L’Inde est un pays qui nous a toujours intrigué, et ce depuis de nombreuses années, sans que nous franchissions le pas d’aller le visiter. Il aura fallu une invitation, celle du mariage d’une cousine avec son conjoint indien, pour que nous réservions nos billets d’avion, direction ce merveilleux pays. Au programme : la participations aux diverses cérémonies nuptiales, ainsi qu’un voyage organisé en deux temps au travers quatre grandes villes du nord du pays. C’est parti pour 15 jours de découvertes culturelles hors du commun !
Jour 1 : Delhi
Première aventure pour les deux Alsaciens que nous sommes, plus habitués à l’Euroairport de Bâle-Mulhouse qu’à la capitale : rejoindre Paris ! Et vu que nous sommes deux Alsaciens, forcément, nous arrivons avec plus de dix heures d’avance à l’aéroport Charles de Gaulle (et si le train est annulé / et si on ne trouve pas le terminal / et si…)
Dix heures plus tard donc (rallongées d’une heure de retard au décollage), nous montons enfin dans l’avion de la compagnie Air India, pour 9h30 de vol de nuit extrêmement agréables, nous tenons à le préciser. Le repas servi dans l’avion est absolument EXCELLENT, les sièges sont confortables, il y a de la place pour les jambes, le personnel est aux petits soins… Nous passons une nuit quasi complète dans de bonnes conditions, ce qui est toujours agréable pour débuter un voyage !

Arrivée à 9h30 à Delhi, où nous sommes attendus par notre guide Lucky de l’agence indienne Crystal India Holidays. Le temps pour les autres membres de la famille de souscrire à des abonnements téléphoniques temporaires (prévoir minimum 30 minutes de temps : la procédure est beaucoup plus lourde qu’il n’y parait avec scan des passeports, entretien téléphonique en anglais avec un bureau, transaction financière etc.) et nous partons pour l’hôtel.
Le temps de poser nos valises dans nos chambres, de saluer nos compagnons de voyage déjà arrivés sur place la veille, et nous sautons dans le bus, direction la Mosquée Jama Masjid, située dans l’Old Delhi. Appelée aussi la Grande Mosquée, ou la Mosquée du vendredi, cette dernière est la plus grande d’Inde. Construite entre 1644 et 1656 sous le règne de l’empereur Moghol Shâh Jahan, elle peut accueillir plus de 25 000 fidèles en même temps !
L’architecture est superbe, nous en prenons plein les yeux pour notre premier site du voyage : des bâtiments immenses tout de grès rouge et de marbre, deux minarets, trois grandes portes ornées de motifs végétaux… Une merveille pour les yeux.



Bien qu’ouvert aux touristes, nous sommes dans un édifice religieux actif : outre se couvrir la tête d’un foulard, les femmes doivent se vêtir d’une longue tunique prêtée à l’accueil du site, et ce même si vous aviez prévu votre tenue en conséquent (avec jupe longue, ce qui était mon cas). Les hommes qui portent des pantacourts ou des shorts doivent également entourer leurs jambes d’un tissu tombant jusqu’aux chevilles. Il faut laisser ses chaussures à l’entrée et marcher pieds nus dans toute l’enceinte de la mosquée : les dalles peuvent être chaudes, pensez aux chaussettes si vous êtes sensibles !
Et nous sommes ici confrontés à un comportement que nous rencontrerons quasiment systématiquement, à chaque endroit où nous nous rendrons, peu importe la ville et le contexte : les locaux nous filment avec leur smartphone, nous prennent en photo sans se cacher, voire sollicitent des selfies avec nous ! Nous finirons par nous y habituer et même à nous prêter à l’exercice de bon cœur, mais pour un premier contact, nous sommes assez désarçonnés !
La visite de la mosquée se cantonne aux espaces extérieurs, l’intérieur étant réservé à la prière ; nous quittons donc assez rapidement le lieu afin de rejoindre les rues marchandes situées en contrebas de l’édifice. Là, le guide nous a préparé une petite expérience : un tour en Rickshaw au cœur des rues commerçantes ! Nous visitons donc une partie de la zone de manière accélérée avec ce curieux moyen de transport bien pratique au regard de l’étroitesse des rues, et qui nous permet de rejoindre une grande artère commerçante très rapidement. Comme je l’expliquais en introduction, c’est notre premier voyage en Asie, et nous sommes absolument subjugués par la foule grouillante (mais très posée) qui circule en flot continu tout autour de nous… ainsi que par le bruit très intense de la circulation et des klaxons !
Ce moyen de transport est également idéal pour admirer l’architecture des bâtiments autour de nous…



