Avant de commencer votre lecture : si vous souhaitez rattraper votre lecture, vous pouvez retrouver ici notre périple de Delhi à Agra, et ici notre petit séjour à Lucknow.
Notre voyage se poursuit, destination l’est du pays et la ville de Calcutta. Le trajet depuis Lucknow n’est pas bien long avec un vol intérieur, à peine plus d’une heure de temps… mais c’est sans compter le retard de plus de deux heures que nous allons subir, et donc l’attente de quasiment quatre heures dans l’aéroport. Impossible de « s’échapper » à l’extérieur pendant ce laps de temps, la mariée (qui prend alors le vol avec nous accompagnée de sa belle-famille) nous expliquant que les horaires sont fluctuants, et qu’une indication d’un départ retardé ne veut pas dire que nous ne serons pas tous appelés dans la demi-heure en mode « l’avion va partir quand même à l’heure dépêchez messieurs-dames ! ». Nous prenons donc notre mal en patience entre lecture, déambulation dans les commerces et papotage avec les copains alsaciens qui retournent sur Delhi et se sont finalement retrouvés dans le même hall de départ que nous. Nous recevons également un petit cadeau « pour patienter » de la part de la compagnie, composé de crackers divers et d’une bouteille d’eau : geste apprécié au regard de l’heure qui passe.


Et chose importante à signaler : les gens sont d’un calme, et d’une patience ! A part une personne qui a littéralement hurlé sur une autre personne dans la queue (mais visiblement il y avait un passif pré-aéroport), personne ne bouge, tout le monde reste posé, l’ambiance est toujours sereine…
Jour 10 : arrivée chaotique et repas fabuleux
Nous passons directement sur le « jour 10 » de ce voyage, puisque nous arrivons à l’hôtel à l’heure tardive de… 2h45 du matin. Car si le vol finit par arriver et se dérouler sans encombre, un trajet en bus suit encore afin de rejoindre notre lieu d’hébergement… qui ne nous épargnera AUCUNE étape du check-in malgré l’heure avancée de la nuit. Scan des passeports, scan des visas papier (qui sont tamponnés dans le passeport, mais soit), photo de chaque arrivant, complétude d’un registre MANUSCRIT de chaque personne avec signature dans deux colonnes… Un cauchemar de paperasse franchement insupportable au regard du standing que l’hôtel prétend proposer à ses hôtes. La raison de tout cet administratif est simple : il s’agit d’un « club » et il faut être membre pour y résider. Nous disposons donc tous ainsi de cartes de membres temporaires afin d’avoir le droit de rejoindre nos chambres ! Une formalité dont on se serait largement passée, d’autant plus que, bon princes, nous laissons la priorité aux personnes plus âgées du groupe pour les procédures. Résultat : nous rejoignons notre chambre à 3h45 du matin.
Bienvenue donc au Tollygunge Club de Calcutta ! Je ne cacherais pas que j’étais tellement fâchée de l’accueil que j’ai franchement réfléchi à changer d’hôtel pour les jours suivants… mais la raison l’a emporté, et surtout la localisation du site qui, me paraissant éloignée de tout en pleine nuit, s’est avérée être pleine de possibilités au jour levé…!
Après une courte de nuit dans une chambre qui ne nous a pas franchement convaincu au niveau de la propreté (mais nous avons réalisé un miracle de la science sur nos quatre jours de présence ici : en effet, quand on ouvre les fenêtres en mettant le ventilateur en marche, l’humidité s’efface et les moisissures actives avec elle ! (être archiviste apporte parfois quelques compétences pratiques). Nous découvrons ensuite le complexe… qui s’avère être franchement beau. Un immense jardin entoure la partie hôtelière, de nombreux bâtiments accueillent différents espaces bar, restaurant, piscine couverte, il y a un golf, des chemins de promenade, des oiseaux, des chats… un vrai poumon vert où il est extrêmement plaisant de déambuler. Ce sera le grand point fort de ce lieu pour nous (et il y a des chats, alors forcément on adore) !




