4 jours à Anvers

Comme d’habitude, chaque jour férié, chaque pont, chaque moment de libre est un prétexte pour nous évader. Et puisque le pont de l’Ascension a été qualifié de « pont naturel » par les hautes instances du métier de monsieur, pourquoi se priver ?

Nous cherchions une destination pas trop loin de chez nous, tout de même dépaysante, sans pour autant risquer de passer des heures dans les embouteillages ou d’y laisser un rein (voir deux selon les lieux). Anvers s’est imposée assez rapidement, bien que nous ne connaissions absolument pas la ville : le petit air de City londonienne couplé aux beaux monuments typiquement belges nous a convaincu.

Jour 1 – Cathédrale, brunch et tunnel sous l’Escaut

Nous sommes donc partis de nuit (toujours pour éviter nos compatriotes sur la route) et sommes arrivés à destination, malgré des pauses repos, à… 7 heures du matin. Direction donc le parking de l’hôtel, partagé avec un Lidl et un commissariat (si avec ça la voiture n’est pas en sécurité !), l’arrêt de tram situé au pied de ce dernier, puis le centre-ville afin de découvrir les lieux le plus tôt possible.

Le tram est vraiment facile d’utilisation : nous avons immédiatement opté pour un pass 3 jours d’une valeur de 15 euros. Largement rentable au regard du tarif unitaire du billet à 1.5 euros, sachant que nous avons tendance à « essorer » les villes où nous sommes en vacances.

Direction donc le centre-ville, avec comme destination première le Meir. Principalement connue pour être l’artère commerçante la plus fréquentée d’Anvers, cette avenue est également une petite merveille dès qu’on lève les yeux des vitrines : les bâtiments des XVIIIe et XIXe siècles nous dominent de leurs étages, les statues soutenant des balcons côtoient des dorures et des motifs floraux. L’avantage de se balader le matin ? Le nez en l’air, on ne dérange personne et on évite d’être bousculés ! On passe devant la salle des fêtes, lieu apparemment incontournable à visiter, ainsi que devant le Palais, mais c’était certain qu’au vu de notre heure matinale il allait falloir revenir !

Depuis le Meir, on est juste à côté de la gare centrale : nous bravons le vent qui descend la rue (qui avait parlé de 18 °??), nous passons devant des boutiques de diamantaires qui se succèdent (il nous faut quelques minutes avant de comprendre pourquoi toutes les vitrines sont vides) et franchissons enfin le seuil de la gare… pour entrer dans un autre monde. Qui a dit Poudlard ?

L’intérieur du bâtiment est incroyable : toute de pierre de taille avec des escaliers à double vantaux d’un côté, des escalators modernes et une structure métallique de l’autre, des trains sur deux niveaux… On peut totalement déambuler dans le lieu, aller voir les quais, prendre des photos devant des statues d’art moderne exposées là, bref, y passer un petit moment sans être inquiété de quelque manière.

En sortant de la gare, nous avons la surprise de découvrir une arche chinoise : c’est le début du quartier de Chinatown, dans lequel nous faisons quelques pas mais, à l’instar du Meir, nous nous disons de repasser plus tardivement afin de découvrir au moins des devantures ouvertes ! Et puis la faim commence à se faire sentir…

On reprend donc le tram / métro pour nous rendre dans l’hyper-centre. L’arrêt « Groeenplaats » est le plus pertinent puisqu’on arrive juste derrière la cathédrale, au cœur du quartier que l’on pourrait qualifier de « touristique ». On passe devant la statue de Rubens, natif du lieu, et on se dirige vers l’édifice gigantesque, tout de pierre blanche. On admire le monument des Pieter Appelmans qui se tient à ses pieds, on marche à moitié sur la statue de Nello et Patroche entremêlée dans le pavage de la place, et on commence à déambuler au fil des rues du quartier.

Nos pas nous emmènent à Grote Markt, LA place à voir à Anvers. C’est là que se trouve l’hôtel de ville monumental du XVIe siècle mais également la statue de Brabo, soldat romain légendaire pourfendeur de géant. Les maisons tout autour ne sont pas en reste, consistant pour la plupart en d’anciennes maisons de guilde.

