Nouvel an en Italie : de Chiavari à Pise

A l’heure à laquelle parait cet article, nous traversons encore le premier mois de l’année : l’occasion de nous remémorer un séjour de Nouvel an d’il y a quelques années qui nous a laissé des souvenirs impérissables. Direction la côté méditerranéenne de l’Italie cette fois, et la ville de Chiavari pour débuter notre petit périple !

Jour 1 – installation à Chiavari

Après un trajet de quasiment 8 heures sur une route que nous connaissons comme notre poche jusqu’à Milan, nous arrivons enfin à Chiavari en milieu d’après-midi. La petite ville, située directement en bord de mer, est un choix stratégique : nous avons prévu de beaucoup bouger dans un secteur très touristique durant les jours suivants, et être logés au calme à quelques kilomètres de distance nous convient tout à fait !

Nous nous installons immédiatement à l’hôtel Stella del Mare : situé le long d’un grand axe, il permet de rejoindre le bord de mer en moins de 5 minutes à pied. La chambre est très confortable, avec un agencement assez intrigant puisque la salle de bain est glissée à l’arrière de la tête de lit (ce qui nous vaut une petite minute d’interrogation en ne la trouvant pas spontanément !). Nous garons toutefois la voiture dans la rue, l’hôtel ne disposant pas de parking souterrain (mais nous apprendrons plus tard que le risque de submersion marine est très fort en ce lieu, et que c’est peut-être une bonne chose pour notre Titine).

Après cette installation donc, nous faisons nos premiers pas dans la ville en arpentant littéralement de long en large son Borgolungo, son centre historique : en prenant la rue à droite juste derrière l’hôtel, nous arrivons sur la statue de Victor Emmanuel et la cathédrale de Chiavari (fermée… ça commence !), rejoignons le palais de justice, puis les rues du centre-ville dont les commerces se cachent sous des arcades (il doit faire bien chaud en été). Les façades des maisons sont colorées, des vestiges de muraille affleurent ici et là, et le jardin botanique (en travaux) nous permet de prendre un peu de hauteur pour admirer la ville d’en haut.

Le soleil commence déjà à se coucher, alors nous décidons d’aller admirer sa chute dans la mer et rejoignons la promenade le long de la plage. Le spectacle est splendide… Nous poursuivons le moment au bar Le Fontane, directement face à la mer, qui nous donne l’impression de nous tenir dans une serre. L’occasion de déguster une petite bière locale pour fêter notre arrivée.

Jour 2 – on élargit le périmètre

Notre deuxième jour débute par un bon petit déjeuner, qui, comme toujours, est un des critères de choix pour la sélection de nos hôtels. Nous « séchons » en effet systématiquement le repas de midi durant nos voyages, mais prenons sérieusement des forces au lever : nous sommes donc toujours ravis de découvrir de la charcuterie italienne, du bacon, des œufs… et ce délicieux jus de fruit à l’orange sanguine que l’on retrouve absolument dans TOUS les hôtels d’Italie, de manière immuable (et que, forcément, on adore).

Cette première étape rondement menée, nous continuons notre exploration de Chiavari sous un soleil magnifique. Nous décidons de débuter par le plus difficile, à savoir la montée vers les vestiges du château-fort du XIIe siècle : nous espérons une vue qui dominera le paysage, nous nous retrouvons toutefois devant un portail et la mention « propriété privée ». Raté !

Nous redescendons donc vers le centre-ville afin de déambuler entre les immeubles colorés. Nous visitons l’église Saint Jean-Baptiste (ouverte !) datant de 1624 et présentant un Christ noir ayant résisté aux flammes d’un incendie, ainsi que la cathédrale de Notre-Dame du Verger, datant du XVIIe siècle. L’édification de ce sanctuaire est liée à l’apparition d’une image d’une Vierge à l’enfant en 1493 sur le mur d’un verger, à laquelle on attribue très rapidement des miracles, notamment pendant l’épidémie de peste qui a suivi. La Vierge apparait ensuite à un paysan en 1610, amenant à la construction du sanctuaire.

