Week-end médiéval à Annecy

Pour la Pentecôte de cette année, nous avions envie de de revoir les Grandes Médiévales d’Andilly qui se tiennent dans le village du même nom. Et forcément, si déjà nous sommes dans le secteur, autant en profiter pour nous rendre à Annecy ! Les billets pour les festivités achetés en ligne et l’hôtel réservé (avec quelques difficultés, tout était complet, à retenir pour nos prochaines pulsions de dernière minute), direction la Haute-Savoie avec un départ à 4h du matin depuis la maison.

Jour 1 – Annecy centre

Comme à notre habitude, nous débutons nos mini-vacances par un passage au Pont de la Caille. Mais si, ce pont de 192 mètres de long au dessus d’un gouffre gigantesque, je suis certaine que ça vous dit quelque chose. Le site a été totalement réaménagé depuis notre dernier passage : aire de pique-nique, végétalisation, cheminement piétonnier, et surtout panneaux d’interprétation du paysage qui nous expliquent, entre autre, que lors de la mise en service du pont, une tempête a soulevé le tablier jusqu’en haut des piliers ! Bon, entre temps, il y a évidemment eu des travaux de renforcement de l’ouvrage, mais dans le doute, c’est très joli aussi à regarder depuis la terre ferme ! Et c’est notre petit rituel qui montre que, ça y est, nous sommes arrivés à destination.

Direction tout de suite après le bord du lac d’Annecy, côté centre-ville. On trouve rapidement une place de stationnement (on aurait pas parié là-dessus au regard de la foule déjà présente à 10h du matin) et on se dirige vers la rive. Et là, le paysage est toujours aussi superbe : le lac est extrêmement propre, il y a des petits poissons qui nagent, des cygnes qui pêchent l’arrière-train en l’air (on est tout de suite moins digne avec une pose pareille), les pédalos sont de sortie, des gens se baignent, une vraie ambiance de bord de mer.

Promenade donc le long du Pâquier, passage sur le Pont des Amours (incontournable !), déambulation sur le quai Napoléon III, puis direction le centre-ville où un petit marché de produits artisanaux se tient sur le quai Semnoz.

On visite tout d’abord l’église Saint-François de Sales à l’entrée du quai, puis on se laisse porter par nos pas vers les rues étroites du centre, où un marché type brocante se tient sous les arcades. On dit ensuite bonjour au Palais de l’Île (et on constate la faiblesse du niveau de l’eau l’entourant…) Mais au bout de quelques minutes, la faim… et la soif, se font sentir. Il faut dire qu’il est 11h15 et que nous n’avons rien mangé depuis la veille au soir (ni bu, on y revient toujours). La chasse commence…

Nous trouvons assez rapidement chaussure à notre pied : le bar et cave à bières artisanales « Bieronomy Sainte-Claire » nous attire immédiatement. Superbe accueil de la part de la patronne qui nous explique son concept : des futs percés au fur et à mesure de leur consommation, et donc un choix qui varie au fil des heures. Adopté ! Malgré l’heure matinale, nous avons tout de même le droit à une jolie planchette réalisée par cette dernière, en accord avec nos bières locales. Une très bonne adresse, au calme sous les arcades qui plus est.

La promenade se poursuit dans la ville au gré de nos pas : on tombe par le plus grand des hasards sur la cathédrale, très discrète (il n’y aurait pas eu le panneau « passage des Célestins » qu’on ne se serait peut-être même pas arrêtés !) et pourtant majestueuse une fois qu’on la découvre. Datant du XVIe siècle, elle a été remaniée à plusieurs reprises ; son clocher est notamment détruit à la Révolution française. Saint François de Sales, dont nous avons précédemment visité l’église, y a officié comme évêque.

On se promène ensuite sur les rives du Thiou, le long de la promenade du Saint Sépulcre : on profite de la fraicheur des arbres, on se repose sous l’auvent du vieux lavoir en observant un berger allemand courir dans la rivière après des bâtons lancés par son maître, puis on retourne au centre-ville pour cette fois découvrir l’église Notre-Dame de Liesse qui, contrairement à la cathédrale, domine de haut une place de la ville.

Fondée au XIVe siècle sur initiative d’Amédée III, comte de Genève, afin qu’elle serve de sépulture à sa famille, elle est également remaniée plusieurs fois au fil des siècles. La Révolution française entraine la disparition de son cœur, situé à l’emplacement de l’actuelle place sur laquelle trône désormais une jolie fontaine à obélisque, lions et tortues. Une reconstruction a lieu mais l’orientation de l’église change : le style devient également néoclassique dit « sarde », la Savoie appartenant alors au Royaume de Sardaigne.

