Le froid et l’humidité de notre région nous incitent, depuis quelques années maintenant, à tenter de nous échapper brièvement au soleil pendant la période hivernale, afin de récupérer quelques degrés ainsi qu’un petit peu de moral. Cette année, c’est la Martinique qui nous a attirés. Pourquoi ? Et bien tout simplement pour le climat, les paysages à couper le souffle, la nourriture, le plaisir de découvrir une nouvelle facette de notre pays, les raisons sont bien multiples !
Après une journée de transit de « sécurité » à Paris (afin de ne pas risquer de rater notre vol à cause d’une grève des trains), qui s’est avérée être riche en découverte sous un ciel bleu magnifique, nous avons pu embarquer dans le premier vol Air France de notre vie, pour notre première traversée de l’Atlantique à tous les deux. Direction : l’île aux fleurs !
Une petite frayeur au décollage plus tard (problème de moteur nécessitant une réparation urgente) suivie d’une bonne sieste qui s’avèrera être bien utile par la suite, nous atterrissons à Fort-de-France à 20h30, heure locale. Autrement dit : 1h30 du matin en France. Si la récupération des bagages se fait très rapidement, il n’en est pas de même de la voiture de location, réservée à l’avance : du fait de notre retard de vol, le guichet de Hertz était déjà fermé ! Les multiples touristes concernés ont donc tous été véhiculés par navette vers la zone de récupération des voitures, par tranche de 8, avec priorité donnée aux conducteurs. Nous voilà brièvement séparés, mais c’est pour la bonne cause, et notre destrier pour la semaine à venir est récupéré dans l’heure.
Après une demi-heure de trajet, nous arrivons enfin à l’hôtel, la Pagerie – Tropical Garden Hotel, aux Trois-Ilets. Là également, nous sommes en retard pour le repas du soir, mais la réception a tout prévu, et un doggy bag MAGNIFIQUE nous accompagne dans notre chambre, laquelle est tout autant sublime. Donnant directement sur le jardin et un arbre du voyageur majestueux, elle dispose d’un grand balcon sur lequel nous attaquons immédiatement notre repas, avant d’aller enfin nous coucher car, mine de rien, nous venons de déguster de l’agneau et du poisson à 4 heures du matin !


Jour 1 : Trois-Ilets et environs
Après une nuit de sommeil très courte pour moi (en pleine forme à 4h du matin, soit 9h chez nous…), nous découvrons l’hôtel de jour, ainsi que son magnifique jardin au sein duquel la salle de restaurant se situe. Nous prenons donc notre petit-déjeuner en compagnie d’oiseaux (un peu chapardeurs), au pied de cactus, de succulentes et de plants d’ananas. Le menu est fabuleux : des fruits exotiques, des gâteaux faits maison, des salades de poisson, de viande, des jus de fruits locaux… Il y a évidemment également du bacon avec des œufs brouillés ainsi que des viennoiseries pour les européens en manque de chez eux, n’en doutez pas ! De notre côté, nous nous sommes gavés de fruits pendant tout le séjour.


La journée débute par une visite de notre lieu d’hébergement, qui mérite honnêtement une rubrique dans cet article. Que dire de plus, à part que le lieu est magnifique ? Pour des fans de plantes tels que nous, le lieu est juste idyllique. Il y a de la végétation partout, des arbres, des oiseaux, même des grenouilles la nuit ! L’ensemble du complexe est ouvert sur le jardin, du patio d’entrée à la salle de restaurant. Et pour les amateurs, il y a naturellement une grande piscine, avec un bar qui permet de consommer en étant assis dans l’eau ! Nous n’aurons pas l’occasion de le tester, rentrant toujours trop tardivement le soir, mais l’expérience doit être intéressante.





La journée se déroule de manière un peu particulière, puisque le temps est à la pluie tropicale : le parapluie nous accompagne donc toute la matinée dans notre promenade au sein de la station des Trois-Ilets. Nous découvrons la plage, les petites rues du village, mais également un fort masqué par la végétation à la Pointe-du-bout, depuis lequel nous apercevons la rade de Fort-de-France située pile de l’autre côté de la baie. Monsieur ne peut pas s’empêcher d’aller visiter un bunker, et moi de prendre des photos de plantes partout.



