Week-end pascal sur la côte Adriatique

Durant ce week-end de Pâques, j’ai littéralement vécu un rêve d’enfant : me promener SEULE à Igea Marina, sans aucun touriste à portée de vue, avec uniquement les résidents qui vaquent à leurs occupations en attendant la déferlante du mois de juillet. Et quoi de mieux pour cela que de venir quelques jours avant l’ouverture des hôtels et des lieux touristiques, pour vraiment profiter du lieu ?

Départ le lundi soir de la semaine de Pâques, direction la côte adriatique, et arrivée le lendemain 9h pour découvrir une mer bien agitée, d’une magnifique couleur argentée, qui recouvre totalement les digues de rochers. On est loin de la « pataugeoire », comme diraient certains, de la saison estivale ! Visiblement, il y a eu du vent et de la pluie la nuit précédente, en témoignent les monticules de sable sur la route côtière. Et pourtant, les dunes protectrices érigées pour l’hiver sont encore en place, on s’imagine bien l’allure du paysage si elles n’étaient pas là…

Notre deuxième petit plaisir (après avoir découvert ce paysage) est beaucoup plus terre à terre : nous nous offrons le luxe de nous garer, seuls, sur le parking de l’hôtel encore fermé ! La voiture du patron est déjà dans la cour et les cuisiniers qui chargent des denrées depuis une camionnette de livraison nous regardent d’un drôle d’air, mais sans plus, ils ont certainement l’habitude de ces touristes qui font comme chez eux ! D’ailleurs, n’est ce pas le slogan de l’Hôtel Elios : « votre maison depuis 1963 » ?

On débute donc le séjour par un « bonjour à la mer » en escaladant les dunes, puis en marchant jusqu’au port canal. Et là, surprise ! Ce que j’avais pris pour un « poisson d’avril » dans la publication Instagram de la commune en date du 1er avril n’en est en fait pas un : une grande roue est en cours de construction sur le quai ! Je n’irai certainement pas dedans, mais nul doute que la vue sera grandiose.

Après cette petite promenade matinale, nous décidons de maintenir des traditions : en route pour Santarcangelo di Romagna, notre visite incontournable de chaque séjour. On dirait un petit village traditionnel, mais il s’avère que ce lieu est plutôt une ville de 20 000 habitants ! Toujours est-il que nous profitons du joli temps qui arrive pour nous promener dans les ruelles, prendre de jolies photos sans personne dessus, et s’arrêter en terrasse boire, pour l’un un chocolat chaud revisité, pour moi un chinotto dont la saveur m’avait manquée depuis juillet ! On a beau en importer plusieurs bouteilles en France, ça n’a pas le même goût à la maison qu’en terrasse au soleil…

Après cette petite escapade, et l’hôtel n’ouvrant qu’en soirée, nous décidons d’anticiper sur notre programme et de tout simplement… aller faire les courses ! En route pour le Romagna Shopping Valley et son Grande Iper ! Dire que chez nous, on fuit les supermarchés, et qu’en vacances on y achète même des croquettes pour notre chat en comparant les saveurs (ce sera canard, les prochains temps, du coup). Mais comme pour le chinotto, un dentifrice qui a été acheté en vacances, ça donne tout de suite du cachet à des choses ordinaires de la vie !

Puis retour à Igea Marina, et nouvelle promenade, cette fois vers le centre-ville, par la plage. Quel plaisir de s’installer au soleil sur des bancs avec le bruit du ressac en arrière-plan… Mais l’hôtel a ouvert, et ce sont les grandes retrouvailles… et la surprise de taille : en fait, l’hôtel n’est ouvert que pour nous ! Nous serons les seuls clients de la nuit, les autres n’arrivant que le lendemain ! On replonge dans les rêves d’enfant : découvrir les « coulisses » de ce lieu que j’aime tant.

Pas de cuisine par contre (il ne faut pas abuser), donc nous sortons tester, pour la première fois en trente années, un restaurant de la ville. Pas une grande faim, grosse fatigue ? Une piadina fera parfaitement l’affaire à Sapori di Gioia ! Le tout arrosé d’une bière artisanale, puis retour à l’hôtel, et au lit à 21h30 histoire de se remettre des premières aventures.

