Octobre ensoleillé à Florence

« Comment ? Vous adorez l’Italie et vous n’êtes jamais allés à Florence ? ». Il n’en a pas fallu plus que cette simple petite phrase, illustrée du récit de merveilles à visiter dans cette belle cité, pour nous faire réserver 4 nuits d’hôtel à 800 km de chez nous !

Il est vrai que nous n’étions jamais descendus tellement au sud de la botte italienne, pour une raison déjà toute simple : le rapport « congés disponibles / météo / période touristique » n’était jamais favorable. Autrement dit : faire 8 heures de voiture en un week-end prolongé pour subir 40°C à l’ombre dans des rues envahies de touristes français ne nous tentait pas ! Mais là, avec un joli pont du 1er novembre, les circonstances deviennent bien plus favorables à une excursion un peu plus longue distance…

Et pour gagner du temps, nous partons comme à l’accoutumée directement le vendredi soir, afin de rouler de nuit. Quitte à être fatigués de la semaine, autant profiter au maximum de notre temps libre sur place ! La route se fait facilement (même si Côme a décidé de réparer TOUTES les bretelles d’accès à l’autoroute en même temps, mais c’est un détail auquel on commence presque à être habitués), et nous arrivons à l’hôtel aux environs de 9h du matin, après avoir dormi quelques heures sur une aire d’autoroute.

Nous avons choisi un hôtel avec parking, et surtout à proximité directe de la ligne de tram reliant le centre-ville de Florence. A peine arrivés, nous empruntons directement ce moyen de transport, et arrivons au pied de Santa Maria Novella en quasiment 20 minutes : une rapidité qui serait impossible à atteindre en voiture, d’autant plus que la ville est classée « ZTL », soit « zone à trafic limité », soit un mélange de notre vignette Crit’air et d’un pass réservé aux résidents.

C’est donc parti pour la première journée d’aventure à Florence…

Jour 1 : déambulation le nez en l’air et jardin botanique

Pour ce premier jour, nous n’avons fixé aucun programme, l’objectif consistant surtout à découvrir le centre-ville, son organisation, à repérer les rues et monuments intéressants, bref à apprivoiser notre environnement. Nous décidons assez rapidement de rejoindre la cathédrale, dont le dôme est visible depuis à peu près toute la ville au travers des rues : nous ne sommes pas déçus du voyage ! Ce bâtiment est juste gigantesque, posé sur une place qui l’est tout autant. Immense en largeur, en hauteur, en longueur, de pierre blanche et verte, avec des mosaïques, des statues, des rosaces… Le campanile, comme quasiment tout le temps en Italie, est dissocié de l’église et s’élance à sa droite ; le baptistère, quant à lui, est situé au premier plan. Nous allons immédiatement regarder ses portes d’entrée dorées, œuvre de Ghiberti dont nous apprenons que les originales sont exposées au Musée de l’œuvre. Nous notons ce dernier sur notre liste de choses à faire, confirmant ainsi notre petit programme rédigé avant notre départ.

Nous laissons ce complexe derrière nous afin de poursuivre notre déambulation : direction le quartier Saint Laurent et sa basilique. Cette dernière nous donnera d’ailleurs du fil à retordre durant ce séjour, car elle sera systématiquement fermée à chaque fois que nous passerons devant… jusqu’à en obtenir finalement un billet d’entrée !

Après un petit passage dans la halle du marché de Saint Laurent, réputé pour ses produits locaux, nous choisissons de nous restaurer dans un petit bistrot situé Canto de’ Nelli, le Fermento. Bières artisanales et panini au pulled pork (on ne dirait pas, mais c’est un plat typique du coin !) nous remettent d’aplomb, car la fatigue de la nuit commence à se faire sentir.

Après cette pause sympathique, nous reprenons la route vers cette fois le quartier de l’Oltrarno, afin de franchir le fleuve Arno par le Ponte Vecchio, image célèbre de la ville de Florence. Et là, j’avoue être un peu surprise : je m’attendais à découvrir un pont coloré style Renaissance, je me retrouve face à un élément totalement médiéval, avec des boutiques enchevêtrées, des terrasses donnant sur le fleuve… On est projeté des siècles en arrière et je ne peux m’empêcher de penser à la scène du film « Le Parfum » durant laquelle une maison se décroche d’un coup ! Mais le cinéma étant ce qu’il est par rapport à la vraie vie, nous franchissons le fleuve sans encombre.