Petite étape dans un magasin d’épices (où nous acquérons immédiatement un petit stock de curcuma pour nos dures soirées d’hiver) avant de reprendre la route, par le bus cette fois, pour un petit tour de la ville « moderne » et du quartier administratif, en passant devant la célèbre Indian Gate qui est similaire à notre Arc de triomphe parisien.
Après une pause bien méritée pour le repas de midi dans un petit restaurant traditionnel (je découvre un plat de lentilles en sauce absolument fameux), nous nous rendons à une citerne d’eau monumentale, la Ugrasen ki Baoli, de 60 mètres de long et 15 de profondeur, un lieu extrêmement paisible où les locaux viennent s’assoir pour passer un peu de bon temps (et précision : non, il n’y a pas de moustiques)



Le soleil se couche très rapidement, et à 18h il fait quasiment nuit noire : nous avons encore le temps de nous rendre au complexe Qutub. Là, nous déambulons dans une lumière rose orangée au sein de bâtiments absolument grandioses, dont le clou du spectacle est Qutub Minar, un minaret de 72 mètres de hauteur érigé entre 1199 et 1220, et qui est est encore parfaitement intact aujourd’hui.
C’est à partir de ce soir-là que, je pense, le guide nous a repérés comme « éléments à surveiller de près » et a missionné son jeune collègue en formation comme « voiture-balai » pour nous rapatrier régulièrement vers le groupe ! C’est le côté frustrant des visites en groupe, on voudrait déambuler le nez en l’air durant des heures, mais le bus attend devant la porte, moteur allumé et climatisation à fond (on évoquera les questions d’écologie ultérieurement…), il faut donc suivre la marche.



Cette première journée s’achève par un retour à l’hôtel, le Jaypee Vasant Continental, pour une bonne nuit de sommeil qui débute à… 19h et se termine à 5h du matin (nous, fatigués ?Qu’est ce qui vous fait dire ça ?), pour un superbe lever de soleil sur le parc mitoyen depuis notre chambre du 6ème étage. C’est d’ailleurs le seul lever que nous pourrons voir du séjour, du fait de notre orientation ou tout simplement de la brume environnante permanente…

Jour 2 : Delhi et Agra
Le fait que nous soyons levés tôt nous permet de réaliser un petit reportage photo dans cet hôtel superbe dont, clairement, nous n’aurons absolument pas assez profité …



Comme à notre habitude, nous profitons à fond du buffet du petit déjeuner. Déjà parce que depuis midi la veille, nous avons faim ; ensuite parce qu’on sait quand on mange, pas quand on remangera ; et surtout parce que le choix est incroyable et local. L’objectif : goûter les plats dont nous ne connaissons pas le nom ! Nous sommes tout de même un peu frustrés par les consignes sanitaires qui nous ont été assénées en amont de notre séjour et par le guide la veille : attention aux fruits frais qui auraient pu être lavés avec de l’eau du robinet, attention aux jus de fruits, attention aux yaourts… Nous ne prenons aucun risque, bien que l’expérience et les jours passant nous apprendront à lâcher un peu prise sur la question de l’alimentation.


Cette deuxième journée débute par un moment extrêmement émouvant, dans un lieu très paisible situé au cœur d’un parc : le mausolée de Mahatma Gandhi, sur le site exact où son bûcher funéraire s’est tenu. Le guide est lui-même ému en nous présentant la vie de ce personnage illustre, et les quelques minutes dont nous disposons pour circuler dans le lieu passent à toute vitesse.



Nous prenons le bus immédiatement après pour un trajet de 3h, direction la ville d’Agra. Une petite étape sur l’aire d’autoroute nous permet de réaliser nos premiers petits achats touristiques (et à monsieur de trouver in-extremis une chemise jaune pour une cérémonie à venir !), et nous arrivons assez rapidement à destination, entre admiration du paysage, commentaires du guide sur des notions de culture générale indienne, lecture et petit somme.
Agra est connue pour deux monuments, dont nous voyons le premier dès l’après-midi : le fort rouge. Monumental dès sa porte d’entrée, nous sommes absolument subjugués ! La foule est dense et la file d’attente pour accéder au site est longue, mais nous testons ici un avantage certain du touriste, franchement gênant bien qu’indéniablement pratique : une file est réservée aux hommes, une aux femmes et aux enfants, et la troisième… aux touristes. Et cette troisième file est beaucoup plus rapide dans son avancée par le simple fait que nous sommes dispensés de tous les contrôles de sécurité obligatoires pour les autres visiteurs (scan des personnes et des sacs au rayon X à l’entrée).
Un peu d’histoire : le fort rouge est mentionné pour la première fois en 1080 : il appartient alors aux Sikarwar, un clan Rajput, avant de passer entre les mains des Moghols en 1526.
Le fort est reconstruit entre 1565 et 1573 pour en faire un palais résidentiel destiné au fils de l’Empereur Akbar, lequel a déplacé la capitale du pays à Agra : 8 ans de travaux sont nécessaires à raison de 4000 ouvriers ! Tout de grès rouge du Rajasthan, il quitte la fonction militaire originelle pour arriver vers une fonction résidentielle à l’architecture hindoue. Le style moghol s’impose par la suite avec la construction de palais en marbre.