Nous testons ensuite notre vaillante voiture de location (qui ne se doute pas un seul instant de ce qu’on va lui faire vivre durant une semaine) et nous dirigeons vers le centre-bourg des Trois-Ilets afin de visiter l’église Notre Dame de la Bonne Délivrance et de déambuler dans les rues du village.
Direction ensuite Grande Anse, puis les Anses d’Arlet, LA vue de carte postale qui figure sur absolument tous les dépliants touristiques, magnets (et même sur le tote bag qui nous sera donné au Duty Free au retour, c’est dire). L’église Saint Henri donne en effet directement sur l’océan, et une vue très « instagrammable » est possible depuis un ponton situé pile dans son prolongement. Pour l’histoire : une chapelle jésuite est installée à cet emplacement déjà en 1665, mais est détruite par les Anglais en 1763. Quelques années plus tard, un généreux donateur nommé Henri Larcher fait reconstruire l’église, qui est alors placée sur le patronage de Saint Henri.
Le village est coloré au possible, une vraie étape incontournable pour se gorger les yeux de jolies vues !




Astuce stationnement : un grand parking gratuit est disponible sur votre droite, juste avant l’entrée dans le village. Vous serez à 5 minutes à pied de cette magnifique vue, tout en ne risquant aucune amende pour stationnement gênant !
Nous terminons ensuite la journée par un petit passage par la ville de Lamentin, dont la zone industrielle héberge de nombreuses entreprises agro-alimentaires, au regard de la provenance de nombre de produits de Martinique que nous avons eu l’occasion de goûter et qui étaient fabriqués ici (et notamment la BAM, bière artisanale locale). Un petit tour devant l’église et le marché couvert, et il est déjà temps de rentrer à l’hôtel pour une petite soirée musicale proposée par le lieu avant le repas du soir. Repas qui sera d’ailleurs une épreuve pour moi, le décalage horaire de 5 heures nous tombe dessus comme une chape après cette journée de vadrouille !
Il est d’ailleurs à préciser que TOUS les soirs, sans exception, le repas sera absolument excellent. Nous avons fait le choix de prendre une formule en demi-pension, et nous ne regrettons absolument pas. Des plats variés, avec des produits locaux, des classiques revisités, des poissons, de la viande, de belles entrées, rien à redire !



Jour 2 – nécessité culturelle
Pour cette deuxième journée après une nuit réparatrice (le jet lag est désormais résorbé), nous décidons de continuer à visiter les environs, en commençant par la Savane des Esclaves aux Trois-Ilets. Ce musée en plein air, réalisé par Gilbert Larose, a pour objectif de nous présenter l’histoire de la Martinique à travers les différents peuples qui y ont vécu, des premiers indigènes (les Caraïbes) en passant par les Amérindiens et les esclaves issus du commerce triangulaire. On se déplace au cœur d’un site entièrement arboré, on découvre des plantes et arbres locaux, on lit des panneaux explicatifs devant des cases créoles reconstituées. Le site est sublime visuellement et olfactivement, et culturellement indispensable, d’autant plus pour les touristes qui débarquent sur l’île et n’ont aucune idée de son histoire et des horreurs que ses habitants ont pu vivre à l’époque de l’esclavage. Un site d’utilité publique !



Comptez presque 3 heures sur site pour tout visiter, d’autant plus qu’il y a une projection de film possible, un lieu de restauration, un bar à jus… le lieu vaut vraiment le coup que l’on lise correctement les panneaux et de s’asseoir tranquillement juste pour admirer le paysage.
Le deuxième site que nous visitons ce jour-là est également aux Trois-Ilets, mais est totalement dans une autre ambiance : nous nous rendons en effet dans la maison natale de Joséphine de Beauharnais, le Domaine de la Pagerie, autrement dit dans une ancienne exploitation de canne à sucre, de café et de cacao qui exploitait des esclaves.
Tout le monde connait Joséphine, impératrice des Français par son mariage avec Napoléon Bonaparte. Mais peu de monde sait en revanche (et ce n’était pas notre cas avant de venir !) que Marie Josèphe Rose Tascher de La Pagerie est née aux Trois-Ilets en Martinique en 1763. Sa maison natale, du moins ce qu’il en reste, entre le passage d’un ouragan et les destructions volontaires, est visitable en autonomie. Les vestiges de la sucrerie sont visibles depuis le parking, on voit encore le moulin, les traces de la maison natale, on peut visiter un musée entièrement ouvert à l’entrée du site présentant l’histoire de la famille ainsi que quelques objets lui ayant appartenu jeune fille. Au fond du parc, se tient la cuisine (toujours construite à part du bâtiment principal), transformée en site d’interprétation : on peut notamment y lire sur le mur l’inventaire des « biens mobilier », comprenant les esclaves de la famille, avec leur valeur marchande !
Un site très intéressant également, complémentaire de ce que l’on a pu apprendre en visitant la Savane des Esclaves le matin.