Nous testons évidemment également le petit déjeuner, qui s’avère être également local et salé, tout ce que l’on aime !
La première partie de journée est dédiée à de nouvelles cérémonies pour les mariés. Tous les convives se rendent dans la maison de famille du marié afin d’admirer le lit nuptial orné de guirlandes de fleurs de jasmin (cérémonie de Phool Sojja) avant de monter sur le toit du bâtiment pour admirer la vue sur le fleuve… et les immeubles ultra-modernes faits de verre et de jardins suspendus visibles sur la rive d’en face. Là encore, un contraste immense avec les habitats précaires qui sont installés sur les rives à nos pieds…
Mais nous sommes déjà tous en retard pour le repas et les cérémonies qui l’introduisent ! Il faut dire que notre bus diligenté pour l’occasion rencontre quelques difficultés à s’extraire des rues sinueuses du quartier dans lequel il s’est engouffré (car on le rappelle, nous sommes des touristes, donc pas question de nous laisser marcher 300 mètres, il fallait nous récupérer DEVANT la porte…), faisant l’animation pour tous les gamins du coin hilares qui viennent nous faire de grands coucous !



Mais nous finissons par arriver à bon port pour les deux cérémonies du moment, à savoir Bhaat Kapor, durant laquelle la mariée reçoit des cadeaux de son mari, lequel promet alors de toujours prendre soin d’elle, puis Ghee-Bhaat, où la « femme nourricière » distribue du beurre clarifié à ses proches attablés, afin de signifier qu’elle saura prendre soin de sa famille (traditions, traditions…). S’en suit un repas exceptionnel, mon préféré du séjour, pour une raison simple : tout est fait maison, chaque membre de la famille du marié ayant été mis à contribution pour cuisiner un plat ! Et nous arrivons encore à goûter des mets inédits pour nous, dont un poisson aromatisé à une sorte de moutarde mis en papillote dans une feuille de bananier qui restera dans mon esprit, un régal. Ambiance extrêmement conviviale également, puisqu’il y a peu de tables, chacun mangeant alors debout, ou assis sur des sièges le long des murs avec une table basse, changeant de place à chaque nouveau service, et donc pouvant discuter à chaque fois avec quelqu’un d’autre. Un bon concept qui nous donne l’occasion de parler gastronomie avec les différents hôtes venant nous demander régulièrement si on a pu goûter tel ou tel plat de leur création.
L’après-midi étant ensuite déjà bien entamé, nous décidons de suivre un petit groupe se rendant au marché principal de la ville : le trajet se déroule cette fois dans un Uber (on ne peut pas toujours trouver un Tuk Tuk !) et nous sommes projetés dans un monde incroyable, fait de stands entremêlés, de foule, de bruits, d’odeurs… Une jeune femme du groupe, qui a eu l’occasion de vivre à Calcutta il y a quelques années de cela, nous oriente aisément dans les lieux et nous offre gentiment un thé massala qui s’avère excellent. Et boire un thé assis au milieu d’un tel marché, je vous le dis, c’est déjà une expérience en soit car jamais, seuls, nous n’aurions osé consommer un produit alimentaire ici ! Et pourtant…



Le retour à l’hôtel a lieu assez tôt puisque nous devons nous préparer pour l’étape suivante, la dernière soirée de festivités liée au mariage qui se tient au Bengal Club, un lieu historique de la ville fondé en 1827 connu pour sa collection d’œuvres d’art et d’antiquités… et sa cuisine ! La soirée est cette fois sur le thème du chic, et le lieu s’y prête à ravir. Après les séances photos d’usage avec des mariés juste magnifiques en tenue d’apparat, nous nous dirigeons vers le repas qui se tient dans un jardin. Et là, on se croit littéralement dans un film avec les tables en nappes blanches réparties sur l’herbe sous des guirlandes lumineuses, et l’immense buffet tout autour, de la musique douce en bruit de fond… Là encore, pas de places attitrées, on se lève, on se rassoit ailleurs, on mange debout… et on mange tellement bien ! C’est également la seule fois que nous aurons l’occasion de discuter un peu avec les mariés, car il faut dire qu’avec tout cet enchainement de cérémonies (sans parler de toutes celles à laquelle nous n’avons pas assistées car réservées au cercle familial très proche), ils ont été quelque peu occupés !
Jour 11 – Métro et taxi jaune
Cette nouvelle journée étant entièrement libre de toute visite organisée ou cérémonie, et les deux touristes indisciplinés que nous sommes ayant découvert l’existence d’une bouche de métro non loin de l’hôtel, nous décidons de partir à l’aventure dès le petit-déjeuner terminé.
Première très bonne surprise de la journée : le métro en lui-même ! Le billet (en réalité un jeton magnétique) peut s’acheter en espèces auprès d’un guichet physique, et le tarif est ajusté suivant la station de destination. Et quel tarif : l’équivalent de 50 centimes d’euros pour 2, pour le trajet aller-retour… Nous passons ensuite les portiques magnétiques de sécurité surveillés par des vigiles, bipons nos jetons et découvrons le quai. Deux constats immédiats : la propreté incroyable des lieux, et le fait que le seul bruit qui parvienne à nos oreilles soit celui des écrans de télévision suspendus qui diffusent actualités et bandes annonces de films ! Les gens sont calmes, silencieux, les rames de métro arrivent toutes les 2 minutes de manière régulière, leur intérieur est tout aussi propre que les quais, une excellente surprise qui permet de se déplacer de manière extrêmement rapide en évitant tous les embouteillages de la surface.