La désignation d’Agra comme capitale est abandonnée dès 1585 au profit de Lahore ; le fort reste toutefois la résidence principale des empereurs moghols jusqu’en 1857, date de la Première Guerre d’indépendance. Aujourd’hui, il est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1983.
Nous déambulons dans le site le nez en l’air, admirant chaque détail, chaque sculpture… le lieu est magnifique, et très paisible malgré la foule toujours présente. L’intérieur des bâtiments est de la vraie dentelle de pierre, l’extérieur est arboré, on pourrait rester des heures ici… même si le guide en a décidé autrement !
Nous avons en effet un timing très serré pour le dernier moment de la journée, l’admiration d’un monument très célèbre que nous avons déjà pu apercevoir depuis la terrasse du fort : j’ai nommé, le Taj Mahal ! Mais pour ce soir, ce sera depuis un jardin sur la rive opposée du fleuve, afin d’observer le coucher de soleil derrière le monument. Il y a peu de monde, nous avons le temps, l’ambiance est au calme, il y a des oiseaux et des papillons, et ce magnifique monument juste en face de nous depuis une face que nous lui connaissons moins (merci les photos internet toutes prises depuis le même angle !). Des feux de joie et de la musique sont visibles sur la berge d’en face, le mois est aux festivités religieuses et des cérémonies ont lieu un peu partout.

Et après ce moment enchanteur, nous sommes transportés à l’hôtel Jaypee Palace Hôtel Convention Centre Agra. Comment le nommer, à part en disant que ce lieu est absolument magnifique et juste GIGANTESQUE ! Nous nous sommes d’ailleurs perdus plusieurs fois en tentant de rejoindre un lieu, et notamment la piscine de l’hôtel où nous découvrons depuis une fenêtre qu’un spectacle de danse indienne est en cours. 20 minutes plus tard minimum, le temps d’attraper au vol d’autres touristes de notre groupe, et nous nous installons face à ce joli spectacle musical, gin tonic local à la main !
Une belle manière de terminer cette journée… à 21h, car les soirées se terminent tôt ici, nous l’apprendrons tout au long de notre séjour ! Mais ce n’est pas trop grave, puisque nous devons nous reposer en prévision de la journée du lendemain… qui débute à 5h du matin, heure locale.



Jour 3 : Agra
Si la matinée débute si tôt, c’est qu’une merveille du monde moderne est au programme, et au lever du soleil cette fois ! En bons Alsaciens qui se respectent, nous avons naturellement 30 minutes d’avance sur le départ du bus, ce qui nous permet de découvrir le patio de l’hôtel de nuit et d’admirer les arbres en fleurs dans le calme. Moment bienheureux s’il en est par rapport à la cohue qui suit juste après !

Le Taj Mahal bénéficie en effet d’un système de sécurité très, très développé. Imaginez deux files initiales : une pour les hommes, une pour les femmes. Celle pour les femmes se termine par un tapis sur lequel vous devez laisser vos effets personnels pour qu’ils soient scannés au rayon X. Vous avez déposé votre sac ? Maintenant, abandonnez-le, faites demi-tour en remontant par la même file en jouant des coudes, puis refaites la queue juste à côté dans une nouvelle file où vous allez être palpée et scannée par une agent de sécurité ! Puis allez récupérer votre sac de l’autre côté du portique auprès d’une autre personne en l’identifiant dans le tas de centaine de sacs qui attendent en vrac. En bref, c’est la leçon du jour, ne prenez pas de sac ce jour-là, gardez tout en poche ! Car ça a été pour moi un stress monumental de laisser mes affaires seules dans un site avec autant de monde, sans avoir aucune explication délivrée.
Mais ce mauvais moment passé, la quiétude est de retour et le Taj Mahal apparait devant nous. Toute cette foule nerveuse se disperse d’un coup et nous avons l’agréable sensation, durant toute notre visite, de nous promener dans un jardin public arboré. Il y a des oiseaux, des écureuils, de grandes étendues de verdure, et ces bâtiments immenses qui nous dominent. Et j’écris bien « ces » car nous ne connaissons que le gros monument de marbre, qui est en réalité le monument central, encadré de part et d’autres par deux portes monumentales tout aussi raffinées. Une merveille pour les yeux, du début à la fin, dans une ambiance très sereine.