Et pour poursuivre la journée avec un peu plus de légèreté, nous nous dirigeons vers la commune du Diamant afin d’enfin dire bonjour à l’océan. Mais avant cela, nous passons par le Mémorial de l’Anse Cafard, dit Cap 110 : on y voit quinze statues de 2,50 mètres tournées vers l’horizon, lesquelles rendent hommage aux innombrables victimes de la traite des noirs durant l’esclavage. Un navire négrier a en effet coulé à cet endroit précis en 1830 alors que le commerce triangulaire était déjà interdit, et il n’y a quasiment eu aucun survivant…
Nous avons de là une vue magnifique sur le rocher du Diamant, et nous pouvons également observer la Maison du Bagnard en cours de consolidation, une minuscule habitation construite dans les années 60 par un ancien prisonnier du bagne de Cayenne.
Et nous descendons tout de même sur la plage, franchement sublime : sable noir, végétation rampante vert vif, ciel bleu morcelé de nuages… Un moment plus léger dans cette journée plutôt consacrée au devoir de mémoire.



Nous terminons finalement la journée en nous dirigeant vers la petite ville de Sainte-Luce : nous nous garons à proximité du terrain de sport et déambulation dans le centre-bourg durant une petite heure, jusqu’à être rattrapés par la nuit, qui sonne le repli vers l’hôtel ! Un concert de jazz accompagnera d’ailleurs notre repas du soir…



Jour 3 – Fort-de-France
Pour ce lundi matin, nous décidons de nous diriger vers Fort-de-France, « capitale » de la Martinique. Nous choisissons volontairement ce jour afin d’éviter les hordes de touristes attirés par le marché (même si, du même coup, nous renonçons à ce dernier). Et bien nous en a pris puisque nous avons non seulement pu nous garer à deux pas de la cathédrale, mais en plus nous promener sereinement dans toute la ville pour pouvoir admirer les bâtiments sans être bousculés.
La rue dans laquelle nous nous garons me plait au premier regard : nous sommes au cœur d’un quartier dont les façades des maisons sont nombreuses à être recouvertes de murs peints ! Je découvre d’ailleurs qu’un circuit de visite guidée consacré à cette thématique existe d’ailleurs, ça aurait été intéressant à suivre. Dans tous les cas, nous prenons déjà plaisir, à peine arrivés, à arpenter des rues résidentielles afin d’admirer les façades.





Direction ensuite le Terminal de croisières, le port sur lequel des hordes de vacanciers sont déversées depuis des navires plus grands que des immeubles. Autant nous sommes venus en avion, et allons donc nous abstenir de tout commentaire écologique sur ce coup-là… Autant, je pense que nous pouvons tout de même juger un peu ces immeubles flottants que les vacanciers rejoignent APRÈS avoir déjà pris l’avion pour venir dans les Caraïbes ! Les commerçants locaux tirent toutefois bien profit de la situation, un marché de babioles attend le chaland quasiment au pied de la passerelle de débarquement !
Avantage du lieu : il est juste magnifique pour qui, là encore, aime le muralisme… cette fois à nos pieds. L’intégralité du quai est coloré et peint, et la vue vers la ville est très belle vue d’ici. Nous déambulons donc jusqu’au Fort Saint-Louis situé de l’autre côté de la baie : ce dernier est encore militaire en activité et ne se visite pas, mais il y a des canons devant la porte alors monsieur ne résiste pas…


Nous traversons ensuite le square de la Savane, immense parc public, afin de rejoindre la bibliothèque Schoelcher, bâtiment à l’histoire atypique, et surtout transatlantique. Œuvre de l’architecte Henri PICQ, constructeur également de la Cathédrale Saint-Louis, sa structure métallique a été réalisée dans les ateliers de Gustave Eiffel. Construite à l’origine pour l’exposition universelle de Paris en 1887, elle a été démontée, affrétée jusqu’à Fort-de-France, puis reconstruite en 1893 à son emplacement actuel. Lors de notre venue, nous avons la chance de nous faire présenter les lieux par la directrice du site : histoire du bâtiment, fonction actuelle, fonds documentaires conservés… Un très bon moment auquel nous ne nous attendions pas ! Et le lieu, objectivement, est juste magnifique (même si en termes de conservation préventive, je n’aimerais pas travailler dedans, et c’est une pro du domaine qui parle !)