Jour 2 – Igea Marina et Rimini

Mon plaisir à Igea, c’est de dormir volet ouvert afin d’être réveillée par le soleil, puis d’aller sur le balcon et d’admirer la mer. Cette dernière s’est calmée, et le ciel est dégagé, augurant une belle journée. Et nous la débutons avec une jolie surprise : vu que nous sommes les seuls clients, la salle de restaurant n’est pas encore ouverte… du coup, le patron nous installe dans le petit salon pour nous servir un petit déjeuner fait maison. Crostata, jambon, et café italien au percolateur, bien entendu, nous donnent de l’énergie pour la journée qui s’annonce intense… et un peu stressante, puisque Titine a décidé de nous indiquer qu’elle ne démarrerait plus d’ici 750 km pour cause d’anomalie antipollution…

Du coup, on visite de nouveaux lieux, à savoir le garage d’Igea, recommandé par les hôteliers, puis celui de Rimini que ce dernier nous conseille de rejoindre, étant plus gros et plus équipé pour les voitures françaises à tête de lion. Le verdict tombe rapidement : cristallisation de l’Ad blue dans le réservoir, gros travaux à prévoir… ou dé-cristallisant à 16 euros à mettre dans le réservoir, ça passe ou ça casse ! (spoiler alert : c’est passé !!! Vive le système D)

Mais en attendant, nous décidons de changer nos habitudes : découvrir les transports en commun du secteur, que nous empruntons assez rarement en été, par manque d’idée, nous avouerons. On commence naturellement par ceux de Rimini que nous connaissons déjà (il faut bien rentrer à Igea pour midi, puis retourner à Rimini l’après-midi !), et en profitons pour faire du tourisme assis à l’abri du froid : on passe devant l’arc d’Auguste, on dit bonjour au pont Tibère, on traverse Torre Pedrera, on se promène dans les rues arrières du village… Bref, on va en profiter pour découvrir le secteur autrement, et à un autre rythme. Pas désagréable, bien au contraire !

Car il n’était surtout pas question de rater le repas de midi à l’hôtel : pour un premier jour, nous avons droit à de la dorade, notre plat préféré ! Et nous avons une surprise : nous ne sommes plus seuls à l’hôtel, nous avons été rejoint par une équipe de foot de Bergame, catégorie moins de 14 ans. Un tournoi régional se tient à Igea Marina, et de nombreux hôtels de la côte accueillent les équipes concurrentes. La première idée qui me vient à l’esprit quand je revois ces jeunes : incroyable les assiettes de salade qu’ils pouvaient manger !

L’après-midi, c’est le retour à Rimini, à nouveau en bus, pour récupérer Titine : on en profite pour aller nous promener au port canal et sur la plage, complètement désertique, bien plus qu’à Igea, avec un vent très fort et des vagues impressionnantes. C’est bien la première fois que je vois des surfeurs en Adriatique !

Quand j’étais petite, une des excursions en bateau depuis Igea consistait à rejoindre Rimini pour assister aux spectacles de dauphins, au Delfinarium sur le port. Déjà à l’époque, on trouvait que les animaux étaient peut-être un peu nombreux au vu de la taille du bassin… Les années nous ont finalement donné raison, mais revoir le lieu digne d’un site urbex complètement rongé par le sel, ça fait bizarre… Les images se superposent entre les vues estivales avec une foule nombreuse, et ce bâtiment complètement abandonné. Un joli projet est cependant en cours : réhabiliter le bâtiment afin d’en faire un centre de soin et de sensibilisation du grand public autour de la problématique de la tortue de Méditerranée, qui vient pondre ses œufs sur les grandes plages touristiques (et est donc en danger). Une excellente idée, qui n’a pas été sans nous rappeler le site de Kelonia lors de notre voyage à l’île de la Réunion (une usine de production de soupes de tortues devenue centre de soin et de réintroduction). Affaire à suivre !

Jour 3 – à la découverte de Pesaro

Ce jour-ci, nous décidons de découvrir une ville que même moi, en trente ans de vacances ici, n’ai jamais vue : Pesaro. Située aux alentours de Cattolica (autre ville connue des Alsaciens), elle est en réalité accessible en train très facilement, via une correspondance à Rimini. En 1h15 (avec 20 minutes d’attente en gare), nous arrivons en gare de Pesaro et débutons nos déambulations sous un grand soleil.

Pesaro est la ville natale de Rossini : le premier bâtiment que nous voyons en arrivant est naturellement un théâtre de 1637 (rien que ça). Puis nous découvrons la place du peuple (comme à l’accoutumée dans les villes italiennes), sur laquelle se trouvent différents bâtiments remarquables : le Palais des Doges du XVe siècle, construit à la demande d’Alexandro Sforza ; la fontaine des tritons, particulièrement belle… On voit également le bâtiment de la Poste centrale qui a la particularité d’être construit dans une ancienne église transformée : on voit encore un tympan religieux sur la façade latérale. Et juste à côté de cette entrée se trouve un passage menant à un marché couvert caché de la rue, se tenant dans les restes du cloître de cette même église… Hors du temps !