Une partie de la visite se réalise pied nu ou munis de sur-chaussures à enfiler, afin de ne pas salir le marbre blanc du sol ; nous pouvons ainsi pénétrer dans le mausolée à proprement parler, une merveille d’architecture. Avantage : notre guide a prévu le temps qu’il fallait pour que nous puissions profiter des lieux et même si nous aurions pu y déambuler toute la journée, nous arrivons tout de même à bien admirer le site et à commenter entre nous chaque détail de la pierre…




Après un petit passage par le petit-déjeuner de l’hôtel (absolument sublime, mettant en avant les produits d’Agra, on a dévalisé le stand « local » et bu des litres de thé massala !), le guide nous propose de nous rendre dans un atelier de marbrerie, dont les artisans sont les descendants de ceux ayant réalisé les marbres du Taj Mahal. On nous présente le matériel traditionnel, les pierres précieuses utilisées, la technique d’incrustation dans le marbre… Très intéressant, bien que le but de l’opération soit de nous diriger subtilement vers la boutique ! Nous craquons d’ailleurs ici sur ce qui sera notre souvenir de voyage, un bougeoir en marbre avec fleurs en incrustations, pour les longues soirées d’hiver…


Passage ensuite dans une boutique de tissus, afin que nous puissions faire éventuellement quelques emplettes : monsieur et moi rongeons un peu notre frein, le moment s’éternisant énormément, chacun ayant la possibilité de se faire réaliser une tenue sur mesure par le tailleur (avec tout le processus de choix de tissu et de prise des dimensions qui s’impose… et sur un groupe de 15 personnes, ça prend vite du temps !), mais l’expérience est intéressante et nous faisons le choix d’admirer les aquarelles que le patron âgé peint tranquillement à la main dans un petit coin de la pièce. Il n’est pas pensable de quitter le magasin, le guide veille farouchement sur la sortie, allant jusqu’à se placer devant la porte les bras croisés lors de ma quatrième tentative pour fuir ! Nous apprendrons par la suite que la notion de « responsabilité morale » est très forte chez les Indiens, et qu’il lui importe plus que tout que rien ne nous arrive de fâcheux ou juste de désagréable, au-delà de la simple responsabilité d’un groupe qui incombe de manière habituelle à un guide touristique.
Mais ce pauvre guide n’a pas fini d’entendre parler de nous : en raison du temps passé dans la boutique, il nous annonce que la sortie de l’après-midi au site de Fathepuhr-Sikri est annulée… à moins de réunir minimum 10 personnes pour rentabiliser le déplacement du bus ! Lever de boucliers de la part des personnes intéressées, mobilisation générale des autres touristes jusque dans les toilettes des femmes, changement d’avis de quelques personnes, à onze heures un petit groupe est sur le pied de guerre (et le guide un peu boudeur) !
De toutes les personnes qui se sont laissées convaincre d’aller voir ce site, aucune n’est revenue déçue. Je dirais même que c’est mon site préféré de tout le séjour, tellement le lieu est juste beau et paisible. Moins « tape à l’œil » que ses camarades d’Agra, plus isolée, la « ville de la victoire » a tout de même été capitale de l’Empire Moghol au XVIe siècle ! Construite par l’Empereur Akbar (le même que celui qui a transformé le Fort rouge) sur un plateau rocheux, elle est encerclée d’un mur d’enceinte et accueille une dizaine de temples, mosquées et palais tous plus beaux les uns que les autres. Avantage pour les touristes asociaux que nous sommes : le calme absolu du site, visité uniquement par des personnes isolées, on quitte totalement le tourisme de masse du matin pour rejoindre un lieu de contemplation.






Notre monument préféré ? Le Divan-i Khas, hall des audiences privées, dont le pilier central soutenant neuf sièges de l’Empereur et de ses ministres est taillé d’un seul bloc dans la roche, avec une finesse incroyable.
La soirée sera particulière pour nous deux : le guide, pensant faire plaisir aux Européens, a prévu un repas du soir avec animation dansante en Rooftop. Le concept est sympathique sur le papier, mais quand les portes de l’ascenseur s’ouvrent, nous sommes en réalité dans une boite de nuit avec musique occidentale à fond ! Demi-tour quasi immédiat pour moi, nous terminons la soirée au bar à tapas de l’hôtel, en tête à tête, avec vue sur la piscine et bons petits plats locaux, le tout agrémenté d’une limonade maison au gingembre. Si ça, ce n’est pas les vacances !

Après un dernier petit-déjeuner de rêve dans cet hôtel incroyable (on vous met les photos ci-contre, un vrai fantasme pour qui aime manger le matin), nous prenons le bus pour une journée de transit, direction Lucknow, où la majeure partie des festivités de mariage va se dérouler. Article à suivre !



2 réflexions sur “Trois mariages et un voyage, partie 1 : de Delhi à Agra”