Et, afin de rester dans ce thème, nous prenons ensuite la voiture afin d’aller visiter le sanctuaire de Notre-Dame des Oliviers du XVIe siècle, situé en extérieur de la ville, sur une colline. Particularité : deux églises se superposent ici, la plus récente ayant été construite sur la première, datant du XIIe siècle. Une icône, qui serait miraculeusement apparue entre les branches d’un olivier en l’an 936, est visible dans la crypte.

Et, si déjà nous avions sorti la voiture, nous en profitons pour aller visiter les environs, et notamment la commune de Levante, à environ 45 minutes de route par les terres. Là encore, nous déambulons le nez en l’air dans un lieu totalement délaissé des touristes, dans lequel nous sommes quasiment seuls au monde. Nous passons devant la loggia médiévale du XIIIe siècle, admirons l’oratoire Saint Jacques de 1600 et visitons l’église de Saint André du XIIIe siècle (à rayures), en passant par des portes médiévales et des éléments de murailles. Nous terminons notre promenade par la dégustation d’un cocktail en terrasse, au Casino de Levanto, avec vue sur la mer aux teintes bleu azur.

Retour à Chiavari pour terminer cette belle journée bien chargée, et le moins qu’on puisse dire c’est que nous allons être bien nourris ! Naïfs que nous sommes, avions-nous donc oublié ce qu’il se passe lorsque l’on commande deux bières à l’heure de l’apéritif ? La planchette qui nous rejoint à la table du Piccolo Bar place Mazzini est absolument magnifique… mais pas suffisante tout de même pour nourrir deux aventuriers. Alors nous migrons pour manger ailleurs, et reprenons une planchette à partager qui s’avère être gargantuesque, une merveille mêlant viande, fromages et fruits. De quoi bien reprendre des forces (et bien dormir).

Jour 3 : Monterosso et Corniglia

Il est déjà l’heure de refaire nos valises et de migrer vers d’autres contrées : direction les premiers villages des célèbres Cinque Terre, après un bon et copieux petit déjeuner.

Premier de la liste : Monterosso al Mare, que nous rejoignons en voiture en nous disant que prendre le train aurait également pu être une option intéressante au regard de la foule sur la route… Mais, finalement, le problème de stationnement n’en est pas un, puisque plusieurs parkings sont organisés dans la partie ouest du village, la plus « moderne », à proximité de la station de train.

La promenade du bord de mer est aménagée, nous pouvons ainsi déambuler paisiblement avec vue sur la mer Méditerranée. Nous imaginons bien les rangées de parasols qui doivent colorer la plage à la saison estivale, même si nous trouvons que le sol doit être quelque peu dur à supporter toute une journée : point de sable, mais des petits cailloux ! Nous rejoignons par là un bunker tourné vers la mer (sur lequel monsieur ne peut s’empêcher de grimper, d’ailleurs), puis gravissons le chemin de plus en plus raide afin de rejoindre le couvent des Capucins et son église Saint François (dans laquelle se trouve tout de même une Crucifixion de Antoon van Dyck !), puis le cimetière fortifié avec vue imprenable sur l’immensité (à avoir des envies de louer une concession).

Nous descendons ensuite vers le centre-bourg de l’autre côté de la colline, afin de rejoindre l’église rayée Saint Jean-Baptiste de 1307. Son intérieur est très sobre et pourtant très lumineux, très blanc avec une rosace particulièrement fine, et ce lieu est particulièrement paisible et délaissé de la foule.

Enfin, nous retournons du premier côté de la ville, via la route du monastère, afin d’aller voir la tour Aurora du XVIe siècle destinée à la défense de la commune contre l’envahisseur ottoman, et située tout au bout de la promenade piétonne du bord de mer, avant de revenir sur nos pas et de rejoindre notre véhicule, direction le village suivant. Car, mine de rien, le temps passe ! Et ce village, pourtant indiqué comme « à faible intérêt » par les sites d’agences touristiques locales (à visiter pour faire du shopping et comme base de départ de randonnées, à la rigueur) nous a particulièrement plu de par son côté « escarpé » et mêlant aussi bien patrimoine religieux, militaire et paysages splendides.

Et en plus, il y a des chatons dans les crèches, si ce n’est pas un signe que ce village est agréable à vivre !