Nous descendons à l’arrêt « Park street », direction le Victoria Memorial pour notre première étape de la journée : plus grand monument au monde dédié à un souverain, ce palais en hommage à la reine Victoria, Impératrice des Indes, est abrité au cœur d’un immense parc dans lequel nous sommes restés quasiment une heure. Entre contemplation du bâtiment depuis différents points de vue, promenade au sein des différents espaces de ce jardin de centre-ville et contemplation des petits animaux qui peuplent les lieux, le temps prend une autre dimension. Nous espérons pouvoir revenir de nuit plus tard, car il y a visiblement tout un dispositif en place pour réaliser du mapping sur les façades…



Nous empruntons la sortie opposée afin de rejoindre ensuite le fort William : nous marchons un certain temps le long de grandes étendues d’herbe sur lesquelles broutent des chevaux en semi-liberté, gratte-ciels en arrière-plan (le contraste est fort !) avant d’arriver devant l’entrée et de découvrir qu’il s’agit encore d’un site militaire actif, et non d’un lieu patrimonial. Qu’à cela ne tienne, nous poursuivons notre promenade en longeant cette fois la voie de tram désaffectée depuis seulement quelques mois mais déjà envahie d’herbes et de terre (la nature reprend très vite ses droits ici) et allons visiter la cathédrale Saint-Paul.
La cathédrale, bien que son style gothique interpelle, a été construite en 1847 par les britanniques. En raison de séismes violents, sa tour a été démolie par deux fois, une petite exposition de documents d’archives présentant l’édifice à différentes époques permet de se rendre compte des changements. Le lieu est grand, clair, et la charpente métallique de la nef centrale de laquelle tombent des ventilateurs (déjà présents sur les photos anciennes) nous rappellent instantanément certaines églises de l’île de la Réunion, construites sur le même plan.


Nous rejoignons ensuite notre bouche de métro, mais nous ravisons pour emprunter un moyen de transport un peu plus local qui nous fait de l’œil : et c’est à bord d’un taxi jaune que nous rejoignons notre hôtel et que nous nous faisons déposer bien devant la porte, devant l’étonnement des autres clients plus habitués aux taxis d’une autre gamme (mais c’était parfaitement calculé de notre part, il faut bien s’amuser un peu).

Nous décidons toutefois de ressortir encore durant l’après-midi, afin de nous rendre dans un lieu très calme, et pour cause : le cimetière de Park Street, protégé par un statut équivalent à celui de nos Monuments historiques (l’Archaelogical Survey of India), connu pour ses tombes monumentales nichées au cœur d’un jardin devenu quasiment une jungle au fil des ans. Bien que l’on se trouve au cœur du centre-ville, à deux pas de notre sortie de métro et de la circulation routière dense, le silence est quasi absolu, et nous sommes seuls dans une des villes les plus peuplées du monde. Un contraste incroyable et extrêmement ressourçant.
Nous décidons ensuite d’emprunter quelques rues « hors des sentiers battus » pour rejoindre notre station de métro (c’est toujours très instructif d’emprunter la rue parallèle à la grande avenue commerçante, on voit la vie autrement), puis notre hôtel pour un repas qui s’avère être totalement différent de ceux qui nous avons déjà mangé.





En effet, la sauce s’impose tout de même à tous les repas depuis plus d’une semaine, donnant à force un goût un peu similaire à tous les plats : après une petite entrée à partager faite de fromage mariné (j’ai dû en manger des kg durant ce séjour, c’est mon coup de cœur culinaire), nous avons l’occasion de goûter un plat traditionnel de Kolkata à base de poulet ou de mouton (pour une fois qu’on mange de la viande, on prend le plus local possible) dans du riz parfumé aux épices. Un régal, il n’y a pas d’autres mots. Et idem pour les desserts, nous essayons des spécialités locales qui sont juste fabuleuses. Nous terminons la journée sur un banc au bord du terrain de golf, un gin tonic local à la main. Quoi de mieux ?