De l’autre côté, nous arpentons quelques petites rues avant de nous diriger vers le Palais Pitti. Réalisé par un apprenti de Brunelleschi pour le marchand Luca Pitti, qui voulait que sa résidence soit la plus somptueuse de la ville, il est racheté par la famille de Medicis au XVIe siècle. Au fil des siècles, le Palais garde son prestige et devient même le lieu de Résidence du roi Victor Emmanuel III, lorsque Florence est capitale de l’Italie, avant de devenir le musée que l’on connait. Que l’on connait vraiment tous, d’ailleurs, au regard de la file d’attente monstrueuse qui nous accueille alors qu’il est déjà presque 15 heures…

Nous décidons donc de longer le Palais afin d’aller admirer un monument un peu moins connu mais tout de même intéressant : la porte romaine d’entrée dans la cité, encore en élévation et parfaitement conservée. Porte qui a d’ailleurs l’avantage de se situer juste à côté d’une entrée bien moins connue que la précédente permettant d’accéder aux jardins de Boboli… sans faire la queue !

Les grands fans d’espaces verts que nous sommes ne peuvent pas résister à la tentation, et nous prenons immédiatement nos entrées : le parc ferme à 18h30, il reste donc encore beaucoup de temps pour en profiter (ce qui est un critère à prendre en compte au regard du prix du billet : 11 euros par personne, sans réductions possibles – même avec la carte professionnelle de guide)

La promenade est très agréable et nous fait passer dans des espaces variés : bassin accueillant en son centre de nombreux citronniers, orangeraie, panorama sur la ville, fontaines, statues, baignoires romaines (en grand nombre, à se demander comment elles sont arrivées là !), grottes artificielles… des familles sont installées sur les pelouses avec leurs enfants, le lieu est effectivement bien propice aux piques-niques. Nous essayons évidemment de reconnaitre des endroits décrits dans le livre « Inferno » de Dan Brown, que nous n’avons pas manqué de lire avant de préparer notre séjour !

Nous quittons le site exactement à 18h30 (sans nous faire chasser par les gardiens, pour une fois) et décidons de rejoindre une petite place animée, totalement bordée de cafés et de restaurant, la piazza Santo Spirito, afin de nous désaltérer avant de rentrer à l’hôtel. Le Caffé Ricchi répondra au cahier des charges tout en nous faisant un peu sourire : nous qui essayons laborieusement de communiquer en italien, nous réalisons très rapidement que le personnel le parle encore moins que nous et ne comprend que l’anglais ! Dommage, on aura essayé.

Et après toutes ces premières émotions de la journée, il est temps d’aller nous reposer et de découvrir notre chambre d’hôtel. Nous avons élu domicile au Best Western CHC Florence situé Via Francesco Baracca, à même pas 10 minutes à pied de l’arrêt de tram qui nous permet de rejoindre le centre-ville. La chambre n’était pas encore disponible à 9h du matin, mais le réceptionniste avait pris nos valises en nous garantissant qu’elles nous attendraient dans notre chambre le soir, nous évitant ainsi de devoir les laisser dans le coffre de la voiture toute la journée. Nous découvrons donc notre lieu de résidence pour les 4 jours à venir avec plaisir : le temps de ranger les affaires, à 21h30, extinction des feux !

Jour 2 : quartiers San Marco et Santa Croce

La journée démarre du bon pied avec un petit déjeuner à volonté (la qualité de ce dernier – associée à la présence d’un parking pour Titine, étant un critère totalement obligatoire). Jambon italien, petits pains fourrés à la crème, pruneaux cuits au sirop, jus d’orange sanguine… on fait le plein pour débuter la journée en pleine forme !