Une fois sur cette place du Peuple, nous prenons une des rues principales, direction : la mer ! Car elle n’est pas loin du tout, nous sommes finalement encore dans une des villes de la Riviera, balnéaire en été. Sur le chemin, nous découvrons la cathédrale Sainte Marie de l’Assomption. Si l’extérieur n’est pas extraordinaire, l’intérieur est tout autre : construite sur un site paléochrétien, les mosaïques de l’église primitive y ont été mises en valeur. Le sol s’ouvre donc régulièrement sur des œuvres d’art totalement épargnées par les siècles : elles sont comme neuves, et dignes de grands musées.

Une fois ressortis de ce lieu, nous reprenons notre chemin vers la mer et découvrons une très belle esplanade en cercle, arborée, verdoyante, dominée par une Villa style art nouveau, entièrement florale, la « Villino Ruggeri« . Une petite pause sur un banc au soleil parait opportune… On fait ensuite le tour du petit parc, observons avec intérêt (et interrogations) l’œuvre d’art « Sfera Grande » de Pomodoro sur la fontaine, et repartons vers la ville à la recherche de la forteresse médiévale Constanza, du nom de Constanzo Sforza, érigée au XVe siècle également. Là, nous nous offrons à nouveau un petit moment de calme, face au château, entourés de butineurs : l’ensemble est en effet devenu un espace verdoyant très bien aménagé.

Nous déambulons naturellement dans les rues comme à notre habitude : on découvre des cours donnant sur des arrières-cours, des églises intégrées dans des immeubles d’habitation, des statues d’art moderne, on tombe par hasard sur la maison natale de Rossini (apparemment, c’est une maison-musée, et elle a l’air vraiment réussie)… mais il faut malgré tout surveiller l’heure car c’est ici le seul inconvénient du transport en commun : un train par heure au retour ! Mais en vacances, l’attente est toujours supportable, et nous rentrons à Igea des étoiles plein les yeux…

Jour 4 – marché, dinosaures et Aperol spritz

Le quatrième jour débute tôt pour moi, puisque j’arrive à me réveiller juste à temps pour voir le lever de soleil… mais pas assez tôt pour voir la boule de feu sortir de l’horizon au-dessus de la mer. A retenter le lendemain !

Le vendredi, c’est jour de marché : et autant en été, le lieu est immense, envahi de vendeurs de serviettes, de chemises et de produits miracles coupant les légumes en filaments/faisant boucler les cheveux naturellement/insérez tout autre camelot que vous connaitriez, ici, on est dans la vraie vie. Et donc, avec les commerçants pour les vrais habitants : primeur et maraicher se côtoient sur un marché taille réduite, mais tellement beau !

On enchaine ensuite sur un lieu que nous adorons tous les deux à Igea : le Parco del Gelso, poumon vert dans la ville, totalement déconnecté de la station balnéaire, et pourtant à même pas 300 mètres en arrière de la plage ! On admire les canards et les cygnes qui couvent, on essaie de voir des lapins et des lièvres, on se promène dans la roseraie, on va nourrir les dinosaures… Bref, on a nos petites habitudes ! Et parmi ces dernières reste celle typiquement alsacienne : boire un spritz en terrasse, c’est quand même quelque chose d’obligatoire !

L’après-midi sera tout aussi calme (car les vacances, c’est aussi pour se reposer) : le patron a sorti les chaises longues sur la plage de l’hôtel, et nous nous y installons avec grand plaisir enroulés dans un bon plaid avec un roman. Nouvelle petite promenade, cette fois au soleil couchant le long du port, et la journée se termine déjà… trop vite, comme toujours en vacances.

Jour 5 – Bellaria et Cesenatico

Le matin, nous sommes pris d’une envie : aller à Bellaria, mais avec le Trennino, le petit train touristique que nous avons entendu circuler la veille après-midi ! Il faut dire qu’avec les jours qui passent et le week-end de Pâques qui arrive, les touristes en font de même… Nous sommes « envahis » à l’hôtel, d’autres clients arrivent, l’équipe de serveurs est au complet, la famille hôtelière est au complet pour donner un coup de main au jeune patron, les commerces ouvrent, les bars et restaurants également. On retrouve l’ambiance « station balnéaire » de l’été, la chaleur en moins.

