48 heures à Trois-Rivières

Pour la troisième étape de notre voyage au Québec, nous décidons de découvrir la ville de Trois-Rivières, l’une des plus anciennes cités du Canada fondée officiellement en 1634 par le sieur Laviolette. Mêlant patrimoine historique, architecture industrielle et art moderne, nous avons fait le choix de consacrer deux jours à cette ville… ce qui a été tout juste suffisant au regard du programme que nous nous étions concocté en amont !

Nous nous garons à proximité de place Pierre Boucher, nommée ainsi en l’honneur du capitaine de milice qui s’est illustré lors d’une importante attaque iroquoise en 1653. Sur ce site, de nombreux panneaux d’interprétation historique nous présentent l’histoire récente de la ville : industrie papetière, grand incendie dû à des jeux d’enfants entrainant la destruction quasi totale du centre-ville commerçant… Les vestiges de l’église du Sacré-cœur détruite lors de ce tragique évènement sont d’ailleurs matérialisés sur la place, à côté du Monument des braves rendant hommage aux soldats tombés durant les deux guerres mondiales, et du monument du « flambeau » représentant les 300 ans de la fondation de Trois-Rivières.

Nous poursuivons notre découverte par la cathédrale de l’Assomption, dont les vitraux sont réputés pour être les plus beaux d’Amérique du Nord, tandis que son architecture générale s’inspire de la Trinity Church de New York, rien que ça. Et effectivement, les vitraux sont absolument magnifiques, la réputation n’est pas usurpée… Sachant que, pour une fois, notre dicton « Chiesa chiusa » n’a pas été prononcé, nous avons eu de la chance, et ce d’autant plus que 5 minutes après la fin de notre visite le tocsin a commencé à sonner, entrainant la fermeture de l’édifice au grand public !

Après un petit tour dans le joli parc Champlain situé devant la cathédrale, nous nous dirigeons vers les quais donnant sur le fleuve Saint-Laurent. Nous gravissons évidemment le célèbre escalier permettant d’accéder au « Platon », le site du premier poste de traite de fourrures de la ville (pensez à observer les marches, sur chacune figure une information historique chronologique dans le temps au fil de la montée). On admire le monument en hommage à Laviolette avant de nous diriger vers le Monastère des Ursulines, dans la rue du même nom. Au regard du peu de temps en ville, nous choisissons de privilégier, comme toujours, les déambulations en extérieur plutôt que les musées, mais le site avait tout de même l’air très intéressant, retraçant la vie de cette Communauté depuis 1697.

Nous redescendons ensuite sur les quais via le joli parc en face du monastère, avant de rebrousser chemin et de nous re-diriger vers le centre-bourg. Nous testons au passage une microbrasserie locale, Le temps d’une pinte, dans une arrière-cour de style industriel totalement végétalisée, un lieu atypique et correspondant vraiment bien à l’ambiance de la ville !

Après cette première prise de contact avec la ville, nous décidons de nous délester de nos valises, de plus en plus lourdes au fil des journées de voyage qui passent (entre les cannes de sirop d’érable et les bouteilles de gin artisanales, forcément…). Nous prenons donc nos quartiers pour la nuit au motel bien nommé « Les suites de Laviolette« , en banlieue de ville. Comme toujours, nos critères principaux sont satisfaits : parking pour titine de location (car prendre soin de sa voiture, c’est prendre soin de sa caution, ne l’oublions pas), et petit-déjeuner copieux pour tenir le rythme durant la journée !

Et finalement, le temps passe et nous sommes déjà le soir… et la faim se fait sentir ! La rue des Forges regorge de possibilités, et nous jetons notre dévolu sur « Le bureau de poste ». Notre régime alimentaire habituel hurle son envie de légumes et, même si ces derniers sont rarement servis autrement que frits, nous réussissons à manger un burger végétarien (bluffant) et une salade composée (aux haricots noirs style mexicaine, franchement pas mal). Le tout avec des bières issues également d’une brasserie artisanale (c’est l’avantage des villes industrielles, il y a toujours des microbrasseries qui se lancent !)

Et nous arrivons ensuite sur les quais juste à temps pour admirer le magnifique coucher de soleil sur le pont Laviolette… Des vues qui restent gravées dans la mémoire. Et nous réalisons qu’il existe encore des endroits sur terre où tu peux te promener, de nuit, sur des quais, en étant touriste, sans craindre une seule seconde pour ta sécurité, on a vraiment cette sensation d’être dans un havre de paix depuis bientôt deux semaines !

Jour 2 : on termine en prison

Qui vient de parler de sécurité, et qui pourrait penser qu’une innocente peluche allait rapidement se retrouver en cellule ?

Après un petit-déjeuner conséquent à l’hôtel (on garde nos habitudes !), direction la Vieille prison de Trois-Rivières, pour laquelle nous avons réservé nos places sur internet la veille au soir. Le groupe est de taille correcte (20 personnes), le guide très agréable et compétent (et il n’y a pas pire juge qu’un autre guide, c’est moi qui vous le dis), et sa visite est absolument passionnante. On circule dans l’intégralité de la prison au gré des explications historiques et anecdotes sur son fonctionnement. On peut rentrer dans certaines cellules, il y a des panneaux de muséographie aux endroits stratégiques pour lesquels nous disposons à chaque fois d’un petit temps en autonomie pour en permettre la lecture, des reconstitutions de bureaux, des sons et vidéos projetés… Le parcours dure environ une heure et nous en sommes enchantés, les 22 $ par personne sont largement rentabilisés (sachant qu’il existe des forfaits avec le musée inclus, des tarifs dégressifs famille, des + de 65 ans etc.)

Sachant également que vu que la Vieille prison se situe aujourd’hui au cœur du « Musée Pop », nous avons eu accès à l’exposition temporaire du rez-de-chaussée avant la visite, et à une exposition temporaire en extérieur à la fin du parcours. Un très bon concept qui permet de « décompresser » après cette visite tout de même assez lourde en termes de ressenti et d’émotion, tout en donnant envie de découvrir le reste du musée.

Bref, une excellente visite, dont nous avions entendu parler sur internet en amont de notre voyage, mais dont la réputation n’est pas du tout usurpée !

Il est désormais temps de quitter Trois-Rivières, mais pas avant d’avoir visité le sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap, situé plus au nord sur la même rive du fleuve. Fondé en 1888, c’est le deuxième plus grand sanctuaire marial d’Amérique du nord, qui attire encore aujourd’hui près de 430 000 visiteurs par an !

La basilique, élément central du site, date quant à elle de 1964 et est de style vraiment très moderne, avec des enchevêtrement de salles dans lesquels on est totalement libre de déambuler. On est toutefois un peu surpris du caractère peu « sacré » du lieu, entre autocars de touristes garés sur le parking et restaurant au rez-de-chaussée de l’édifice proposant un plat du jour dans un brouhaha de cantine !

Le parc qui entoure la basilique a toutefois une toute autre ambiance : on y visite la chapelle historique de 1720, un petite sanctuaire marial entouré d’eau, il y a un chemin de croix, des oiseaux qui picorent le sol, des écureuils aux arbres… Parfois, à quelques mètres près, on retrouve le calme !

Et c’est ainsi que se terminent nos 48 heures à Trois-Rivières. Nous serions bien restés plus longtemps dans le secteur, mais c’est le propre des voyages limités dans le temps de rencontrer parfois quelques frustrations ! Direction désormais la dernière étape de notre périple : Québec, que vous découvrirez bientôt dans un nouvel article !


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