24 heures à Reims

Dans toute vie professionnelle, la formation continue est aujourd’hui obligatoire afin d’actualiser ses connaissances, d’approfondir ses compétences… Bref, de continuer à avoir un bon niveau, tout bonnement. Et quand ces formations ont l’occasion de se dérouler dans une ville de France pas trop loin de chez soi et potentiellement intéressante du point de vue touristique, on est d’autant plus motivé à s’y rendre !

Direction donc, la jolie ville de Reims, qui m’est alors totalement inconnue. Le hasard de mon emploi du temps (et la bonne idée de l’organisme de formation d’avoir placée cette dernière durant un vendredi) me permettent d’envisager un départ la veille et une visite de la ville avant et après la journée de travail. Monsieur m’accompagne exceptionnellement : cela fait des mois qu’il souhaite visiter un musée situé dans cette zone géographique, alors autant mutualiser le trajet !

Jour 1 – installation et premières déambulations

Nous partons donc tranquillement le jeudi après-midi, direction Reims. Le trajet depuis chez nous dure environ 4 heures, en passant par le tunnel Maurice Lemaire de Sainte-Marie-aux-Mines : nous arrivons pour 18 heures à notre hôtel, situé porte de Mars, et donc logiquement dénommé Porte de Mars ! Parking public à 2 minutes à pied, ligne de tram qui s’arrête devant la porte d’entrée, et l’hôtel est situé juste à l’extérieur de la ZFE (nous avons la vignette Crit’air depuis quelques temps déjà, et heureusement, car nous n’avions pas pensé une seconde avant de partir à cette potentielle restriction) : tout pour nous permettre d’exploiter au maximum notre temps ici en découvrant le maximum de cette ville.

Après une installation rapide dans notre jolie chambre, totalement insonorisée bien que donnant sur la rue passante et l’arrêt de tram, nous décidons d’aller nous promener dans le centre-ville. Critère de choix de l’hôtel : les rues historiques démarrent à moins de 100 mètres. Nous traversons donc le square de la Porte de Mars et tombons immédiatement sur les halles du marché, les halles centrales du Boulingrin. Fermées à l’heure de notre passage, forcément, mais normalement ouvertes le lendemain matin, à noter !

Nous descendons donc la rue de Mars avec une première étape : repérer l’emplacement du « Cellier », mon lieu de formation pour le lendemain. Bonne surprise, on le trouve immédiatement ! Il faut dire que son aspect est assez atypique pour être identifié facilement… Ancien lieu d’expédition de champagne, il a gardé son immense porte ronde.

Deuxième étape : l’hôtel de ville, majestueux, tout de pierre blanche. Construit à l’emplacement d’une maison romaine, le bâtiment date de Louis XIII, et devient Hôtel de ville seulement en 1880. Il subit ensuite un incendie en 1917 et est reconstruit. Lors de notre passage, le bâtiment était en restauration, nous n’avons donc pas pu en admirer la façade comme nous l’aurions souhaité, mais ce n’est pas grave, Reims n’est pas loin, et nous aurons l’occasion de revenir à une autre occasion !

Nous poursuivons par la rue du Tambour et arrivons sur la place du forum. Destinée à l’édification de la place du marché en 1838, l’architecte en charge du projet y découvre une cavité. Ce n’est toutefois qu’en 1923 que des fouilles sont réalisées et qu’un crypto-portique est mis au jour. L’une des trois galeries semi-enterrées, qui faisait vraisemblablement office de halle de marché couvert en l’an 100, est dégagée et peut aujourd’hui être visitée. Mais évidemment, nous étions trop tard dans la journée pour cela, et en plus il y avait une scène pour un concert sur l’esplanade, cachant ainsi les bâtiments antiques !

Nous découvrons tout près de là la place royale, construite en l’honneur de Louis XV en 1757, avec en son centre la statue dudit roi de France. Les bâtiments qui l’entourent sont parfaitement symétriques, et tous sur le même plan, avec arcades en rez-de-chaussée.

Et de là, encore un tout petit peu de marche par la rue du cloître, et nous arrivons au pied de la cathédrale… Cette dernière est juste IMMENSE ! Je ne l’avais vue qu’en photos, ou en gravures durant mes études d’histoire, et l’effet est saisissant… 2303 figures sculptées sont recensées sur ses façades, et on pourrait rester des heures assis sur le parvis avec une paire de jumelles afin d’en observer tous les détails… Scènes bibliques, gargouilles, bestiaire, les murs fourmillent ! Il serait intéressant de se faire expliquer les scènes par un guide, mais le temps nous manque.

Un peu d’histoire tout de même : édifiée à partir de 1211, et après des siècles de majesté, la cathédrale est endommagée durant la Première Guerre mondiale… Sa charpente est désormais en béton armé, et certains de ses vitraux sont dessinés par des artistes contemporains tels le célèbre Marc Chagall. Il est intéressant de découvrir que cet édifice continue d’être enrichi régulièrement de nouvelles œuvres (certains vitraux datent de 2015) : nous ne sommes pas dans un « musée » figé dans le temps, mais bien dans un bâtiment évolutif. A préciser que la cathédrale est inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité à l’UNESCO depuis 1991.