Nous poursuivons ensuite notre déambulation en ville en rejoignant le quartier de la cathédrale, dans laquelle se tient une messe lors de notre premier passage : nous admirons sa flèche métallique avant de nous marcher vers l’ancienne cour d’appel (actuel espace Camille Darsières), la fontaine Geydon (ancien réservoir d’approvisionnement en eau potable de la ville), puis le théâtre municipal et le bureau d’Aimé Césaire (fermé le jour de notre venue, mais nous avons pu pénétrer dans le hall du bâtiment). Nous nous arrêtons naturellement afin de nous désaltérer au sein du petit marché artisanal qui se tient sur la promenade du port (et une fois n’est pas coutume, nous goûter des jus de fruits, et pas seulement des bières !)
La visite de cette ville se conclut avec une montée en voiture vers Notre-Dame de Balata, communément nommée « le Montmartre Martiniquais » car inspirée de son modèle parisien (et d’ailleurs conçue par deux parisiens eux-mêmes). La vue sur la baie vaut le coup d’œil, mais le bâtiment également, qui semble avoir les mêmes problèmes structurels que son jumeau de la métropole…



Pour la deuxième partie de journée, nous nous dirigeons vers le nord-ouest de l’île afin de rejoindre le Prêcheur, la plage Anse Céron, puis l’habitation du même nom. Les paysages sont sublimes, déjà beaucoup plus sauvage que ceux vus précédemment. L’Habitation Céron est cachée au cœur de la végétation, mais on peut s’y promener en toute sécurité même en tenue de « touriste ». Ancienne sucrerie du XVIIe siècle devenue un jardin classé « Jardin remarquable », le site accueille un restaurant avec les produits du domaine, une cacaoyère de 2000 arbres avec un atelier de fabrication de cacao, une épicerie fine… et surtout un Zamana du XIXe siècle absolument gigantesque ! La légende raconte que cet arbre rétracte son feuillage lorsqu’il pleut afin de laisser se rafraichir les plantes en-dessous de lui…
Nous restons jusqu’à la fermeture du site (et même au-delà, on ne perd pas les mauvaises habitudes) après avoir discuté avec Hugo, gestionnaire du site en pleine récolte de grains de café . Il nous présente les grands principes de la cueillette, nous fait toucher les grains, et surtout nous fait réaliser l’immense travail nécessaire pour pouvoir obtenir un volume suffisant à moudre. Cela fait relativiser le coût des produits finis !

Jour 4 – phénomènes naturels
Ce quatrième jour va être l’un de ceux qui m’auront le plus marqués durant ce séjour, par la beauté de ce que nous aurons pu y voir. Nous nous dirigeons vers Sainte-Marie afin de découvrir le phénomène naturel du « tombolo » : de décembre à avril, nous pouvons en effet rejoindre un ilet à pied en ayant la sensation de voir s’écarter les flots sur notre passage, voire de marcher littéralement sur l’eau ! La vue depuis l’église du village, que nous montons découvrir en premier, est déjà superbe, mais sans commune mesure avec les paysages qui apparaissent au fur et à mesure de notre avancée vers l’ilet. Ce dernier est une réserve naturelle d’espèces d’oiseaux rares, on peut monter sur des plates-formes observer le panorama vers la terre et admirer le phénomène de séparation des eaux vu d’en haut. Le ciel se couvre toutefois assez rapidement et au regard de l’eau qui a l’air de se séparer de moins en moins souvent, nous décidons de re-traverser assez rapidement avant que le passage se referme ! (aurions-nous lu trop de livres de sciences fictions ?)
En bref : une expérience inoubliable, on a mitraillé de photos !