Étape suivante : nous avons lu sur internet qu’une petite rue cachée proche de la place est à découvrir absolument… Le Vlaeykensgang se dévoile à nous par hasard, alors que nous mettions tout naturellement le nez dans une venelle : effectivement, ça vaut le coup ! Ruelle mais également passage d’une rue à l’autre, elle donne la part belle aux végétaux qui grimpent le long des murs et tombent littéralement du ciel. Tout ce qu’on aime !

Mais il est bientôt 9h et nous commençons à avoir très, très faim. Et la ville n’a pas l’air de se réveiller ! Les commerces restent fermés, les bistrots également, les rares ouverts nous informent qu’ils ne servent le petit déjeuner qu’à partir de 9h30… Et aucune envie d’aller au Starbucks de la gare alors que nous sommes dans un pays où la cuisine est qualitative ! Au bout d’un énième tour du quartier de la cathédrale, notre regard est tout à coup attiré par des gens en train de manger derrière une baie vitrée : nous avons trouvé notre perle rare en le Moment by Hotel O, salle de petit déjeuner de l’hôtel ouverte au public extérieur. Moyennant 19 euros par personne, vous pouvez littéralement vous régaler. Toast au saumon avec œuf Bénédicte, carpaccio de betterave (un délice), crudités, œufs brouillés, mais également salades de fruit, crêpes, viennoiseries, yaourts… Avec un choix de thé et de café, tout est fait pour vous remettre d’aplomb après plusieurs heures de marche ! Le décor est également totalement fou : une salle est entièrement décorée de caches de transistors, une autre ressemble à une véranda ultra-lumineuse avec des plantes (mais on est au rez-de-chaussée d’un hôtel, tout n’est qu’illusion). Même la descente vers les toilettes est sympa, c’est dire ! Bref, un bon moment qui nous permettra de tenir la durée de la journée !

On se remet en route, direction le Het Steen, le plus ancien bâtiment d’Anvers. Autrefois, ce château était englobé dans la muraille de la ville ; lors de l’aménagement urbain, il s’est retrouvé tout seul au bord du fleuve ! Il accueille aujourd’hui une antenne de l’Office de tourisme de la Ville (pensez à y récupérer un plan gratuit !) et on peut y visiter un petit musée sur l’histoire locale. Pas trop pour nous, vous l’aurez déjà compris au fil des autres articles ! Mais on prend plaisir à déambuler à l’extérieur du site et à essayer de reconnaitre quelque chose dans le bas-relief de « Semini » qui se tient au dessus de la porte d’accès. Plus ancienne des statues d’Anvers, datant probablement du IIe siècle, elle a un jour été intégrée à la façade du château. On aurait pu penser à un autre endroit au vu de sa caractéristique notable, à savoir son attribut masculin ! Ce dernier a toutefois été endommagé par les Jésuites en 1587, après la conquête d’Anvers par les Espagnols. Mais la statue est tout de même restée un symbole de fertilité et de prospérité !

Nous poursuivons notre journée en nous promenant le long de l’Escaut. Des hangars métalliques voués à la démolition ont fait l’objet de fouilles archéologiques : les panneaux d’interprétation situés le long de la promenade nous expliquent qu’il s’agissait de la zone sur laquelle les remparts étaient situés. Des projets de transformation du site en poumon vert sont ainsi en cours : les vestiges seront à nouveau recouverts, mais cette fois par de l’herbe, et non par un parking public !

Direction ensuite le tunnel de Sainte Anne, qui passe sous l’Escaut (oui oui) pour rejoindre l’autre rive. On emprunte donc les escalators en bois sur deux niveaux de descente avant de marcher 572 mètres SOUS l’eau pour enfin retrouver la surface de l’autre côté.

Là, le paysage est totalement différent : ça sent la mer, il y a des hautes herbes, des jeux pour enfant sur du sable, un festival en cours d’installation… On s’assied sur un banc pour admirer les monuments visibles sur la rive d’en-face, on marche le long de l’eau sous un magnifique soleil qui se lève enfin, puis on fait demi-tour pour retrouver le tunnel et le centre-ville. Car il faut donner à boire à Célestin… Petit arrêt au bar Absjaar situé Sint-Jansvliet pour déguster une bonne bière locale.