Après un petit temps de contemplation depuis le parvis, nous passons par la rue des fuseliers puis la rue des tournelles afin d’admirer les vieilles maisons à tourelles qui ont survécu aux destructions du quartier. On retombe alors directement sur le Palais du Pau, mitoyen à la cathédrale. Ce dernier consiste en la résidence des archevêques de Reims depuis le XIIe siècle, et accueillait les Rois de France avant et après les cérémonies de Sacre. Il a pris son aspect actuel au XVIIe siècle et abrite aujourd’hui le Musée de l’œuvre de Notre-Dame. Nous ne voyons toutefois que peu la façade du bâtiment, en raison de travaux de restauration en cours et d’une grande tente déployée dans la cour afin d’accueillir les services d’accueils des visiteurs qui masque la vue vers le bâtiment depuis l’extérieur du site. Idem, il faudra revenir !

La faim se fait à présent sentir : nous décidons de remonter vers notre hôtel afin de trouver un petit endroit sympathique où nous restaurer. Nous avions d’ailleurs repéré un lieu rue de Mars, qui heureusement dispose encore de deux petites places pour nous accueillir malgré l’after-work en cours (et visiblement déjà bien entamé au vu de l’ambiance !) : le Cheese Bar. Situé dans une ancienne boucherie, on y retrouve le carrelage au mur, la cage d’ascenseur en fer (qui sert aujourd’hui de cave à vin), et en guise de tableaux au murs les prix des pièces de viande, ou encore de vieilles affiches de cirques présents en ville. Et le concept en lui-même nous attire immédiatement : un choix immense de fromages à la coupe, et la possibilité de déguster de bonnes planchettes accompagnées d’un large choix de bières. Il ne nous en fallait pas plus pour nous sentir en vacances !

Jour 2 – Centre-ville matinal et vespéral, et expérience muséographique

Comme expliqué précédemment, je suis là pour le travail. Pas question donc de traîner au lit, ni au petit-déjeuner, ni de passer la journée à faire du tourisme ! Mais pas question non plus de ne pas exploiter au maximum ce déplacement pour le plus de choses possibles en ville. Après un bon petit-déjeuner type « buffet », nous décidons d’aller voir les halles du marché ainsi que la cathédrale avec les couleurs du début de journée, avant de nous séparer pour la journée. L’occasion est d’autant plus belle que le temps est magnifique, contrairement à celui de la veille qui nous faisait regretter de ne pas avoir apporté de pantalons et de pulls !

Monsieur a donc eu le plaisir de visiter le Musée France 40 Véhicules, situé à Fismes, à 30 km de Reims. Créé en 2013, l’association du même nom œuvre pour la sauvegarde du patrimoine militaire et technique français : restauration et construction de véhicules à destination de musées et de collectivités, prêt de véhicules pour des tournages ou des reconstitutions historiques constituaient à l’origine le cœur de son activité. La création d’un musée dédié lui permet désormais d’exposer les collections de ses membres et de sensibiliser le grand public à certaines facettes de l’histoire de France peu abordées dans les livres (à moins d’être un spécialiste averti).

Différents véhicules et chars sont donc exposés au travers de plusieurs dioramas dans lesquels plus de 120 mannequins habillés et grimés donnent vie aux scènes. En parallèle de cela, des vitrines plus « classiques » présentent des objets du soldat de la Seconde Guerre mondiale.

Et d’accord, monsieur est allé visiter un musée tout seul. Mais il m’a rapporté un joli cadeau : un pack de bières « La Chopine », brassées localement et vendues exclusivement au Musée ! Chopine du graisseux et Chopine au jus d’béton, les noms font rêver, non ?

Le soir, nous nous retrouvons et courrons à la cathédrale afin de pouvoir au moins la visiter. Et pour une fois, le dicton « chiesa chiusa » ne s’est pas appliqué ! Nous avons pu visiter tranquillement ce magnifique édifice… Magnifique et gigantesque, avec une autre perception que depuis le parvis : le plafond parait extrêmement haut, et l’ensemble est finalement très dénué, très sombre, mis à part les différentes rosaces très colorées et lumineuses. L’ambiance est au calme, très apaisante, malgré les touristes déjà en nombre en cette fin de mois de juin.

Et avant de repartir, nous décidons d’encore aller visiter la basilique Saint-Remi, autre incontournable de la ville. De style romano-gothique, elle est construite durant les XIe et XIIe siècles afin d’abriter la sainte ampoule et les reliques de saint Remi, l’évêque qui baptisa Clovis en 498 ; son tombeau occupe d’ailleurs le centre du chœur.

Et là, nous avons de la chance : une répétition d’une chorale dans la nef est en cours dans le cadre d’un festival de musique : nous découvrons donc ce magnifique lieu accompagnés de musique épique, quasiment seuls touristes dans le bâtiment. Ambiance incroyable ! Nous ne pouvons pas rester longtemps à l’intérieur car le site ferme normalement, pour une réouverture à 19h dans le cadre du concert, mais nous avons le temps de faire le tour du chœur.

Un petit tour encore autour du bâtiment afin d’aller voir la statue du baptême de Clovis (et de déranger une partie de pétanque) et voilà déjà le moment de repartir…

Dernière petite découverte : la basilique Sainte Clothilde, située à quelques pas au sein d’un quartier résidentiel. Elle était fermée lors de notre venue, mais la façade était impressionnante, totalement atypique, dans un style bien différent que les monuments que nous avons pu voir durant ces dernières heures. Je serais bien intriguée d’aller en visiter l’intérieur…

Pour conclure : même quand on travaille, on peut voyager, et transformer un déplacement forcé en découverte culturelle !


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