Direction le quartier San Marco, afin d’y visiter ses jolies églises. Et là, notre dicton « chiesa chiusa » nous rattrape ! L’église de la Santissima Annunziata est inaccessible aux touristes durant la messe (logique)… mais une messe est célébrée toutes les heures et elle ferme ensuite de midi à 14h ! Le couvent de l’église Saint Marc est en travaux de restructuration (de même que toute la place devant le bâtiment, visiblement il y a une extension de la ligne de tram en cours), et l’hôpital des innocents est visitable moyennant la modique somme de 16 euros par personne. Bref, tout cela est un peu décourageant, et nous nous notons de revenir le lendemain, en jour ouvré, afin de retenter notre chance dans l’église dont nous avons pu voir seulement le patio (déjà bien impressionnant, soit dit en passant).

Nous faisons donc le tour du bâtiment par simple curiosité (histoire « d’essorer le quartier », comme on dit !) et découvrons alors l’entrée du jardin botanique de l’Université de Florence : nous nous laissons évidemment tenter, d’autant plus qu’il y a la possibilité de prendre un billet légèrement majoré valable trois jours qui permet d’aller visiter également le musée de paléontologie. Les dingues de dinosaures que nous sommes ne peuvent évidemment pas résister ! Tarif total : 0 euros pour lui, 0 euros pour moi, le site accordant la gratuité aux professionnels du tourisme européens.

Le jardin est beaucoup plus grand qu’il n’y parait de l’extérieur : nous y passons facilement 2 heures à déambuler dans les différents espaces, à rentrer dans les serres équatoriales, à tenter de reconnaitre nos plantes domestiques qui ont un tout autre aspect dans un climat chaud et humide (coucou à ma « Corne de cerf » qui n’aime pas le climat alsacien).

Après ce passage botanique, nous arrivons à glisser notre tête dans l’église de l’Annonciation (où des baptêmes sont célébrés, cette fois !), et rejoignons le centre-ville en passant par la Place de la République, puis à nouveau par le quartier Saint Laurent (avec son église fermée) afin d’aller admirer le patio du palais Medici-Riccardi (en concurrence directe avec le Palais Pitti au XVe siècle, les fenêtres du second devant dépasser en taille la porte du premier, selon la volonté de son propriétaire d’alors !)

Nous rejoignons les rues commerçantes mitoyennes de la cathédrale, et voyons par hasard dans une venelle une lampe suspendue entourée de lierre… puis la mention de bar « Serre Torigiani » … Notre curiosité est piquée, nous nous avançons et découvrons un bar dans une cour intérieure type médiévale, avec une serre au milieu dans laquelle des clients consomment des cocktails, mangent des planchettes… Des plantes et de la bière locale pour reprendre des forces, quoi de mieux en vacances ? Allez, on vous donne l’adresse cachée : Piazza dei Tre Re !

Une fois nos forces restaurées, nous visitons rapidement le marché de la rue Calimala afin d’aller câliner le nez du « Porcellino », qui s’avère être en fait une grosse statue de sanglier ! Le but du jeu ? Glisser une pièce de monnaie dans sa gueule, retirer la main, et faire un vœux si cette dernière tombe directement dans la fontaine sans toucher la grille. Et évidemment faire une petite caresse sur le groin de la bête, totalement poli à force d’être touché ! Ça, c’est la théorie, car en pratique, je n’ai même pas pu prendre une seule photo de la bête, envahie de touristes du matin au soir. Même en sortant de table après le repas du soir il m’a été impossible de lui toucher la truffe !

Direction ensuite la Piazza della Signora sur laquelle trône le Palazzo Vecchio. Construit en 1299 afin d’abriter les bureaux de la nouvelle République Florentine, il est alors nommé « Palazzo della signora » ; il prend son nom de « vieux » lorsque Cosme 1er choisit de le déserter afin d’aller habiter le palais Pitti.

Ce palais domine une fontaine de Neptune, lequel porte d’ailleurs les traits de Cosme 1er : au dire des Florentins, l’œuvre n’était toutefois pas une réussite : son surnom « le gros blanc » en témoigne ! Et le long de la place se tient également la Loggia dei Lanzi, qui permet d’observer quelques reproductions de statues florentines célèbres dispersées dans les musées de la ville.

Il est possible naturellement d’aller visiter le Palais : la salle des Cinq Cent s’y trouve d’ailleurs, et il est certain que c’est un incontournable à ne pas rater. Toutefois, le temps magnifique – inespéré, au vu des prévisions météos – nous incite à profiter au maximum de la ville en extérieur, et de nous réserver les musées en cas de revirement météorologique. Nous visitons donc juste le rez-de-chaussée, librement accessible, et continuons notre promenade.