Nouvelle étape de l’après-midi : aller visiter le Musée-château d’Annecy. On gravit difficilement la pente (il fait TRÈS chaud), on voit le site apparaitre… de même que la queue monstrueuse pour rentrer à l’intérieur. Nous déclarons forfait, car nous étions plus intéressés par l’architecture du château en lui-même que par les musées qui sont aujourd’hui situés en son sein. Et pas moyen d’aller ne serait-ce que regarder la cour depuis la barrière, faire la queue est obligatoire ! Tant pis, on reviendra… en hiver ?

On se rabat donc sur un souvenir d’enfance de monsieur, avec la visite du château de Montrottier. Initié au XIIIe siècle, ce château perd au fil des siècles sa fonction défensive pour devenir un lieu de résidence. Le duc Amédée de Savoie (celui de la cathédrale) y a notamment vécu, mais c’est le dernier hôte en date qui nous intéresse particulièrement : Léon Marès.

Léon Marès était un collectionneur, passionné d’objets divers et variés venant de toutes les civilisations connues. Ce dernier pourrait être qualifié de grand voyageur, si l’on ne savait pas qu’il n’a en réalité jamais quitté son château ! Tout lui a été rapporté directement à domicile : armes, tenues traditionnelles, vaisselle, mais également peaux de crocodile, carapaces de tortues, jeux d’échec en ivoire sculpté… Il y a de tout, les salles sont assez encombrées, on est très loin de la muséographie actuelle mais les gestionnaires du château ne peuvent rien faire contre cela : le don en 1916 de l’ensemble de la collection interdit la moindre modification. Autrement dit : les vitrines sont figées, au centimètre près, depuis 1916.

Les pièces dédiées à la collection sont accessibles uniquement avec un guide (prévoir 30 minutes) ; pour le reste du château, libre accès à toutes les pièces et au donjon ! Le jardin est lui aussi visitable, mais nous sommes venus un jour de mariage, et il avait été privatisé pour le cocktail du soir… Nous n’avons que pu l’admirer du haut des murs. Et en plus, nous avons à nouveau été victimes de nos habitudes : nous avons gentiment été « chassés » du lieu à sa fermeture, alors que nous n’avions pas encore visité l’intégralité du site. On reviendra, c’est un prétexte !

La soirée approche : il est temps de nous installer au Sure Hôtel by Best Western Annecy avant de rejoindre notre lieu de restauration…

Pour Noël, nous avions reçu une Smartbox contenant un repas pour deux personnes dans le restaurant de notre choix. Nous avons donc choisi le restaurant l’Olivier à Annecy centre, passage du Pré carré. Une cuisine du sud de la France revisitée qui nous a fait voyager, une jolie terrasse, une bière locale et un digestif au genépi : quoi de mieux pour terminer une première journée bien intense ? Mention spéciale à la pissaladière sorbet citron vert et sardines (photo du centre) : un délice. En bref, une excellente découverte.

Jour 2 : Marché d’Annecy et médiévales d’Andilly

Le petit déjeuner, c’est le repas le plus important de la journée. C’est pour cela que nous prenons ce moment très au sérieux, et que nous tentons de goûter au maximum les produits locaux. La salle de restauration de l’hôtel propose une décoration vintage, mettant le formica à l’honneur : pas un seul meuble n’est identique à l’autre, et on adore ! Mais on mange tout de même en terrasse pour profiter du soleil et de la vue sur un bateau de plaisance posé là en décoration. ça fait vacances !

Direction ensuite le centre-ville d’Annecy pour nous promener au cœur du marché du dimanche matin : fruits et légumes, fromages, viandes, vêtements, antiquités, il y a de tout et pour tout le monde, et là aussi, on adore ! La foule est toutefois très dense, et essayer de la fuir en prenant des rues parallèles permet finalement de découvrir encore d’autres petits coins de la ville qui nous avaient échappés la veille.

Les Médiévales d’Andilly, c’est aujourd’hui ! On décide de nous y rendre pour le milieu d’après-midi, l’objectif étant de pouvoir bien profiter des animations sur le site sans pour autant être éreintés pour assister au spectacle de 22h30. Et cette fois, nous sommes équipés plus que correctement : bonnes chaussures, casquette, lunettes de soleil et gourde d’eau plate, mais également parapluie, ecocup et plaid pour le soir (TOUT est prévu).