Pour la deuxième visite de la journée, nous filons vers Corniglia, le seul village des Cinque Terre n’ayant pas d’accès à la mer. Il faut d’ailleurs un petit peu marcher pour atteindre son centre, mais la vue vaut tellement le détour que ce n’est absolument pas une contrainte. Le secteur est viticole et l’on observe les véhicules destinés à l’entretien des vignes, adaptés à l’inclinaison de la pente, totalement différents de ceux de par chez nous en Alsace !

Là encore, nous déambulons le nez en l’air pour admirer les maisons en pierre et la vue sur la mer. On visite l’église Saint Pierre du XIVe siècle, l’église Sainte-Catherine, on va admirer le paysage vers le village de Manarola depuis les vestiges d’une tour génoise… Nous buvons même une petite bière face au paysage magnifique au bar La Scuna wine & beer, malheureusement de marque allemande, adaptée au touriste, on va dire ! De notre côté, nous préférons largement les brasseries artisanales, mais la vue a largement compensé cette « frustration ».

Et comme nous pouvons le voir sur la photo ci-contre, le soleil commence à décliner, et il nous faut rejoindre notre lieu d’hébergement situé non loin d’ici : La Spezia. Le temps de rejoindre la voiture et il fait quasiment nuit noire : cela nous permet toutefois d’aller admirer un phénomène se produisant annuellement, à savoir l’illumination d’une crèche géante sur les flancs de Manarola, visible uniquement d’en face. Nous nous garons d’un côté d’un court tunnel que nous franchissons à pied afin d’accéder au point de vue visible depuis le bord de la route. Un moment un peu magique (bien qu’un peu dangereux également au regard de la conduite de certains alors qu’une dizaine de piétons se tiennent sur le bas-côté !)

Nous arrivons finalement à la Spezia prendre possession de notre hôtel (le CDH Hôtel, rue du XX novembre, de la chaîne Compagnia degli hotel) et de notre chambre – que dis-je, de notre suite tellement la pièce est immense ! Bémol du lieu : il est difficile à trouver, imbriqué au cœur de la vieille ville et visiblement accessible uniquement depuis des rues à trafic limité aux résidents… Enfin, c’est ce qu’on en a déduit au regard de l’amende qui nous a suivi à la maison quelques semaines plus tard !

Un hôtel en pyjama !

Mais l’avantage est justement là également : de par son dénivelé à fleur de colline, il suffit de prendre un ascenseur et on se retrouve directement au niveau des rues commerçantes quelques étages plus bas ! Centre urbain qui s’avère être très plaisant à découvrir, d’un plan assez intuitif, disposant encore des belles illuminations de Noël, et nous connaissions quasiment le quartier au bout de deux soirées à force de l’arpenter.

Nous tentons d’ailleurs ce premier soir un petit restaurant local dont nous tairons le nom : la viande qui pétille dans mon assiette, le déni total du serveur qui goûte un petit morceau directement dans mon assiette pour vérifier mes dires, le même serveur qui écrase de la viande d’une main derrière le comptoir en encaissant l’argent liquide d’un client réglant sa note, et notre addition divisée par deux à titre d’excuse nous ont convaincu qu’il y a eu un souci dans la préparation du plat ! La petite fiole de Jägermeister dans la chambre d’hôtel (qui fait partie de notre « pack de survie » à chaque voyage) m’a certainement sauvé le reste du séjour !

Jour 4 – Spot instagram à Riomaggiore et Manarola

Pour cette nouvelle journée aux Cinque Terre, nous nous dirigeons vers le village le plus connu, du moins sur les réseaux sociaux : Riomaggiore. Tout en longueur, ses maisons colorées s’ouvrent sur une crique d’un bleu azur, faisant le bonheur des photographes et modèles en herbe. Le pendant de tout ce succès est évidemment la circulation, bien que nous réussissions à nous garer finalement encore assez facilement à une petite distance du village. Nous apprenons d’ailleurs à l’occasion de notre venue en ce lieu que la ligne de train desservant tous les villages les uns après les autres propose des billets groupés permettant de monter et de descendre dans tous les sites. Bémol : le trajet est limité à une seule journée ! Ce qui, si on se réfère à certains sites de voyagistes, est apparemment largement suffisant pour tout voir. De notre part, on en doute fort, et visiter les cinq villages en à peine une journée nous parait même insultant au regard de la beauté des lieux…

Nous rejoignons donc Riomaggiore et descendons la rue principale pour rejoindre la mer. La vue est très belle, les maisons également, mais nous prenons toujours plaisir à sortir des sentiers battus : une venelle nous tend les bras et nous découvrons un autre monde, beaucoup plus « résidentiel » composé d’entrelacs d’escaliers, de cours intérieures avec odeurs de linge en train de sécher au soleil, de maisons entassées les unes sur les autres… Un autre village, dans des rues que nous étions littéralement les seuls à fréquenter.