Nous remontons donc vers le musée national du Bargello (dont le parvis est transformé en terrasse de café, le concept est intéressant !), puis allons voir la Maison natale de Dante de l’extérieur. Maison natale qui n’a d’ailleurs certainement jamais vu la naissance du poète, mais qui date de la même époque, donc c’est pareil, non ? Bref, nous ne visitons pas, mais nous regardons tout de même la petite église de quartier qui elle, par contre, a certainement accueilli Dante à de nombreuses reprises.

On se dirige ensuite vers la basilique Santa Croce, la plus grande d’Italie pour l’ordre franciscain. Fresques murales incroyablement bien conservées, cloître intérieur, tableau de Vasari accroché au mur sans aucune protection… Quelques œuvres ont d’ailleurs vécu des moments difficiles en 1966 : l’Arno a débordé et l’eau a atteint plus de 2 mètres de hauteur dans tout le quartier… l’église n’a pas été épargné et certains tableaux sur panneaux de bois médiévaux ont été restaurés très récemment seulement.

Pour ne pas déroger à la tradition, nous sommes expulsés gentiment par les gardiens, l’heure de fermeture ayant sonné !

Nous terminons notre journée en repassant par la Piazza della Signora, dont le « grand blanc » est illuminé, et remontons vers la cathédrale pour retrouver notre petit bar caché de l’après-midi et le découvrir en mode « nocturne », et y déguster une bonne planchette de produits locaux agrémentée d’un verre de vin toscan. Et en dessert, un petit negroni sbagliatto, Célestin adore et on ne peut rien lui refuser…

Jour 3 – la tournée des églises

Aujourd’hui, c’est décidé : nous tentons de visiter les églises fermées depuis deux jours ! On commence avec celle dédiée à Saint Laurent. Conseil voyageur : venez tôt, car le site est visiblement prisé des tour-opérateurs. Nous passons in extremis devant plusieurs groupes à la caisse, et pouvons profiter de la visite dans un calme relatif. Car, surprise ici : les églises ne sont pas forcément un lieu de calme (ou même de piété), et ce malgré le billet d’entrée. Nous avons quand même bien ri en observant deux vieilles femmes en Face time sur leur téléphone en train de parler à un bébé qui gazouillait !

La basilique de Saint Laurent a été transformée en 1418 par Brunelleschi, l’auteur de la coupole de la cathédrale, et les deux chaires exposées de part et d’autre de la nef sont l’œuvre de Donatello : des patronymes célèbres qui expliquent à eux seuls la foule devant le portail. La coupole de l’ancienne sacristie, de Giuliano Pesello, nous a pourtant beaucoup plus marqués : d’un bleu sombre, elle représente le ciel exact du 4 juillet 1442, mais avec les signes du zodiaque.

Nous pouvons accéder ensuite au cloître de la basilique, mais pas à la Bibliothèque laurentienne, réservée aux chercheurs. Il faut vraiment que je demande ma carte professionnelle qui me permet (normalement, en France du moins !) d’accéder à ce type de lieux…

Direction l’église suivante, et il ne sera pas dit qu’on ne visitera pas l’église de l’Annonciation ! Et pourtant : troisième tentative, troisième échec : il y a de nouveau une messe en cours lors de notre venue. La chance est toutefois de notre côté, puisque le petit édifice religieux mitoyen, la chapelle Saint Luc, n’ouvre que le lundi matin : nous découvrons donc des peintures murales sublimes, dont les personnages ont l’air de sortir des murs… Mais dépêchons, car il est déjà 12h25 et elle ferme à 30 !

L’après-midi débute avec un lieu particulièrement imposant : le baptistère de Saint Jean. Nous avons fait le choix d’acquérir le « Giotto Pass » qui donne accès à la cathédrale Santa Maria del Fiore et à la crypte de Santa Reparata, au campanile de Giotto, au Musée de l’œuvre, et naturellement au Baptistère. Et le tout en version « coupe-file », ce qui n’est pas négociable au regard des files longues de centaines de mètres qui entourent la cathédrale durant des heures. Alors, forcément, c’est plus cher (compter 20 euros par personne, sans réductions), mais au moins vous voyez autre chose que les pavés de la place !