La déambulation en ville continue ensuite avec une nouvelle énergie : on emprunte la Hoogstraat commerçante pour retomber au bout sur la Grote Markt (la ville est sur un plan assez rectiligne, ce qui facilite grandement les trajets à pieds), puis on rejoint la Place Hendrik Conscience. Sur cette dernière trône l’église Charles Boromée (tiens tiens, on l’a déjà vu plusieurs fois en Italie celui-là) : de style baroque imposant, elle a été construite par les Jésuites entre 1615 et 1621, avec le concours du célèbre Peter Paul Rubens en tant que peintre-décorateur-architecte. Dommage que notre dicton favori « Chiesa Chiusa » se soit encore une fois révélé exact, car entre le plafond peint signé Rubens et le retable de 5 mètres de haut, on aurait eu de quoi regarder…

On passe ensuite devant l’ancien couvent des Augustins de 1615 aujourd’hui transformé en salle de spectacle, puis on va visiter l’église Saint André dont on croit d’abord qu’elle est fermée au regard des travaux monumentaux en cours : fausse alerte, il faut passer par le côté. Enfin fausse alerte… nous sommes gentiment mis à la porte au bout de 10 minutes de visite : ça ferme ! Mais on aura eu le temps d’admirer la chaire sculptée de 1821, clou du spectacle, non mais !

L’épuisement nous gagnant (et mine de rien, il est quasiment 17h !), nous faisons le choix de rentrer à l’hôtel pour nous y installer. Un petit tour de tram plus tard, nous voici installés au Park Inn by Radisson Antwerp Berchem, juste au dessus de la station de tram. Plus pratique, c’est impossible ! Le design de l’hôtel est vraiment sympa, la réception ressemble à un cabinet de curiosités et notre chambre donne sur une toiture végétalisée et l’espace intérieur du collectif : parfait !

Mais nous ne sommes pas là pour trainer à l’hôtel : après une mini-sieste, direction à nouveau le centre-ville, pour manger le repas du soir cette fois ! On en profite pour visiter le jardin botanique d’Anvers, censé abriter de nombreuses espèces de cactus mais dont la serre est malheureusement fermée pour une durée indéterminée… Qu’à cela ne tienne, il y a assez à voir à l’extérieur ! Il y a deux siècles, ce parc était un jardin de plantes médicinales de l’hôpital Sainte-Elisabeth situé juste à côté ; !es fans de jardins que nous sommes ont donc eu plaisir à découvrir les parterres de plantes médicinales ou aromatiques encore présentées en nombre. Une plate-bande spécifiquement dédiée aux cactus et aloe nous instille une pointe d’envie : ici, les agaves survivent à l’hiver sans geler, alors pourquoi pas chez nous ?

On passe également devant la maison de Rubens : dessinée par l’artiste en personne, elle s’inspire des palais italiens de la Renaissance. Aujourd’hui un musée, elle était FERMÉE lors de notre séjour… pour cause de restauration jusqu’en 2027. Allez, on accepte !

Le matin, nous avions repéré le terme « absinthe » sur une devanture de restaurant… Et le hasard faisant bien les choses, c’est le seul qui avait encore des tables pour deux de libre, en intérieur, et sans réservation ! La Brasserie Appelmans nous accueille donc au chaud pour manger de bons plats belges : carbonnade à la bière Triple d’Anvers pour moi, fish & chips au cabillaud pané à la bière pour lui, on a très bien mangé, on est calé et on a rattrapé d’un coup les calories perdues !

Jour 2 – Vente aux enchères, quartier marin, béguinage et chocolat

La journée débute par un bon petit déjeuner à l’hôtel (critère prédominant dans nos choix d’hébergements, comme à l’accoutumée). Et nous ne sommes pas déçus : un grand choix de salé (english Breakfast avec œufs brouillés / haricots / champignons / saucisses, charcuterie, fromages…) et de sucré (fromage blanc avec céréales et fruits secs, viennoiseries et pâtisseries – la forêt noire au petit déjeuner c’est trop pour moi par contre !). On part à l’aventure en ayant repris nos forces !