Jour 12 – Fleurs et poésie
Cette nouvelle journée est cette fois-ci dédiée aux visites guidées organisées, et nous débutons par une expérience assez marquante pour nous dire que la présence d’un guide était indispensable sur ce coup-là ! J’ai nommé : le marché aux fleurs de Howrah. Après une petite marche sur le pont en acier de Howrah, lequel compte parmi les six plus grands ponts de ce style au monde (et sur lequel il est interdit de s’arrêter en tant que piéton, sans doute pour éviter l’effet d’engorgement), nous descendons déambuler au cœur des stands qui s’organisent de manière quasi labyrinthique sur des centaines de mètres de distance. Dans la plupart des secteurs, on ne voit même plus le ciel tant les tentures, les fleurs séchées et les auvents des maisonnettes dans lesquelles les vendeurs vivent au-dessus de leur commerces occultent la lumière du jour.
Et tout à coup, nous débouchons sur une grande esplanade au niveau du fleuve Hooglhy, un bras du Gange. La vue est assez incroyable, très dégagée, très paisible après notre passage dans le marché !





Nous retournons ensuite au bus, direction la maison-musée de Rabindranath-Tambore, écrivain, peinture, philosophe et compositeur indien titulaire du prix Nobel de littérature en 1913. Si pour ma part je ne connaissais même pas le nom de cette personne, ce n’est pas le cas d’une autre touriste de notre groupe qui, maitrisant très bien l’œuvre de cet artiste, prend plaisir à compléter spontanément le discours du guide. Nous déambulons donc de manière assez stricte (ça, c’est le point faible des visites guidées !) dans la maison pour découvrir différentes facettes de son œuvre au travers des objets, des tableaux…
Point négatif du lieu : il faut payer pour avoir le droit de prendre des photos. Alors pas beaucoup, 100 roupies, soit 1 euro, mais quand même… et attention, seulement des photos de l’extérieur du bâtiment, pas du musée ! Bon, ça encore on peut le comprendre, la protection des œuvres, tout ça. Mais double attention, pas de photos non plus de l’extérieur depuis l’intérieur du bâtiment, donc pas de clichés du jardin depuis le balcon, j’ai été reprise par le vigile qui a exigé l’effacement de ma photo (enfin la mise à la « corbeille », vous avez compris comment je fonctionne si vous lisez ce blog…).


Après cette visite un peu insolite, le guide nous emmène dans un autre lieu tout aussi curieux pour des touristes logeant au « Tolly Gunge » (mais qui n’a pas été pour nous déplaire), à savoir une cantine au cœur du quartier des bouquinistes, l’Indian Coffee House ! Rien que l’entrée du lieu vaut le déplacement (ne surtout pas s’interroger sur la sécurité incendie…) et nous goûtons enfin les « momos » figurant sur tous les panneaux publicitaires de la ville. Seul bémol là encore : le temps passé, nous rongeons notre frein et avons à nouveau l’impression que le guide « gagne du temps » pour ne pas nous emmener visiter d’autres lieux. Mais nous avons désormais trouvé le truc que nous n’avions pas encore compris à Agra (voir notre aventure pour aller visiter Fatehpur Sikri) : si on ne repart pas rapidement, nous quittons la visite pour aller de notre côté visiter un temple jaïn ! Et ça marche, il faut tout à coup moins de 10 minutes pour que tout le monde ait rejoint le bus… direction un temple jaïn, comme par hasard tout à coup rajouté au programme de l’après-midi. La vie est simple, parfois !



Direction donc le Parashnath Jain Temple, absolument splendide. Bâti en 1867 par un bijoutier, il est dédié à Parashwanath, grand maître jaïn. Le style des bâtiments est incroyable, on a des miroirs, de la mosaïque, du marbre, des incrustations de fleurs comme au Taj Mahal (on connait maintenant la technique de fabrication) et même du verre de Murano ! Nous pouvons pénétrer dans le temple principal afin d’en admirer le hall d’entrée, dont pas un centimètre carré n’est pas recouvert de décorations, une vue incroyable… mais un peu rapide, on aurait pu y rester au moins une heure de plus pour en admirer les détails si le guide n’avait pas sonné le retrait de manière assez brusque… Avantage des visites guidées : pouvoir visiter de tels lieux ; inconvénient : ne pas pouvoir en profiter comme on le voudrait.