Le baptistère est ouvert… mais est en travaux. Nous ne voyons donc pas la coupole de mosaïques, et la bâche enduite ne rend évidemment pas le même aspect que l’original. Une visite guidée du chantier est possible, mais la hauteur sous plafond avoisinant les 40 mètres sur escalier métallique rend inabordable l’idée même de souscrire à cette prestation… On reviendra, pas le choix !

On poursuit l’après-midi en déambulant dans le quartier de l’église Saint Ambroise, très étudiant : on s’arrête d’ailleurs dans un café, l’Artigianale, qui donne directement sur un cloître intérieur et sert d’espace de co-working /révision à des personnes de tout âge. Je m’y verrais bien écrire mes articles !

Non loin de là, on se promène en prison. Enfin, en ancienne prison, réhabilitée en immeuble de rapport ! Plate-formes métalliques reliant les niveaux entre eux, portes en bois de cellule servant d’éléments de décoration, balcons rajoutés sur cour aux hauts murs, l’ambiance est beaucoup plus décontractée ! Et non loin se trouve le marché des antiquaires : nous y faisons un petit tour, sans conviction quant à la vaisselle et au mobilier exposés !

Et on termine la journée avec le Musée de l’œuvre. Personnellement, et vous l’aurez compris, je ne suis pas une grande adepte des musées. Mais celui-là, c’est différent. Déjà, on peut y voir l’original des portes du baptistère, réalisées par Ghiberti et Pisano. Après un cycle de restauration débuté en 1979, ces dernières sont désormais visibles sous vitres, et on pourrait rester des heures devant à en admirer les détails. Point positif : même personnes aveugles peuvent se rendre compte de la beauté des œuvres exposées, puisque des répliques destinées spécifiquement à la manipulation sont régulièrement présentées dans les salles, avec cartel en braille. C’est un peu troublant de toucher des objets dans un musée, mais on y prend goût, et cela permet de découvrir des détails cachés.

Autre point positif : la muséographie, moderne, aéré, lumineuse, alternant objets suspendus aux murs et maquettes en 3D, manuscrits sous vitre et écran tactile permettant d’en tourner les pages numérisées… Bref, on a adoré et on a été surpris de l’être !

Le repas du soir se déroule dans un lieu totalement insolite, au pied même du baptistère, le Move On : bar au rez-de-chaussée, disquaire à l’étage… et vue sublime depuis un balcon sur la cathédrale illuminée. On déguste une focaccia à l’aubergine et aux tomates confites et un assortiment de crostini, accompagnés d’une bière artisanale.

Jour 4 – vous avez dit vertige ?

Aujourd’hui, on se crée des émotions, en commençant tout d’abord par grimper en haut du campanile de Giotto. Car oui, avec le « Giotto pass », on bénéficie d’une heure de passage pour monter à 85 mètres de hauteur. Si monsieur a réussi à gravir les 414 marches et à se rendre sur la terrasse panoramique pour admirer le paysage, j’ai toutefois dû m’arrêter à l’avant-dernier palier, le dernier encore assez cloisonné (et donc encore tolérable) pour une personne souffrant de vertige. Le vent violent, augurant de la tempête qui arrivait progressivement sur l’Europe, rendait d’autant plus impressionnante la montée. Mais je peux le dire : on l’a fait !!

Une fois redescendus sur la terre ferme, nous passons d’un extrême à l’autre en nous rendant directement dans la crypte de Santa Reparata, située sous la cathédrale : on y admire les mosaïques du sol de cette première église primitive, parfaitement conservées. Là aussi, la muséographie est moderne, alliant circuit au-dessus des mosaïques et projection de vues 3D du bâtiment au fil des époques.