Première étape : une vente aux enchères en plein air apparemment très connue en Europe. Tellement connue que Monsieur pense avoir reconnu un habitué des marchés aux puces de notre secteur de vie ! Les particuliers peuvent apporter leurs objets et un commissaire-priseur se charge d’essayer de les vendre à la foule venue vraiment nombreuse.

L’objectif de ce matin est de découvrir le quartier Eilandje et sa zone portuaire. Là encore, on a l’impression de respirer de l’air marin, et le lieu est tellement différent du centre historique (pourtant tout proche même à pied, on a fait le trajet en moins d’une demi-heure) qu’il nous semble avoir changé de ville ! Le bassin (Bonapartedok, du nom de l’Empereur Napoléon) est surmonté d’un immeuble moderne abritant le MAS Museum, musée de l’histoire de la ville proposant une terrasse panoramique impressionnante. Moi et mon vertige, on vous croit sur parole !

En déambulant dans le quartier, nous le quittons malgré nous un petit peu, basculant ainsi dans le quartier des marins. A quoi nous l’avons remarqué ? Tout simplement aux charmantes femmes peu vêtues dans les vitrines des magasins ! J’avais lu sur internet que cette pratique était désormais quasi inexistante : je pense que le rédacteur de l’article n’a pas dû se promener dans la bonne rue ! Un petit tour histoire de terminer le circuit et nous retournons sagement au bord des bassins et des beaux bâtiments industriels réhabilités.

La matinée consiste donc en une promenade au gré des rues du quartier : nos pas nous emmènent toutefois, comme par hasard, vers les quais de l’Escaut et Madrasstraat où des bâtiments visiblement destinés au carénage des navires ont été restructurés en… bars lounge et restaurants. Là encore, Célestin ayant soif, nous faisons une petite pause dans un cadre qui rappellerait à nouveau un bord de mer.

Et puisqu’on est tout prêt : c’est l’occasion de découvrir une autre facette de la culture anversoise, celle des brasseries. Nous sommes en effet à deux pas de la Antwerpse Brouw Compagnie, brasserie indépendante à l’origine de la Seefbier créée dans les années 1600 ! La recette a été retrouvée par le brasseur, remise en circulation et depuis 2012, cette dernière est LA bière officielle de la ville. Pas forcément envie d’une nouvelle bière maintenant en plein après-midi, mais on ne résiste pas à acheter un petit coffret de 4 bières aromatisées coriandre et gingembre… Objectif : revenir ce soir pour les choses sérieuses !

Changement d’ambiance pour la suite : direction le béguinage d’Anvers pour une plongée dans un monde de quiétude. L’entrée du site est d’ailleurs très marquante : une simple porte cochère que l’on pense être celle d’une entrée d’immeuble donne accès à cet espace clos totalement hors du temps, datant de 1545. Virginie Laeremans, la dernière béguine anversoise, est décédée en 1986 : les petites maisons du clos sont désormais habitées par des particuliers, et le jardin central est réservé aux résidents… ou aux touristes polis et disciplinés, car le calme n’est pas une option ici !

Nouveau changement d’ambiance : on retourne au Meir pour visiter le Palais. Ce bâtiment a été édifié pour le riche marchand van Susteren, mais a connu par la suite des propriétaires plus célèbres, comme Napoléon Bonaparte, Guillaume Ier ou encore la famille royale belge. La cour intérieure vaut le coup d’œil, mais c’est surtout l’intérieur du bâtiment qui vaut le détour : je n’aurais jamais pensé devoir rentrer dans un magasin pour découvrir un lieu culturel ! Car en effet, la boutique The Chocolate Line est implantée DANS les appartements. La cuisine d’époque accueille donc les chocolatiers en plein travail ainsi que leurs œuvres en 3D, les présentoirs sont surplombés par des murs entièrement peints…. Insolite, mais vraiment sympathique à visiter !

