de notre temps de présence sur site ! Nous avons encore plein d’envies, que nous concrétiserons, quoi qu’il arrive, dans quelques années !


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