On remonte finalement au niveau du sol pour aller admirer la fameuse coupole de Brunelleschi : 115 mètres de hauteur, pour 45 mètres de diamètre, représentant le Jugement dernier. Hypnotisant, grandiose, et une forte envie de se coucher sur le dos par terre pour pouvoir en admirer les détails. On aperçoit au passage des visiteurs en train de marcher le long de la corniche : ils ont souscrit au « Brunelleschi Pass », qui leur donne accès à l’intérieur de la Coupole, mais également à la corniche extérieure en haut du Dôme. Une denrée rare, puisque tous les créneaux étaient réservés jusqu’au jeudi suivant !

Après toutes ces émotions, nous nous restaurons sur la terrasse de notre restaurant de la veille au soir, afin de déguster, pour l’un, un « Campari Spritz », et pour l’autre, un « Italicus Cup », nous faisant ainsi découvrir une nouvelle base à cocktail. Célestin adhère…

Pour ce dernier après-midi sur place, il était logique d’aller utiliser notre billet pour le Musée paléontologique ! Il est certain que ce n’est pas forcément à ce musée-là que l’on pense spontanément quand on évoque Florence, mais écoutez, personnellement, je n’avais jamais vu de squelettes de Mammouth ou de baleines, et ce musée était tout ce qu’il y a de « vintage » dans le bon sens du terme : des frises chronologiques avec des maquettes de dinosaures, des armoires en bois remplies de fossiles et d’ossements d’animaux, une salle d’exposition temporaire nommée « Tales of a whale »… On y a passé un très bon moment, et on recommande !

Bonus de l’après-midi : en sortant de ce musée, que ne voyons-nous pas ? La porte de l’église de l’Annonciation ouverte ! Ni une, ni deux, nous fondons et nous visitons (ENFIN) cet édifice qui nous a tant résisté…

Et comment être en Italie sans manger dans une Trattoria ? Nous découvrons par hasard le restaurant Mamma Gina, et nous nous sommes régalés. Le menu est volontairement atypique : cela fait plusieurs jours que les « tripes à la florentine » nous font de l’œil dans les menus de différents bistrots, sans que nous osions y goûter. Voici chose faite pour moi, et c’était très bon. Et pour monsieur, quoi de mieux qu’une cervelle frite pour sortir de sa zone de confort ? En dessert, on reste pour le coup sur du classique, avec un tiramisu maison pour lui et un Amaro del Capo pour moi !

Jour 5 – les touristes font de la résistance

Toutes les bonnes choses ont une fin, il faut déjà refaire les valises et rendre la clef de notre logement des quatre dernières nuits. Mais comme toujours, nous profitons du moindre instant sur site ! Après un copieux petit déjeuner (avec les actualités italiennes en boucle à la télévision qui nous remettent déjà un pied dans la réalité du moment…), nous nous rendons sur la Piazzale Michelangelo, au-dessus du jardin de Boboli. D’après les guides touristiques, les deux lieux n’étaient distants que de 5 minutes ; d’après notre expérience, les 5 minutes concernent un marathonien en pleine possession de ses moyens, car nous étions bien contents d’être en voiture cette fois-ci !

La vue vaut toutefois entièrement le déplacement : le panorama sur la ville est magnifique, et on repère tous les monuments que l’on a pu admirer à pied. Et on réalise qu’on a tout de même particulièrement bien marché ces derniers jours (même si le podomètre en témoigne déjà de lui-même !).

On en profite pour visiter l’église de San Miniato al Monte, puis celle de Santa Maria Assuntanella… enfin, tenter de les visiter, puisque c’est la Toussaint, et que les messes sont en cours sur les deux sites ! Nous visitons donc le cimetière paroissial à la place, qui présente des monuments remarquables. Mais l’ambiance est particulière en ce jour, nous ne nous attardons pas.

Nous en profitons pour passer par la boutique du monastère tenue par un moine afin de nous réapprovisionner en Elixir de Chartreuse, une valeur sûre déjà achetée à Pavia l’an passé et qui nous a accompagnés durant tout l’hiver, et acquérir un pot de miel local. Et il est déjà temps de partir…

Résistance ultime : nous nous arrêtons encore à la Chartreuse de Galluzzo, ou chartreuse de Florence ! En raison de la journée sainte, elle n’est pas visitable, mais nous nous imprégnons encore de l’ambiance… avant de, cette fois-ci, prendre la route pour rentrer (« mais c’est pour mieux repartir » ! comme dit monsieur.)


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