L’avant-dernier lieu de la journée reste sur la thématique religieuse, mais plus cette fois dans notre culture européenne classique : nous nous rendons dans le dispensaire de Mère Teresa afin de voir sa cellule et sa sépulture. Une petite exposition présentant des photos d’archives et des objets se tient mitoyenne à la tombe sur laquelle de nombreuses personnes viennent prier. Le lieu est toujours en activité, et la partie « touristique » est bien isolée de la partie « lieu de vie et de travail » des sœurs que l’on aperçoit brièvement.
Et la journée se termine avec un petit passage devant le Victoria Memorial de nuit : pas de mapping, mais une jolie mise en lumière du bâtiment et des statues qui veillent sur lui. Moralité : on a bien fait hier de ne pas miser sur la visite guidée pour aller le visiter !


Jour 13 – émotions à Varanasi
La journée débute très tôt, puisque le départ de l’hôtel est donné à 6h30 afin de nous rendre à l’aéroport. Nous retournons à présent en Uttar Pradesh, et plus précisément à Varanasi, qualifiée de capitale spirituelle de l’Inde. Le trajet se déroule aisément entre sieste et… repas, bien évidemment.
A l’issue du vol, nous faisons la connaissance de notre guide fourni par l’agence alsacienne Définition Asie, réputée pour proposer des voyages assez « luxueux », ou du moins qualitatifs culturellement à ses clients. Alors, autant je sais que je ne suis pas la meilleure en anglais, mais j’arrive à peu près à suivre les visites depuis notre arrivée en Inde, autant là.. c’est le drame, je ne comprends rien quand le guide parle, je ne reconnais plus un seul mot ! Monsieur lui-même, alors qu’il dispose d’un très bon niveau, sèche totalement, ce qui n’augure pas le meilleur du côté des visites imposées…
Nous arrivons finalement aux alentours de 13h à l’hôtel India Benarès, qui nous plait immédiatement. A taille humaine et situé au bord d’une route sur laquelle circulent des Tuk Tuk près à nous emmener découvrir le vaste monde, que demander de plus ? Et en plus la chambre est superbe, ça ne gâche rien !



Nous profitons donc de 2h de libre pour commencer à apprivoiser notre environnement proche. Le lieu nous rappelle immédiatement Lucknow : un hôtel situé directement sur une voie passante le long de laquelle on peut marcher pour rejoindre une grande avenue commerçante. Nous faisons un petit tour de quartier avant de sagement revenir à l’hôtel pour la suite des opérations…
Un autocar de tourisme nous récupère devant la porte afin de nous transporter vers notre premier lieu de visite, le temple du campus du Banaras Hindu University, le Shri Vishwanath Temple. A préciser que le campus (en forme de demi-cercle, la vue aérienne est intéressante) accueille 20 000 étudiants de 34 nationalités au sein de 140 départements d’études et sur 5.3 km², formant ainsi l’un des plus grands campus asiatique.
Le temple, donc, est situé au cœur de cette demi-lune, au milieu d’un jardin verdoyant. Les personnes peuvent y entrer librement pour prier Shiva, un prêtre étant présent à demeure pour diriger les rituels qui consistent notamment à verser de l’eau sur une pierre noire ovale représentant la divinité, puis à y placer des couronnes d’œillets d’Inde.