Pour la deuxième partie de journée, nous nous dirigeons vers la presqu’île de la Caravelle afin d’aller visiter le Château Dubuc, apparemment très connu mais dont je n’avais pas du tout entendu parler lors de mes recherches de points d’intérêts en amont du voyage. Le lieu est une réserve naturelle, nous marchons donc une trentaine de minutes à pieds avant de voir apparaitre ledit château. Nous aurions tout de même pu approcher en voiture, mais comme nous avions une fois pu le lire affiché dans un véhicule de location « prendre soin de ta voiture, c’est prendre soin de ta caution » ! Et au regard de la voie plus ou moins carrossable, nous avons décidé que la marche à pied, finalement, n’était pas si mal…
Le château est en réalité une ancienne exploitation de sucre et de café : les vestiges sont visitables totalement librement, et nous recevons à l’entrée un audio-guide se déclenchant en pointant des éléments sur une carte du site. Beau, instructif, et surtout complètement déserté par les touristes, nous sommes quasiment seuls au monde pour découvrir les lieux… Un très bon moment, hors du temps.



Jour 5 – fans de plantes aux anges & retour en 1902
Monsieur et moi ne sommes pas particulièrement dépensiers, mais nous avons UN péché mignon : les plantes. Nous adoptons régulièrement de nouveaux spécimens (avec la manie de toujours choisir celui le plus mal en point du magasin), et notre salon ressemble de plus en plus à la boutique des Jardins du Pflixbourg (les Haut-rhinois connaitront). Il était donc EVIDENT que nous prendrions nos billets pour les Jardins de Balata, LE lieu incontournable de la Martinique.
Tellement incontournable qu’à 9h du matin, il est déjà impossible d’accéder au parking du lieu ! Bien nous a pris de tenter de nous garer un peu plus loin, puisque nous découvrons par hasard un arboretum de l’ONF totalement désert. Nous nous y promenons donc un petit peu avant de marcher le long de la route afin de rejoindre le parc botanique qui nous attire tant. Le choc est rude de se retrouver avec tellement d’humains après une solitude absolue au milieu des arbres (mention spéciale à la maman qui a fait un scandale dans la queue parce qu’elle avait un enfant en poussette et qu’il était inadmissible qu’on ne lui propose pas de griller la file) mais l’avantage est que le parc est grand, et que nous retrouvons assez rapidement notre isolement au milieu des plantes.
Que dire ? Le site est à la hauteur de sa réputation. Des plantes, des arbres, des anthurium et des spatifilum en liberté (j’ai pris des photos pour motiver les miens dudit salon cité précédemment), des points de vue à couper le souffle, des colibris, des palmiers, des crapauds et des lézards… le lieu est enchanteur.



Nous sommes restés quasiment 4 heures dans ce parc, sachant que nous n’avons pas mangé sur site ! Prévoyez donc du temps si vous souhaitez profiter correctement des lieux. Et si vous souhaitez vous désaltérer à l’issue de votre promenade et faire quelques emplettes dans une boutique locale, ne vous rendez pas directement au restaurant à la sortie du parc, préférez la boutique « Mathilde » : quelques tables vous permettront d’encore un peu profiter des lieux en buvant des boissons locales.

Nous réalisons ce jour-là que nous n’avons pas encore visité de site de distillerie de rhum : nous décidons donc de rectifier cela en nous rendant au Carbet, afin de visiter le site de Neisson. Nous sommes agréablement surpris par les lieux : des panneaux explicatifs proposent au visiteur de réaliser un parcours au cœur de l’exploitation, de manière totalement libre. On traverse donc un champ de canne à sucre, on passe devant des machines agricoles, on admire l’alambic géant, on peut regarder dans le laboratoire… La promenade dure environ 1h30 si on lit correctement les panneaux (ce qu’on a fait, et on a appris plein de choses), et se conclut en boutique, avec la bonne surprise de se voir offrir la dégustation d’un rhum. Nous aurions presque craqué sur l’achat d’une boutique, mais impossible de nous rapprocher du comptoir après l’arrivée d’un groupe qui avait décidé, visiblement, de prendre un apéritif gratuit en racontant à l’équipe dans quelle baie il avait amarré leurs différents yachts… Autre monde, autre mœurs !



