Week-end automnal sur la Côte d’Azur

Vous l’aurez compris, pour nous, n’importe quel jour férié / pont / congé qui tombe bien dans le calendrier est prétexte à une excursion, voire à un week-end prolongé. Le 11 novembre de cette année tombant un mardi n’a pas fait exception à la règle. Une discussion à la volée (« la mer me manque »), un coup d’internet et hop ! Direction le sud de la France pour 4 jours de soleil !

Jour 1 – Cannes

Une fois n’est pas coutume, nous étions très fatigués, et donc pas en état de faire une nuit blanche pour arriver tôt le matin à destination. Nous sommes donc partis à 3 heures du matin, direction le sud par l’autoroute française. Un trajet à la surprenante facilité, qui nous fait penser que nous avons dû passer juste avant les milliers de personnes ayant eu la même idée que nous ! A 11h du matin, nous sommes à destination et pouvons « dire bonjour à la mer » sous le ciel magnifique de Cannes. Aucun programme particulier pour cette première journée, si ce n’est marcher en respirant de l’iode et profiter de la lumière qui nous faisait tant défaut depuis plusieurs semaines en Alsace !

Nous nous garons donc à proximité du parc de la Roseraie et remontons tranquillement la Croisette, contournons le Palais des Festivals pour regarder les mains des stars immortalisées dans le sol, allons regarder les bateaux amarrés au Vieux-port, dévorons un Pan bagnat acheté à une guérite sur le front de mer (ce sont parfois les meilleurs moments !)…

Après cette première prise de contact de déjà pas moins de 3 heures de marche, nous prenons possession de notre chambre à l’Eden Hôtel et Spa, rue d’Antibes, donc au cœur même de l’hyper-centre commerçant de Cannes. Côté pratique : le parking souterrain municipal quasiment à ses pieds et faisant bénéficier de forfaits vraiment incitatifs afin de limiter le stationnement en surface, et la situation tant proche du bord de mer que du centre-historique, où tout est accessible à pieds. Le tout en permettant d’avoir accès à une vue magnifique sur l’arrière-pays et les collines.

L’hôtel a également pour particularité de disposer d’une piscine et d’un spa intérieur, de quoi se détendre à volonté après une journée de promenade intense !

Nous ressortons évidemment quasi immédiatement après avoir déposé nos valises, afin de ne pas perdre une minute de notre journée. Direction alors le centre-historique et les vieilles rues tortueuses cannoises du quartier du Suquet dans lesquelles nous prenons un immense plaisir à nous perdre le nez en l’air. Entre escaliers en pierre, végétation luxuriante des parcs, églises qui apparaissent dans les coins de rues, chats qui se dorent au soleil et échoppes de commerçants, cette ambiance nous plaît bien plus que celle de la Croisette ! La chasse aux murs peints est également ouverte, avec quelques belles découvertes au hasard des façades.

Nous arrivons au niveau de l’église Notre-Dame d’Espérance tout en haut de la colline au moment où le soleil se couche, nous offrant un magnifique paysage sur la mer avec les lumières de la ville qui s’allument progressivement. Ce sera d’ailleurs notre dernière étape de la journée avant une bonne nuit de sommeil réparatrice, afin de repartir à l’aventure le lendemain !

Jour 2 : Îles de Lérins

Notre deuxième jour débute évidemment avec un très bon petit-déjeuner (toujours un critère prédominant dans le choix de nos hôtels). Nous sommes ravis de la sélection proposée, composée aussi bien de plats salés chauds (œufs brouillés, beans anglais, bacon…) que froids (charcuterie, saumon, fromages), que d’une très belle gamme sucrée (pancakes à la minute, viennoiseries en grand nombre, confitures de marques locales…). Avantage également : la présence d’aliments sans gluten / sans lactose, toujours très appréciable !