Et pour rester encore dans le quartier, nous nous rendons à la Stadsfeestzaal, totalement restructurée pour accueillir… une galerie commerciale. Le consommateur marche donc dans une salle emplie de dorures aux plafonds et de grands escaliers monumentaux pour aller faire ses achats à l’hypermarché ou dans n’importe quelle chaine classique, le tout avec la musique à fond qui va bien avec. Surprenant… On prend donc un peu de hauteur dans le bar de la galerie pour une petite bière accompagnée d’une planchette de fromages locaux, avec une vue parfaite sur le plafond orné vers le haut et sur Disney+ en promotion de la nouvelle saison des Kardashian vers le bas. Deux salles, deux ambiances, on pourrait presque dire !

Et on retourne vers la brasserie pour manger notre repas du soir… Qui sera frugale. En effet, à 19h30, la cuisine avait déjà été coupée ! Pas moyen de manger le moindre petit plat, le personnel est intransigeant… On boit donc une petite bière toute seule avant de rentrer à l’hôtel ! Dommage, car le concept avait l’air vraiment bien : de grandes tables réparties dans une cour/jardin, avec des barbecues en libre-service pour se faire soi-même son repas. Il faut croire qu’en Alsace, on mange quand même trop tard par rapport à d’autres !

Jour 3 – A la conquête des églises

Ce jour-là, nous sommes à la limite d’une visite à thème puisque l’objectif est de voir tous les sites qui étaient fermés en semaine pour n’ouvrir que le week-end ! Direction en première lieu : la nouvelle bourse. Érigée pour la première fois en 1531, elle brûle à deux reprises, en 1583 puis en 1858 : le bâtiment néogothique que l’on visite correspond donc à sa troisième construction… mais nous ne sommes pas déçus pour autant. Dentelle de pierre, arcs boutant et cartes du monde peintes sur toutes les parois nous fascinent totalement, le tout dans un silence quasi complet, le lieu, bien qu’à proximité de la rue du Meir, étant tout de même un peu caché du regard pour qui ne s’intéresse pas spécialement à l’architecture.

L’avantage de ce bâtiment est son côté traversant : on se retrouve donc dans la rue parallèle qui permet d’accéder immédiatement à la Sint-Nicolaasplaats, petite placette bien dissimulée puisqu’elle nécessite de passer sous le porche d’une ancienne église pour être découverte. On admire son joli puits ainsi que les façades des maisons avant de repartir à l’aventure sous un ciel bleu splendide.

L’heure est désormais assez avancée pour rejoindre notre point de visite suivant : la cathédrale. Plus haut monument des Flandres du haut de ses 123 mètres, sa construction a nécessité 170 ans de travail… Aujourd’hui, elle est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO.

L’entrée du site est payante (sauf pour les guides, alors on dégaine la carte pro) mais se justifie honnêtement par les nombreuses œuvres d’art sublimes qui ornent les murs : ce n’est pas tous les jours qu’on approche un Rubens à moins de deux mètres ! Mais même si les tableaux sont magnifiques, ce que j’ai le plus adoré, c’était la crypte qui témoigne des vestiges de la première église primitive présente au même emplacement. Un effet hors du temps, dans une ambiance sombre et feutrée.

Petit bonus lors de notre venue : une cérémonie de mariage était en cours ! Nous avons ainsi pu bénéficier de la musique, et les mariés des regards supplémentaires des centaines de touristes qui passaient par là autour du périmètre dédié à l’office. A peine pas stressant, mais on va dire que c’était leur choix !

Direction ensuite l’église Saint Paul, que nous tenions absolument à voir et qui était fermée les deux premiers jours. Située au bord de l’Escaut, elle abrite une cinquantaine de tableaux de maitres, plus de 200 sculptures… et un calvaire en extérieur composé de 63 statues grandeur nature illustrant des scènes bibliques et notamment celle de la Résurrection. Un petit air de Sagrada Familia

Le soir arrive déjà et nous savons exactement où terminer la journée : à la brasserie artisanale De Koninck, située au cœur d’un complexe dédié à plusieurs bars, restaurants, mais également boucherie et épicerie. De quoi faire ses courses d’une porte à l’autre ! Mais avant de rejoindre le site, nous faisons un petit détour par le Parc de l’Harmonie dans lequel se tient une fête de quartier dans une ambiance « années 20 » : musique d’Harmonie (forcément), essai de draisiennes en tenue de smoking et chapeau pour les enfants, food trucks, kermesse… Les prés sont recouverts de nappes de pique-nique et il fait même encore chaud, tout pour terminer la journée de manière agréable.