Mais les heures passent et le jour décline déjà, il est temps d’enchaîner avec la suite de la visite qui nous conduit à présent sur les bords du Gange, fleuve sacré par excellence, lieu de pèlerinage parfois d’une vie pour les hindouistes qui s’y immergent… à leurs risques et péril. Car entre les 40 000 corps annuellement crématisés sur ses berges et jetés dans l’eau à l’issue des cérémonies (et on sait que le bois est cher, alors déduisez-en la suite), le déversement des canalisations d’assainissement, les produits chimiques des usines et la « simple » pollution des eaux, il nous a clairement été expliqué qu’un Européen ne dispose pas d’un système immunitaire suffisant pour survivre à une immersion. Le guide nous a d’ailleurs précisé que les locaux eux-mêmes sont malades plusieurs jours après une baignade… mais qu’ils sont ensuite immunisés à vie, à notre différence !
La « surprise » du soir consiste donc en une promenade en bateau (je rectifie : en barque à fond plat faisant apparaitre l’eau au travers des planches du fond) afin d’admirer les temples du rivage depuis le fleuve, et surtout (double surprise) de pouvoir aller se stationner en face d’un Ghât (escalier permettant d’accéder à l’eau) afin d’assister à la cérémonie religieuse de Ganga Aarti. Cette dernière a lieu tous les soirs et attire quasiment 10 000 fidèles différents à chaque fois, venus du pays entier : on ne peut pas dire, la ferveur est présente et le moment est fort, c’est à vivre ! Même si être 1h30 sur le toit d’un bateau n’est pas mon expérience préférée du séjour (ah oui, et on a changé de bateau en cours de route en passant de l’un à l’autre pour « mieux voir », aussi), ça valait franchement le coup, d’autant plus que des écrans géants retransmettent les détails de la cérémonie aux personnes les plus éloignées, permettant de retrouver le prêtre dans la foule et d’observer les étapes de la cérémonie.



Pour le retour sur la terre ferme : j’aurais bien noyé le guide dans le Gange. Nous nous demandions comment nous allions bien pouvoir faire pour repartir, notre bateau étant totalement coincé par les dizaines et dizaines d’autres bateaux s’étant amarrés après nous et nous bloquant de ce fait la sortie. Et bien nous avons du rejoindre la rive à pied en passant de bateau en bateau, comme dans les films !
Le retour à l’hôtel a été un peu moins périlleux pour nous : après une promenade dans les rues du centre-historique dans une ambiance survoltée de fin de cérémonie qui nous a franchement bien plu (dans un mélange de marché en plein air / prêtres bénissant les foules / scooter roulant au milieu de la foule compacte) – on se note d’y retourner le lendemain – nous rejoignons notre moyen de transport du soir.
Et là, c’est le drame. Pas pour nous, mais pour les pauvres cyclistes conducteurs de Rickshaw censés véhiculer les locaux au sein d’un quartier défini, et qui ont du pédaler plus de 5 km en pente à travers des routes ouvertes à la circulation des véhicules pour ramener 12 touristes à leur hôtel. Notre chauffeur était jeune et pourtant bien essoufflé, celui d’un autre binôme s’est carrément perdu, n’arrivant pas à suivre la cadence (Maman, tu en as eu des aventures durant ce séjour !)… Même si la course était conséquente et a dû leur assurer un revenu correct, nous avons vraiment ressenti un sentiment de honte à la fin de ce parcours, durant lequel nous avons au moins pu un peu discuter avec notre chauffeur qui nous montrait des photos de sa femme et de ses enfants à chaque arrêt, en nous expliquant qu’il cumulait ce type d’emploi pour leur offrir une belle vie…
Et autant je déteste cette pratique du « pourboire obligatoire » qui s’impose dès que quelqu’un te suit dans ta chambre pour allumer la lumière à ta place (véridique), autant donner une somme était ici juste une évidence. Merci à lui pour ce travail difficile !

Jour 14 – évasion et site archéologique
En ce deuxième jour à Varanasi, j’ai fait ce que j’aurais détesté qu’on me fasse en tant que guide moi-même : j’ai séché une visite au programme, et entrainé monsieur dans mon choix. Car me lever à 3h30 du matin pour retourner faire un tour en bateau sur le Gange, c’était trop pour moi ! Nous avons donc décidé de prendre un bon petit déjeuner avant d’aller nous promener dans les environs de l’hôtel, tantôt en empruntant un tuk tuk, tantôt en marchant. Entre beaux murs peints et petites églises cachées dans des jardins, nous avons « essoré » le quartier !