Après cette première découverte, direction le port de Cannes pour emprunter la navette permettant de se rendre sur les Îles de Lérins. Nous jetons notre dévolu sur Saint-Honorat, qui offre un cadre naturel mais également aménagé par l’Homme avec un monastère cistercien fortifié datant de 1863. C’est en effet là que le moine Saint Honorat établit un centre spirituel au début du Ve siècle, dans le but de diffuser le christianisme en Occident ; au fil des siècles, le lieu va se développer, se fortifier, et il est toujours en activité aujourd’hui.

Après une traversée d’environ 20 minutes, nous débarquons donc sur l’île et apprécions immédiatement la quiétude qui s’en dégage. Le lieu est très calme, apaisant, la foule se disperse très rapidement, il y a des oiseaux, des petits animaux, des vestiges de maisons et d’églises un peu partout, une tour monastique fortifiée (on peut contribuer à sa restauration via la Fondation du Patrimoine), le monastère en lui-même avec sa jolie église mais aussi son oliveraie et ses vignes où trottinent des faisans…

La navette retour a lieu toutes les heures : nous passons donc un beau moment sur cette île à admirer la mer et à nous promener un peu partout. Autrement dit : aucun endroit ne nous a échappé, en bon « épagneuls » que nous sommes !

Pour la fin de journée, nous décidons d’aller nous promener dans le centre historique de Mougins, dans l’arrière-pays cannois, ville célèbre pour avoir eu Pablo Picasso parmi ses illustres résidents. Conformément à nos habitudes, nous arpentons les rues en escargot les unes après les autres, visitant chapelles et églises, photographiant les jolies maisons et cours arborées, admirant les vitrines d’artistes. Il y a peu de monde également, rapport à la saison, mais on imagine la foule certainement présente ici à l’apogée de l’été ! Nous passons sous la porte sarrasine du XIe siècle afin de rejoindre l’église Saint-Jacques le Majeur du Xe siècle qui est évidemment fermée, conformément à notre malédiction (« Chiesa Chiusa » étant notre expression habituelle).

Et le soleil se couchant déjà, il est temps de revenir à Cannes afin de chercher un lieu où se sustenter. Et j’ai un souhait, un objectif même : faire découvrir à Monsieur une vraie pissaladière, comme dans mes souvenirs d’enfance. Pari pas forcément gagné en zone ultra touristique, et pourtant… La maison by Tripodi, rue Félix Faure, répondra parfaitement à notre cahier des charges ! Une très belle surprise dans un cadre agréable, avec une équipe restée très sympathique malgré la très grande affluence en terrasse. Nous avons passé un très bon moment, et très bien mangé (nous avions pris une planchette de charcuterie / fromage en plus histoire de compléter, et limite ça n’aurait pas été nécessaire, la pissaladière se suffisant à elle-même !)

Jour 3 – retour aux sources à Nice

Nous rendre à Nice avait une saveur un peu particulière pour moi : ma famille paternelle en est originaire depuis des générations, depuis l’époque où tout ce secteur géographique faisait encore partie de l’Italie. J’y étais déjà allée étant petite, en avais quelques souvenirs vagues, et y retourner adulte a permis d’en raviver quelques uns.

Après un parking facilement trouvé place Masséna, nous avons d’abord commencé par rejoindre le bord de mer. Le temps est magnifique, les gens se baignent, déploient les nappes pour des piques-niques sur la plage, on se croit en vacances ! Nous déambulons un peu le long de la Promenade des Anglais avant de bifurquer vers le cour Saleya et son marché en plein air, dédié ce jour-là aux brocanteurs et artisans. Nous rejoignons ensuite la chapelle de la Très Sainte Trinité et du Saint Suaire de Nice avant de poursuivre notre avancée dans les rues tortueuses du centre-ville et de bifurquer sur la droite au niveau de la montée du château.