Toujours est-il que les rues de Bellaria grouillent de monde, que même les glaciers sont ouverts, et qu’on voit des verres orange vifs sur de nombreuses tables ! On en fait donc autant en rentrant à l’hôtel : un bon negroni sbagliato, ça change !

Et l’après-midi, nous tentons une nouvelle destination en train à laquelle nous n’aurions jamais pensé, et qui pourtant s’avère être bien plus pratique qu’en voiture : direction Cesenatico, une valeur sûre de nos séjours ! Organisée autour d’un port canal dessiné par Léonard de Vinci, cette petite ville est reconnaissable entre toutes par les bateaux aux magnifiques voiles qui sont amarrés pour le plus grand plaisir des badauds : chaque voile correspond à une famille de marins, et les coques ont toutes des yeux… sinon, comment les bateaux feraient-ils pour naviguer s’ils ne voyaient pas devant eux ?

On se promène donc le nez en l’air, sous un magnifique soleil. Ici, la foule est dense, les terrasses pleines, et on commence à entendre parler français avec l’accès chantant de notre région. Il y a un marché artisanal, des artistes de rue, beaucoup de monde, un peu trop d’ailleurs… on « fuit » par une rue latérale et faisons une très belle découverte : nous arrivons dans un quartier que nous ne connaissions absolument pas (et qui pourtant est en parallèle au quai du canal), dans lequel se trouvent encore les traces d’anciennes glacières utilisées pour le commerce. Comme quoi, on réussit toujours à découvrir de nouvelles choses, même en allant dans des endroits similaires !

Et nous avons aujourd’hui une « obligation » de rentrer tôt à l’hôtel : à 18h est organisée une réception sur la plage privée. Au menu : ciambella, gâteau traditionnel, accompagné d’Albana Dolce, vin doux et sucré du cépage local, le tout sur des chaises longues ou à côté des braseros, au choix. Une belle manière d’ouvrir ce week-end de fête ! Veille de fête qui se poursuit par un concert en plein air organisé par la Commune, sous l’égide de « Radio Bruno » : les tubes des années 80 repris par un groupe actuel (et surtout par les enfants dans le public qui connaissaient TOUTES les chansons, fascinant !)

Jour 6 – Joyeuses Pâques !

La journée commence très agréablement pour moi, puisque Monsieur m’a fait une très jolie surprise : m’organiser une « chasse aux œufs » dans la chambre d’hôtel ! Aucune idée de comment l’importation de lapins or Lindt a réussi à s’opérer, mais il est clair que c’était en toute discrétion !

Un joli repas de Pâques se tenant à midi, nous faisons le choix de ne pas trop nous éloigner d’Igea. D’abord motivés pour « aller dire bonjour à César » (autrement dit : aller à Gatteo a mare en vélo jusqu’à un buste de Jules César sur le Rubicon), nous regardons le ciel et décidons de plutôt rester dans les environs proches, voire très proches ! Nous traversons donc le port canal, direction Bellaria, pour aller nous promener dans le quartier ancien admirer les nombreux murs peints qui ornent les façades. Réalisés par des artistes locaux, ils donnent un vrai cachet au quartier, devenu un musée à ciel ouvert.

Nous décidons ensuite de nous promener sur la plage : nous franchisons les dunes, observons les goélands sceptiques de voir arriver tellement de touristes (mais pas mécontents non plus à mon avis, vu la barquette de fish and chips que l’animal dévorait à notre arrivée), regardons les travaux en cours d’aménagement des équipements de plage… Bref, de la détente et des projections pour l’été, la chaleur en moins !

Le repas de midi est ensuite particulièrement bon : agneau à la romagnole au menu, une belle découverte. Mais le clou du spectacle restera, et ce sera un souvenir immortel, l’arrivée du dessert : un œuf en chocolat géant qui trônait emballé sur le buffet depuis le début de la semaine,et que nous allons à présent, et collectivement… briser en mille morceaux ! Une vidéo traine donc sur Facebook et Instagram, durant laquelle, accompagnée de petits et grands enfants, je tape sur ce pauvre chocolat avec une cuillère à soupe ! (et pour ceux que ça intéresse, c’est ici à partir de 6:00)

Et l’après-midi, n’en déplaise à nos cerveaux qui avaient envie de visiter tout et tout le temps : repos sur la plage, au soleil, dans un plaid et avec un livre, édition n°2 !