En bref, Andilly, c’est de la reconstitution historique toutes périodes confondues : artisanat d’époque, spectacles de rapaces, démonstration de techniques de combats ou d’attaque d’une tour (avec rapt de la princesse en détresse par les vilains barbares), scènes de vie quotidienne… On retrouve des vikings, des romains, des paysages médiévaux bien de chez nous, mais également des créatures fantastiques : faunes et elfes déambulent librement dans le sous-bois et vendent également leur artisanat. On peut goûter des plats d’époque ou des insectes, boire des bières ou des breuvages inconnus : pour notre part, nous sommes allés à la rencontre du stand du pays invité de l’année, à savoir l’Île de Pâques, soit le Chili, et découvert le Pisco, une eau de vie, dans un bon cocktail culturellement intéressant.

Et à 22h30, c’est le spectacle nocturne : joutes équestres, funambules au dessus de la foule, danse aériennes avec des rubans, on s’imagine bien au Moyen Age, lors des festivités organisées par les seigneurs. La foule est immense mais nous arrivons à trouver une bonne place en hauteur pour profiter de l’intégralité du spectacle, toujours aussi hypnotisant. La magie se poursuit jusqu’à la fin de la journée, puisque les bénévoles du spectacle tendent des torches aux visiteurs pour qu’ils s’éclairent jusqu’à la sortie : 16000 personnes marchant dans le même sens avec des flambeaux en main, ça fait de l’effet. Il va de soit qu’avec une telle foule, nous n’avons jamais réussi à retrouver les membres de la famille également présents dans le parc !

Seul inconvénient : beaucoup de spectateurs se permettent de se lever pendant le spectacle et de se précipiter vers la sortie avant les autres afin de ne pas se retrouver coincés dans les embouteillages de sortie de parking, engendrant de ce fait d’autres mouvements de population encouragée par cette initiative. En bref : ce n’est pas poli pour les artistes, ça dérange tout le monde… mais surtout, ça isole les voitures de ceux qui restent jusqu’au bout ! D’un parking complet où les véhicules étaient rangés les uns à côté des autres, on retrouve au bout de quelques minutes le terrain vague d’origine dans lequel se trouve, quelque part, une pauvre 308 désormais esseulée… Heureusement que les voitures font maintenant de la lumière quand on les appelle !

Jour 3 – Jardins secrets

Monsieur a de la famille dans la région proche d’Annecy : nous avons donc passé la nuit précédente à Vaulx, chez son oncle et sa tante qui développent une activité de maison d’hôtes. Et en toute objectivité : j’ai adoré ! Située à l’étage de la maison d’habitation du couple, la chambre donne sur leur magnifique jardin paysager, sur les collines alentours ainsi que sur l’église du village. Personnellement, j’aime dormir les volets ouverts, et quel plaisir d’être réveillée par un rayon de soleil rentrant dans la chambre au son du clocher ! Un balcon domine le jardin et permet de profiter des premiers rayons de la journée en tout intimité, dans la mesure où il n’y a absolument aucun vis à vis. On se sent vraiment en vacances. La chambre en elle-même est également très belle : nous n’avions pas vraiment eu le loisir de l’admirer la veille à 2 heures du matin, c’est désormais chose faite.

La journée est plus calme que les deux précédentes : on profite de la famille, on rend visite aux cousins, on mange un bon repas réunionnais qui nous rappelle plein de souvenir de notre voyage de noces…

L’après-midi est déjà entamé, et nous devons déjà repartir gagner notre vie pour financer le week-end suivant… Mais nous faisons de la résistance, comme à l’accoutumée : direction les Jardins secrets de Vaulx !

Les Jardins secrets sont façonnés à la main par plusieurs générations d’une même famille, depuis plus de 40 ans. A l’origine du projet : une maison à retaper et une envie de créer un joli jardin pour soi. Mais ce dernier ne reste, paradoxalement, pas secret très longtemps ! Il suscite l’intérêt des curieux et en 1994, la famille ouvre les portes du jardin au grand public. Depuis, le lieu est identifié comme incontournable dans les guides touristiques. De notre côté : on a adoré ! Déjà qu’on adore les jardins, mais alors là… c’est un site de 7000 m², totalement accessible à tous au gré des déambulations. Le parcours est libre, on va là où nos pas nous portent au gré des plantes ou des décors qui nous attirent. On voit également les espaces en travaux, preuve s’il en fallait une que l’extension du site se poursuit encore… Un plaisir pour les yeux. Et pour une fois, nous n’avons pas été chassés pour cause de fermeture au public, alors que nous avons raté l’heure de fermeture de plus d’une demie heure : les propriétaires ont été tolérants… On reviendra dans quelques années voir la suite !

Conclusion de ce week-end : de l’urbain, du lacustre, du médiéval et du floral, tout pour se ressourcer pour la dernière ligne droite avant les vacances d’été !


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