Nous avons donc rejoint notre Hyundai de location pour nous diriger vers Saint-Pierre, notre dernière destination de la journée. L’ambiance claire obscure de début de soirée est totalement appropriée à la visite de cette ville qui dégage une atmosphère très particulière. Pour l’histoire : la commune et ses 28000 habitants ont été rayés de la carte en 1902, en quelques minutes, par l’éruption de la Montagne pelée, le volcan de l’île encore en activité aujourd’hui. La ville n’a jamais été reconstruite réellement, les travaux de déblaiement et de reconstruction se réalisant au gré des réinstallations en ville. Ce qui fait qu’encore aujourd’hui, une maison d’habitation « neuve » côtoiera une ruine semblant sorti d’un incendie l’année précédente. Des ruines des bâtiments emblématiques de la ville sont visitables, telles le théâtre (qui ressemblait à celui de Bordeaux), l’église, un quartier d’habitation au bord de l’eau, et naturellement la prison où la cellule de Cyparis, seul rescapé (ou plutôt : seul rescapé dont l’histoire ait retenue le nom), est également visitable.
Une atmosphère très étrange se dégage des lieux, et la Montagne pelée menaçante, est parfaitement visible depuis les ruines, semblant observer son méfait… Un musée a été construit dans la nouvelle ville en 1933 par Frank Perret, vulcanologue et géologue américain, à des fins d’étude du volcan mais également de sauvetage d’objets de la vie de tous les jours retrouvés dans les décombres : nous sommes arrivés trop tardivement sur place pour le visiter, mais il est évident que nous l’inscririons au programme si nous devions revenir en Martinique. La promenade sur lequel il se situe donne sur la mer : des panneaux régulièrement implantés détaillent les différentes épaves de navires se trouvant sous l’eau dans la rade et ayant été coulés lors de l’éruption, soit par incendie, soit par la violence de l’onde de choc qui les a carrément fait chavirer. On a du mal à imaginer la puissance que ce volcan, pourtant bien éloigné, a dû dégager… Glaçant, d’autant plus à la tombée de la nuit.




Jour 6 – un air de déjà vu & art moderne
Ce sixième jour débute par la visite d’un lieu qui était un incontournable pour moi : nous avons réservé en ligne nos billets d’entrée pour une visite de Belfort ! Mais, évidemment, pas Belfort dans le Territoire du même nom, mais une Habitation, une plantation de bananes précisément. Un petit train ressemblant traits pour traits à celui que je connais dans « mon » Belfort nous a donc promené au cœur de la propriété pour une visite guidée extrêmement intéressante : nous avons tous appris (ou alors nous étions les deux seuls incultes du wagon) qu’un bananier n’est pas un arbre… mais une herbe ! Je n’avais personnellement aucune idée de la manière dont poussait une banane, ni du processus de sélection et de commercialisation de ce fruit, et nous avons pu découvrir tout cela grâce à la présentation d’un guide passionnant. La visite dure environ 1 heure et se conclut par une dégustation, en boutique, de différents produits à base de banane proposés à la vente : bananes de Martinique (ou de Guadeloupe, nous apprenons ici que le label est commun aux deux îles), vin de banane, banane séchée… Nous ne résistons pas à quelques achats, et faisons entre autres l’acquisition d’un sirop de piment réalisé sur site qui ne manquera pas d’égayer nos cocktails au retour en métropole (edit : au fond d’un verre de crémant, c’est fameux !)




Nous précisons que ce jour-là, il faisait extrêmement chaud, même pour des locaux : cela permet vraiment de réaliser les conditions de travail nécessaires afin de cultiver correctement ce fruit qui est, sommes toutes, très classique sur nos tables, même dans nos régions…
Après cette découverte intellectuelle et gustative, nous nous dirigeons vers une autre Habitation, agricole également, mais avec une particularité artistique : l’Habitation Clément, ou Habitation Acajou, sur la commune du François. Classée au titre des Monuments historiques, cette dernière abrite l’ancienne distillerie aujourd’hui transformée en musée, qui détaille les étapes de l’élaboration du rhum, des maisons créoles traditionnelles, mais surtout un jardin tropical labellisé « Jardin remarquable » en 2015 dans lequel sont dispersées de nombreuses œuvres d’art moderne.
On se promène donc, là encore de manière totalement libre, au sein d’un jardin magnifique, tout en admirant des œuvres d’art, en accédant aux anciens sites de productions ouverts au public, en visitant une maison traditionnelle, une cuisine… Au bout de 3 heures sur site, nous avons décidé de ne pas visiter le Centre d’art contemporain afin de privilégier le musée dédié au rhum. Ce dernier nous a ébahi du côté de la muséographie, laquelle propose, entre autre, de respirer les différentes saveurs des rhums ! La visite se termine par une dégustation de plusieurs rhums dans un ordre précis, ce qui permet de vraiment en révéler les saveurs.