De là, nous sommes à deux pas du château médiéval de 1260, qui nous offre une vue incomparable sur la mer, et de l’église Saint Jean Baptiste du XVIe siècle… enfin de 1870 plutôt, puisqu’elle a dû être intégralement reconstruite suite à un effondrement. D’ailleurs, la beauté des lieux a un revers de la médaille assez acide : celui d’être en plein dans le lit d’une rivière, qui a notamment repris ses droits en 2011 au cours d’inondations dévastatrices…

Après cette magnifique découverte, bien plus paisible que ce que nous aurions pu penser, nous changeons encore de village afin de visiter Manarola, que nous avions déjà aperçue la veille de nuit avec sa crèche illuminée. Là encore, nous nous promenons le nez en l’air (un jour on va tomber dans un trou, c’est certain), admirant les façades colorées, les jolies églises, la mer à perte de vue… Peu de monde, curieusement, mais tout à coup, un attroupement. Qu’y a-t’il donc de si beau à voir ci, à cet endroit précis, pour qu’une queue se soit carrément constituée ?

Et bien il y a tout simplement LA vue des réseaux sociaux, prise depuis la terrasse d’un bar dont le personnel est tellement habitué qu’il a installé un coupe-file avec ruban pour laisser rentrer les photographes au compte-goutte ! Tellement habitués que, quand nous avons demandé une table pour nous installer et consommer, il y a eu un petit blanc, suivi d’un immense sourire… et d’une table directement située sur l’à-pic, avec vue parfaite sur le village. Nous avons profité pleinement de ce moment magnifique en compagnie d’une mouette qui ne quittait plus le grillage au-dessus de nous.

Nous retournons ensuite à La Spezia afin, 1 : de profiter également de cette jolie ville, 2 : de conjurer le sort de la veille en allant manger dans un très bon restaurant repéré depuis la maison sur Tripadvisor, et dans lequel nous avons réservé notre place la veille au soir sur le chemin de retour à l’hôtel. Et là, nous ne sommes absolument pas déçus, bien au contraire, nous nous sommes régalés ! L’Osteria da Bartali est alors classée n°1 des restaurants de la ville (et n’a pas volé son titre), et, après un mix de fruits de mer en guise d’entrée, nous y dégustons, monsieur un pavé de thon, et moi une brochette de poulpe. Le tout dans une ambiance « salon » avec papier peint coloré et tables dressées comme à la maison. Et quelle gentillesse ! Un plaisir d’avoir découvert ce lieu (et de constater que, parfois, Tripadvisor donne tout de même de bons avis !)

Jour 5 – Vernazza et Porto Venere

Dernière journée aux Cinque Terre, il s’agit d’en profiter ! Nous quittons cette fois définitivement notre hôtel pour prendre la direction Vernazza, dont le centre historique s’avère être magnifique, beaucoup plus « italien » comme on se l’imagine, avec des arcades, des palais, des portes ornementales… On descend doucement vers le port en admirant les bâtiments, avant de tomber nez-à-nez avec une église directement érigée sur ce dernier ! Dédiée à Sainte Marguerite d’Antioche, elle date du XIVe siècle tout de même, et son clocher s’élève à 40 mètres de hauteur ! Son intérieur est presque de style primitif, très sombre, avec des colonnes en pierres noires assemblées sans être taillées de manière homogène… une ambiance hors du temps comparée à celle que l’on retrouve sur le quai.

Depuis le port, nous nous dirigeons vers les vestiges château Doria du XIe siècle, dont la tour domine encore les environs. Nous faisons évidemment le choix hautement onéreux de dépenser 1.5 euro par personne afin de pouvoir pénétrer dans son enceinte !