Nous retrouvons ensuite nos compagnons de voyage pour l’excursion du jour, et je suis bien heureuse d’avoir pu me reposer afin d’en profiter au maximum : direction le site archéologique de Sarmath, qui était en bonne place dans mon programme personnel de voyage.
Sarmath est un des lieux les plus importants du bouddhisme : c’est en effet à cet endroit que Bouddha a délivré son premier prêche après être parvenu à l’Illumination. Au VIIe siècle, ce lieu saint comptait 1500 prêtres et était dominé par un stupa de 100 mètres de hauteur, la colonne d’Ashoka, dont la base est d’ailleurs encore visible. Détruit au fil des siècles, le site est redécouvert par les Anglais en 1835 lors de fouilles archéologiques. Parmi les vestiges les plus impressionnants : le Dhamekh Stupa de 34 mètres de hauteur, censé se trouver à l’emplacement précis du premier prêche de Bouddha et le représentant symboliquement.
Le lieu est sublime et pour une fois : nous avons le temps de profiter du site sans devoir nous presser ! Nous pouvons assez librement déambuler, prendre des photos, admirer les structures… avant de disposer d’un petit temps pour visiter le musée archéologique du site qui permet de découvrir les éléments complémentaires des monuments extérieurs (haut de la colonne d’Ashoka par exemple, consistant en quatre lions soutenant la roue devenue le symbole de l’Inde). Ce musée est d’ailleurs absolument magnifique, nous aurions aussi pu y passer des heures !




Seul regret pour pas mal de personnes du groupe : que le guide nous ait quasiment obligé à déposer nos affaires en consigne (payante), insistant sur l’interdiction de la prise de photos dans le musée (ce qui n’est pas insolite en ce type de lieux) et également l’interdiction de détention d’un téléphone, pour qu’une fois arrivés au musée les photos soient autorisées… à l’appareil photo uniquement, c’était la seule restriction. Trop tard, mais bon à savoir pour ceux qui préparent un voyage et liront ce blog !
La journée se poursuit avec le retour à Varanasi dans le quartier de l’hôtel (nous reconnaissons les lieux visités en autonomie le matin-même) afin de visiter un atelier de tissage de sarees. Nous pouvons voir les artisans au travail sur des métiers à tisser Jacquard, et il nous est expliqué que des plages de 1h30 de concentration intense sur les fils sont entrecoupées de pauses obligatoires pour les yeux : on imagine au regard de la finesse de l’ouvrage. Et évidemment, nous sommes conduits à la boutique pour les petits achats commissionnés, mais qui ne rencontrent aucun succès chez personne du groupe car il est quasiment 16h et l’absence de repas de midi se fait sentir chez ceux qui se sont levés il y a déjà plus de 12h maintenant…

Après un repas de midi, ou plutôt de 16h transformé en 17h du fait de multiples coupures de courant empêchant la préparation de nos assiettes (dites assiettes qui sont venues assez rapidement dès lors que l’on a dit qu’on avait assez attendu et qu’on s’en allait, d’ailleurs), retour à l’hôtel pour ceux qui le souhaitent… et départ d’une nouvelle aventure pour nous deux, puisque nous retournons au centre-ville historique de la veille au soir.
Nous avons d’ailleurs un objectif : trouver un bar spécialisé dans les lassi dont une collègue de groupe déjà venue il y a une dizaine d’années nous a dit le plus grand bien. Situé au cœur de ce quartier, il nous sert donc de repère sur « Google map » hors connexion, on se débrouille comme on peut !
Déambuler dans ce centre ancien est une expérience à vivre : entre les rues toutes étroites dans lesquelles on croise des processions funéraires se dirigeant vers le Gange, la partie « marché » où vous êtes accosté par des vendeurs parfaitement francophones qui vous escortent jusqu’à leur échoppe (je voulais rapporter un foulard en soie, c’était l’occasion !), les bords du Gange où les cérémonies se tiennent de nouveau, les rues commerçantes plus classiques, les murs peints colorés qui ornent les façades, les temples à chaque coin de rue et même sur les trottoirs, la promenade est fantastique. Nous avons même trouvé le fameux bar à lassi aux détours d’une ruelle, mais le pichet de lait et la carafe d’eau disposés au sol à côté de la rue passante où nous venions de dépasser une vache et un nouveau cortège funéraire nous ont un peu dissuadé de tenter l’expérience !



De retour à l’hôtel, mon regard est attiré par des palmiers sur le toit : s’agirait-il d’un Rooftop avec vue sur la ville ? Nous empruntons immédiatement les escaliers pour rejoindre le 4ème étage… qui s’avère être en réalité un bar ! Le dress code est sévère et non adapté aux touristes que nous sommes, mais un barman, nous voyant hésiter, vient nous ouvrir la porte : nous sommes seuls et bienvenus en ce lieu qui s’avère être tout à fait agréable, entre plantes exotiques, petits geckos au mur et tables le long d’une belle piscine. Nous n’aurions jamais deviné que ce lieu existait ! Notre dernière soirée à Varanasi se termine donc avec une bonne Kingfisher bien fraiche.