La soirée sera exceptionnellement plus calme que d’habitude, puisque nous nous offrirons le luxe d’une bière artisanale sur les transats au bord de la piscine de l’hôtel, en écoutant les premiers animaux nocturnes. Des moments qui restent également en mémoire !

Jour 7 – Marin et bord de mer
Les jours défilent, et nous réalisons que nous n’avons pas encore visité un seul marché ! Notre hôtelière nous conseille de nous rendre à celui du Marin, pour son côté authentique, et nous ne sommes effectivement pas déçus du voyage. Nous réalisons même plusieurs emplettes, tant le choix est magnifique : épices, huiles, essences, baies, confitures, punchs… Il s’agit d’amortir notre valise soute, emportée quasiment à vide justement à des fins d’exportation de produits locaux !
Nous en profitons bien entendu pour visiter le centre-bourg : la jolie église est, comme à notre habitude, fermée pile le jour de notre venue (on est vraiment maudits dans ce domaine-là, où que l’on soit), nous l’admirons donc de l’extérieur et faisons un petit tour dans le cimetière juste à l’arrière de l’édifice.


Nous nous dirigeons ensuite vers la commune de Sainte-Anne afin de tout simplement nous promener au soleil dans une cité balnéaire, en ce dernier jour complet sur l’île… Nous découvrons la jolie petite église ouverte, déambulons sur le front de mer, achetons quelques souvenirs (dont les cartes postales, il était temps). De nombreux murs peints ornent les façades, ce qui ajoute au charme de cette charmante ville.
Conseil toutefois : n’oubliez surtout pas de mettre le frein à main de votre voiture, les rues sont TRÈS pentues !



Direction maintenant le Vauclin pour notre avant-dernière destination de la journée : après un petit tour dans le port de pêche, nous roulons vers la pointe Faula afin de nous gorger de beaux paysages. La plage est en effet assez particulière, moins « image de carte postale » et beaucoup plus vivante, avec des algues, du vent… l’ambiance nous convient parfaitement ! Nous marchons au bord de l’eau, nous observons les kite-surfeurs installer leur matériel, et nous prenons finalement une bière à la terrasse du Titiri Rose face à l’océan (bar que nous avions découvert dans la revue « Choubouloute » distribuée à l’aéroport et qui nous a accompagnée durant tout le séjour).
Et pour cette fin de journée, nous avons fait quelque chose d’inédit durant ces vacances : nous nous sommes posés sur la plage des Salines en maillots de bain avec des serviettes louées à l’hôtel (qui n’a pas dû se douter que nous nous en servirions ailleurs qu’au bord de la piscine, à mon avis…). Un plaisir pour les yeux, et un vrai moment de détente en cette fin de journée… et de séjour, malheureusement déjà.



Dans la même veine, nous profitons également de notre soirée dans le quartier de l’hôtel : petite marche avant le repas, moment dans le jardin avec un rhum planteur, nous profitons encore au maximum !
Jour 8 – mode « résistance » activé
Le vol n’est qu’en soirée, et il est hors de question de gâcher notre dernière journée à penser aux modalités pratiques du retour (rien que l’idée de remettre un pantalon et des chaussures nous fait horreur). Nous profitons à fond du petit déjeuner, faisons les valises, les déposons à l’accueil de l’hôtel et décidons de nous promener aux Trois-Ilets, et même de revoir les lieux que nous avions visités le premier jour sous un ciel incertain. Nous retournons à la Pointe du Bout voir le fort abandonné sous un autre angle, plus ensoleillé, marchons le long de la plage à des endroits que nous n’avions même pas encore découverts, prenons une boisson fraiche face à la mer… Nous retournons même aux Anses d’Arlet, lieu qui nous avait tellement charmé…



Ce voyage de rêve se termine donc sur cette note ensoleillée ! Nous avons pu visiter énormément de lieux, mais il est clair que nous n’avons vu qu’une infime partie de cette île magnifique. Il est fort probable que nous reviendrons un jour afin de poursuivre notre découverte…