Nous avons déjà visité cinq villages, quelle est donc cette nouvelle destination que nous souhaitons visiter ce jour encore ? Il faut savoir qu’il existe un sixième village, non inclus dans le célèbre circuit touristique, et pourtant tout proche, à l’architecture quasiment semblable. Nous pouvons nommer : Porto Venere.

Après une petite déambulation sur le port et dans les rues du village, nous rejoignons l’église Saint Pierre qui se tient à l’extrême bout du port, face à la mer, avec vue sur les falaises. Datant du XIIe siècle, elle est à rayures, comme la plupart des églises du secteur, et son intérieur est très sobre, avec de grands arcs boutant de pierre, la sensation est très paisible d’autant plus que l’on entend le ressac de la mer battant les rochers juste à l’extérieur. L’église se situe d’ailleurs quasiment sur ce qu’on nomme « la grotte de Byron », un lieu où le poète anglais aimait venir rêver à ses prochains écrits. Nous y admirons le paysage et le soleil qui se couche doucement sur la mer…

Et avant qu’il ne fasse tout à fait nuit, nous décidons d’encore gravir la colline et de monter à l’église Saint Laurent, qui domine la ville depuis les hauteurs. Également du XIIe siècle, également à rayures, également belle et paisible devant une grande place. Et nous nous dépêchons de monter au château Doria (comme à Monterosso) qui domine la ville, car il fait désormais nuit. On profite vraiment de nos vacances au maximum !

Et nous repartons pour ce qui sera notre dernière destination du séjour : la ville de Pise, que ni monsieur ni moi-même n’avions déjà eu l’occasion de visiter. Ceci sera désormais chose faite !

Nous arrivons à Pise aux environs de 21h30 en tombant nez-à-nez avec sa célèbre tour penchée, entièrement illuminée. Notre Bed & Breakfast (une première pour tous les deux, nous qui sommes habitués aux hôtels) est situé dans l’hypercentre, et nous le rejoignons tranquillement à pied après avoir abandonné Titine à quelques rues d’écart. Trop tranquillement même, peut-être, puisque nous arrivons à notre destination, chargés de nos affaires, pile quand une personne en sort… laquelle nous accueille avec soulagement et nous explique qu’elle tentait de nous joindre depuis plusieurs heures déjà via Messenger pour nous demander notre heure d’arrivée ! Elle ne risquait pas de réussir à nous contacter par ce moyen-là, au regard des téléphones antiques dont nous disposons, mais elle aurait pu toutefois tenter de nous appeler, ce à quoi nous aurions décroché bien volontiers !

Mais tout est bien qui finit bien (et pas dans la voiture pour passer la nuit, au moins), et nous prenons possession de notre chambre au Giardino dei Semplici : nous sommes immédiatement ravis ! Le lieu est petit, charmant, il y a une salle de petit déjeuner visiblement bien achalandée, tout est calme et la chambre est très jolie, très végétale. Une très bonne surprise.

Jour 6 – ça penche !

Nous débutons notre journée à Pise par un bon petit déjeuner servi dans la salle commune de l’établissement, et par la dame qui nous avait accueillis la veille. L’espace dessert les six chambres, une grande baie vitrée donne sur un jardin avec des citronniers… Nous apprenons également la raison du nom de ce lieu : c’est la dénomination historique du jardin botanique crée par Côme de Médicis en 1544 et qui se situe quasiment en face le B&B. ça, ça nous intéresse ! (spoiler alerte : il sera fermé) !

Nous débutons la visite par les choses sérieuses : nous sommes à 5 minutes à pied de la Piazza del Duomo, le grand espace où se situent tous les monuments emblématiques de la ville. Car il n’y a pas que la tour de Pise, mais également une cathédrale, un baptistère, deux musées, un palais, le Camposanto (ancien cimetière)… Un billet couplé permet de rentrer dans tous les sites, ce qui est bien pratique (et la carte de guide-conférencier est à nouveau acceptée, un bon point). Et que dire, à part que tout est absolument magnifique ! Entre les peintures murales du Camposanto représentant les scènes de l’ancien et du nouveau Testament (une vraie BD), la tour en elle-même qui s’élève dans un ciel bleu azur (et penche franchement beaucoup plus en vrai qu’en photo, c’est impressionnant), les plafonds à caisson du Duomo, le baptistère dont nous pouvons gravir les étages, nous y passons plusieurs heures sans voir le temps passer.