Nous rejoignons finalement notre point d’intérêt, et découvrons un restaurant qui nous attire particulièrement de par son nom : le Black Smoke, qui propose entre autres à la carte des ribs fumés. Il n’en fallait pas plus pour nous décider, et nous avons de la chance : plus de place en intérieur… mais encore quelques unes de disponibles au Rooftop du 6ème étage ! La vue sur Anvers est entièrement dégagée, la terrasse est vaste et aérée, il y a de la musique et des bonnes odeurs : on va passer une belle soirée. Et le joli coucher de soleil sur la ville ne gâchera rien.

Fin de soirée calme à l’hôtel : pour compenser le gras des ribs, quoi de mieux que de s’installer dans les fauteuils du salon pour déguster, enfin, l’Élixir d’Anvers ? Sa couleur verte pourrait dissuader, mais il s’agit finalement d’une liqueur sucrée aux plantes. Parfait pour digérer !

Art nouveau et Urbex autorisé

Le dernier jour est déjà arrivé, mais nous faisons de la résistance, comme d’habitude. Après un copieux petit déjeuner d’adieu (il faut prendre des forces pour la journée, qui sait quand nous remangerons ??), nous prenons la direction du quartier Zurenborg, connu pour ses maisons de maitre de style art nouveau. Le trajet est aisé puisque le hasard fait que les rues les plus typiques se tiennent quasiment au pied de notre hôtel ! On déambule donc le nez en l’air au gré des rues et des maisons qui nous inspirent : mosaïques sur le thème des quatre saisons, balcons en fer forgé représentant une libellule, globes terrestres sur le toit, frises végétales et animales type « Mucha »… Un très joli quartier, où nous croisons des touristes en train de réaliser une visite guidée à vélo, ce qui s’y prête absolument parfaitement !

Et pour rester dans l’originalité, mais dans un style totalement différent : direction le village de Doel pour une plongée dans la série « The Walking Dead ». Situé à proximité du port d’Anvers, sa population a été expulsée pour permettre l’extension de ce dernier… Qui n’a pas eu lieu et qui, d’après les recherches que j’ai pu faire, ne se produira finalement jamais. Seuls 18 habitants peuplent encore ce village qui en comptait plus de 1000 dans les années 90, et ils ont réussi à résister à la destruction de leur lieu de vie. Ce dernier est devenu un lieu surprenant, où les maisons sont envahies par la végétation et entièrement recouvertes de dessins muraux. Les trottoirs sont cassés par les plantes, les stations services désaffectées se transforment en galerie d’art, l’église encore en activité présente de grosses fissures dans son plafond…

Mais tout cela crée une ambiance surréaliste, car des panneaux d’explication sont régulièrement présentés, montrant des photos du village « avant » sa désertification. Fête dans les rues devant des commerces ouverts, dont on ne voit aujourd’hui plus que des traces des devantures, école, dispensaire… On se promène à pied (une barrière « spécial résident » empêche l’accès) et même si on n’est pas tout seul (il y a même un bistrot), l’ambiance est tout de même un peu effrayante. La faute à tous les récits d’anticipation qu’on a déjà pu lire ?

Dernière étape avant de rentrer définitivement à la maison : boire et manger quelque chose, car il est déjà 16h ! Les « points d’intérêts » du GPS nous conduisent au Cortewalle, à son jardin, et naturellement son petit bistrot, le Koetshuis Cortewalle. La promenade est jolie, on profite au maximum du paysage avant de boire une bonne bière locale accompagnée de cubes de fromage. Les vacances s’achèvent donc sur cette bonne note !


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