Jour 7 – Snif… mais on résiste en visitant Comacchio !

Cette fois, j’ai vu le lever du soleil dans son intégralité ! Un spectacle splendide pour clôturer notre dernier réveil ici… Et si déjà nous sommes réveillés, autant aller se promener. Direction le bord de mer pour une promenade le long de l’eau vers l’entrée de la ville. On va voir les bateaux, la statue d’Igea, puis on revient par la Lungomare en regardant les décorations des hôtels, les ravalements de façade en cours. On fantasme également un peu devant la devanture de l’agent immobilier ou devant les pancartes « à vendre » sur les maisons ! Bref, on profite de cette dernière promenade avant l’été pour nous gorger les yeux et les poumons des bienfaits de la mer !

Mais même quand on se lève tôt, toutes les bonnes choses ont une fin, malheureusement… Le temps du départ est arrivé après déjà quasiment une semaine passée ici. Mais comme à notre habitude, nous résistons ! Et décidons de profiter du trajet du retour pour faire un petit détour par Comacchio, ville citée comme étant « Burano sans touristes » ! Spécialité : l’anguille, miam !

Après des « au revoir » et des « à dans trois mois », nous voilà à nouveau sur la route avec Titine qui a apprécié le dé-cristallisant (un souci de moins !) et roule à nouveau sans biper tous les kilomètres. Après 1h15 de trajet, nous voici donc arrivés à Comacchio, là aussi petite ville que je n’avais jamais visitée en 27 années de vacances ici ! Scandaleux, me direz-vous, mais vu la foule qu’il y avait un lundi de Pâques, je n’ose imaginer en plein mois d’août avec 35°C…

On déambule donc dans cette jolie ville de manière méthodique. On arrive tout d’abord devant la cathédrale Sant Cassiano du XVIIe siècle, immense, toute en brique, dominée par une tour clocher érigée à ses côtés : on peut y admirer une exposition de crèches en miniature dans de petites niches, incroyables de réalisme. Puis on suit les panneaux touristiques directionnels pour arriver au pied de la loge des marchands (aujourd’hui un café style art nouveau, attention à l’araignée géante dans sa toile au dessus de la porte, ça peut surprendre) et de la tour civique.

Pour éviter la foule, nous tentons de circuler par des rues parallèles : bon choix, puisque cela nous permet de découvrir de jolies petites églises typiques, d’admirer des façades de palais ou de l’hôpital San Camillo, reconnaissables entre toutes puisque le bâtiment ressemble à un temple grec de l’Antiquité.

On arrive ensuite au pont degli sbirri, un des accès privilégié pour aboutir au point le plus touristique de la commune : le Treponti, ou Pont Pallotta. La ville est en effet traversée de nombreux canaux, et le Treponti de 1634, pont composé de cinq escaliers arqués sous lesquels passent ses quatre cours d’eau, est devenu son emblème. Monter sur ce pont est vraiment une jolie expérience : on peut observer le centre-ville d’un peu de hauteur, tout en ayant conscience d’être debout sur un bâtiment historique et symbolique.

Au fil de nos déambulations, nous visitons également dans le Parc de la résistance, véritable poumon vert qui offre un saisissant contraste avec la partie de ville que nous venions de quitter ; et en continuant le Corso Garibaldi, nous arrivons sur l’ancien couvent des Augustins. Totalement démoli, il n’en reste que la façade… Un très joli projet de réhabilitation est toutefois en cours, dans le but de conserver l’existant et d’y additionner un espace culturel composé d’un théâtre, ainsi qu’un parc arboré. A revoir dans quelques années !

A partir de ce lieu, il est possible de rejoindre une galerie commerçante dans laquelle se trouve une boutique spécialisée dans les produits traditionnels, à savoir : l’anguille marinée ! S’il n’est pas forcément possible d’acheter le magasin, nous nous gâtons tout de même à renfort d’anchois en bocal, de sel de Cervia et de terrine d’anguille à tartiner… Et pour de ce qui est de goûter la bête, nous dégustons notre deuxième piadine du séjour au pied de la cathédrale, farcie cette fois à l’anguille marinée. Découverte insolite, mais vraiment très bonne ! A refaire…

En définitive : ces vacances ont permis de concrétiser un rêve d’enfant, de visiter des sites habituels de manière plus agréable qu’en été, de découvrir les transports en commun locaux, et de vivre en toute quiétude l’espace de quelques jours. Ce ne serait pas déjà réservé depuis 4 mois que je dirais bien « nous reviendrons » !


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