Mais comme toujours, il ne faut pas réduire une ville à un seul site, et ici Pise à sa seule tour, il y a tout un centre-ville à découvrir en ce dernier jour de l’année ! Nous rejoignons doucement le fleuve Arno en déambulant au détour de places, de palais et d’églises (fermées). Celle de Santa Maria della Spina, construite au bord du fleuve, est pour nous une belle frustration, nous aurions été curieux d’en voir l’intérieur !

Malgré le temps magnifique (ou à cause de), la température est particulièrement froide : nous rejoignons donc la place Garibaldi et la statue du grand homme (incontournable en Italie) située juste à côté des quais du fleuve, face à un pont, via la place des cavaliers et sa statue de Côme 1er située juste derrière notre B&B. Le Bar Centro nous permettra de nous réchauffer avec un Irish Coffee italien (on remplace le whisky par de l’amaretto, et ça change tout !)

La journée défile toutefois rapidement, et il s’agit de trouver à présent un lieu de restauration afin de « tenir » jusqu’à minuit pour le passage à la nouvelle année. Et évidemment, en deux bons touristes, nous n’avons pas pensé à nous renseigner en amont sur les évènements organisés par la ville et n’avons pas réservé de restaurant, tout à notre voyage et déphasage temporel associé !

Et là, nous avons une chance inouïe. A deux minutes à pied de notre hébergement, dans la rue Santa Maria permettant de rejoindre la Piazza del Duomo, des tables sont en train d’être dressées devant la trattoria Bar & food 62. Nous demandons s’il reste des places, la réponse est immédiatement positive, nous sommes installés en extérieur, immédiatement, un 31 décembre, à deux pas d’un des plus beaux monuments du pays ! Et la cuisine, n’en parlons même pas : nous nous attendions à un « truc à touriste » au regard de la géographie du lieu et de l’empressement du service, et bien pas du tout. Une cuisine confectionnée au jour le jour, par la maman du serveur, avec des produits locaux : on se laisse tenter par un plateau de fromages suivi d’un gratin de tripes pour monsieur et de ravioles pour moi, et c’était un régal. Le tout agrémenté d’une bouteille de vin rouge italien, le moment était parfait, et nous a permis de bien profiter de notre soirée avant de rejoindre un pont sur l’Arno pour assister au feu d’artifice de la nouvelle année.

Jour 7 – prenons de la hauteur

Cette nouvelle année débute sur les chapeaux de roue, puisque nous voulons profiter encore au maximum du temps qui nous reste en Italie avant le dur retour vers notre routine quotidienne… Nous empruntons de ce fait le chemin de ronde du centre historique afin d’admirer les bâtiments vus du haut. Long de 3 kilomètres, il se tient tout simplement sur la muraille médiévale encore apparente dans une bonne partie de la ville, et très bien conservée. Le point de vue est différent, tout est calme, il fait toujours aussi beau, on franchit les quatre portes historiques de la ville, il y a des bastions, des parcs en contrebas, des têtes de palmier, un vrai plaisir.

Et sur cette dernière promenade qui nous a permis de re-visiter le centre-ville une dernière fois, nous disons au revoir à cette magnifique ville et à notre petit hébergement auquel je me suis particulièrement attachée.

Bilan de ce voyage : les Cinque Terre, il faut en profiter, ce n’est pas un record à battre que de visiter les cinq villages le même jour en s’entassant dans des trains ! Ce n’est pas notre passion, mais des chemins de randonnée relient les différents villages entre eux, il y a des panoramas sublimes sur la mer, des ruelles étroites qui permettent de rejoindre des quartiers totalement délaissés des touristes et pourtant tellement beaux à découvrir… La Spiezia était quant à elle la surprise du voyage, passée du statut de « lieu d’hébergement géographiquement pratique » à « ville dont on a essoré le centre-ville en deux soirées ». Chiavari nous a fait nous sentir en vacances au bord de mer avec sa marina et ses palmiers, et Pise est une destination « à faire » dans sa vie dont nous avons apprécié sa quiétude. Un beau voyage express pour clore une belle année !


Laisser un commentaire