Jour 15 – dernière excursion et retour à Delhi
Pour cette dernière matinée à Varanasi, nous profitons au maximum du superbe petit déjeuner de l’hôtel, proposant là encore des produits locaux salés, sucrés… Si on m’avait dit plus jeune qu’un jour je mangerais du chou-fleur au petit-déjeuner, j’aurais bien ri ! Et LA découverte du séjour restera les Gulab jamun (photo de droite), totalement addictives (et nécessaires pour garantir sa dose de sucre quotidienne).


Et pour cette dernière matinée à Varanasi, nous nous échappons à nouveau en solitaires afin d’aller visiter le fort de Ramnagar, situé sur les rives du Gange. Construit en 1750 dans un style architectural moghol. Ce fort est encore aujourd’hui le lieu de résidence du Maharaja de Varanasi ; on peut y voir deux temples, un musée, les appartements du Roi… C’est une visite apparemment immanquable !
Mais la vie en décidera autrement pour nous : après 40 minutes de Tuk Tuk pour rejoindre le site (sachant que le trajet est un voyage en soit), il s’avère que le fort ouvre à 10h seulement… et qu’il est 9h. Et nous devons être de retour à l’hôtel pour 12h30 maximum, heure maximale à laquelle nous devons libérer nos chambres. Le timing n’est pas en notre faveur, alors nous décidons de nous promener dans le quartier environnant qui est composé principalement d’étals de marché, d’écoles élémentaires, de temples et de mosquées. Nous nous promenons également au bord du Gange, contents de pouvoir enfin le voir sans une foule dense autour de nous.
Le Tuk Tuk de retour nous emmène d’ailleurs gentiment sur la rive opposée du fort, auprès de Ghâts totalement recouverts de limon suite aux violentes crues des semaines précédentes et qui sont en train d’être nettoyés au jet. La vue sur le fort est imprenable de là !




Le reste de la journée est consacré au trajet retour vers Delhi, en train cette fois-ci. Nous n’évoquerons pas « l’aventure » en bus climatisé 45 places pour nous emmener sans encombre à la gare de Varanasi située à 200 mètres en ligne droite depuis l’hôtel (quand on dit que les touristes ne doivent pas marcher), nous parlerons plutôt de la gare en elle-même, du même acabit que le métro de Calcutta : c’est calme, c’est propre, c’est organisé, les gares françaises peuvent se cacher ! L’auto-laveuse passe en continu sur le quai (il faut faire attention à reculer sa valise juste à temps), le ménage est fait plusieurs fois par heure dans les wagons. Impeccable… et en plus, on a été nourris deux fois durant le trajet, et correctement !
Nous arrivons à Delhi à 23h, s’en suit un trajet en bus de près de 45 minutes pour rejoindre notre hôtel de la dernière nuit, le Lemontree Premier Delhi Airport. On prend plaisir à reconnaitre les lieux qui nous semblent familiers mais en même temps lointains : il faut dire que 15 jours sont passés depuis notre arrivée en Inde et notre visite de la ville le premier samedi…



C’est désormais la dernière nuit en Inde : nous trinquons une dernière fois avec nos compagnons de voyage avant de rejoindre nos chambres. Notre regret immédiat : n’être à cet hôtel qu’une seule nuit, car le lieu est franchement beau (et encore plus pour un hôtel d’aéroport), il y a même une petite bouture de citronnier dans la chambre !



Jour 16 – au revoir !
Notre dernier petit-déjeuner à Delhi est à la hauteur de nos espérances : du choix, du salé, du sucré, et surtout du local. Nous prenons des forces pour la journée de trajet qui s’annonce longue et froide (sans parler du décalage horaire prévu dans la nuit suivante en Europe qui va accentuer le contraste) et prenons le temps d’aller encore découvrir notre lieu d’hébergement avant de nous diriger vers l’aéroport. Nous ne sommes absolument pas déçus de ce dernier hôtel, la preuve en image !



Et il est à présent temps de rejoindre l’aéroport international pour retrouver notre quotidien et la grisaille de l’automne… Une seule certitude à l’issue de ce voyage : nous reviendrons en Inde et découvrirons le maximum de ce pays absolument merveilleux.
Et pour ceux qui nous connaissent en vrai : un tel numéro pour la porte d’embarquement est de bon augure, vous ne croyez pas ?