Là débute une vraie montée morcelée d’escaliers et de pente douce afin d’arriver en haut de la colline du château, le berceau de la ville de Nice. Occupée dès l’Antiquité, siège d’une forteresse médiévale détruite par Louis XIV, elle devient au fil des siècles un lieu de villégiature pour les locaux, offrant une vue magnifique sur la ville et la mer. On peut toutefois toujours y observer des vestiges ça et là, aidés de panneaux d’interprétation joliment illustrés. Une cascade artificielle datant de 1885 offre également un beau point de vue.

Nous redescendons ensuite vers le Vieux-Nice dans un but précis : prendre en photo la maison de naissance de mon grand-père paternel, né en 1925 à l’actuel n°6 rue Masséna. Il s’agit d’un petit immeuble donc évidemment impossible de connaitre le lieu exact, mais on le trouve facilement. Et retour ensuite place Masséna pour jouer aux touristes en prenant un bon Aperol spritz !

Pour la suite de la journée, nous quittons le centre-ville afin de rejoindre la colline de Cimiez, inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco tant pour ses habitats d’inspiration mauresque que par son passé archéologique romain. Nous débutons notre visite du site par le monastère du IXe siècle, transformé en caserne pour militaires, puis en hôpital après la Révolution française, redevenu religieux sous la Restauration sarde. Son aspect est totalement modifié au XIXe siècle avec l’ajout d’une façade néogothique et d’un porche, mais les éléments intérieurs, tels le retable de 1512, témoignent de son véritable âge. Le lieu est sombre, serein, et un beau parc public est situé juste à côté, propice à la déambulation tout en offrant un beau panorama sur Nice. Un joli chat noir très affectueux vient nous tenir un moment compagnie de manière très, très offensive…

Un peu plus loin se tient le musée archéologique implanté sur le site même des vestiges de la cité romaine antique de Cemenelum : nous arrivons bien trop tard pour le visiter, mais pouvons tout de même apercevoir une partie des ruines en plein air. Idem pour le Musée Matisse (ce dernier est d’ailleurs inhumé au cimetière de Cimiez) qui aurait été très intéressant à voir ! Prétexte pour revenir ?

Nous pouvons toutefois déambuler librement dans les Arènes encore en élévation, déjà bien impressionnantes !

Pour cette dernière soirée dans le Sud, nous décidons de retourner dans le secteur de notre hôtel afin de nous détendre un peu. On profite donc quelques heures du spa (on vous prévient, les familles sont autorisées, donc zéro souci visiblement que les enfants fassent des bombes dans les bains à remous sans complexe…) avant de sortir en ville à la recherche d’un petit repas à partager.

Nous tombons par hasard sur La Bohème, rue des Frères Pradignac : le lieu est désert, nous sommes très bien accueillis, prenons une planchette à partager avec deux bières, pas déçus du tout de la qualité ni de la quantité, et nous passons un très bon moment.

Jour 4 : Cap sur Antibes

Nous disons au revoir à notre joli hôtel après un dernier très bon petit-déjeuner avant de prendre la route vers Antibes et de profiter au maximum de notre dernière journée de voyage.

Nous nous garons au niveau de la place du Ponteil afin de pouvoir marcher le long de la plage avant de rejoindre le centre historique. A nouveau, des gens se baignent, il fait beau, presque chaud, le ciel est d’un bleu incroyable… On se gorge les yeux de ce paysage, on fait une étape à la pointe de l’Îlette pour le panorama « touristique » avant de continuer notre progression vers le square Albert 1er, puis le bastion Saint-André du XVIIe siècle, portion encore existante des remparts de la ville qui accueille aujourd’hui le musée archéologique. Enfin, nous arrivons au « Jardin des poètes », dédié exclusivement aux cactus, plantes grasses et succulentes, mon paradis !

A partir de là, nous arrivons rapidement dans le centre historique d’Antibes : nous déambulons à travers les rues commerçantes sinueuses, les jolies places avec kiosques et lavoirs, et le marché couvert, avant d’entamer une petite promenade autour du port de plaisance actuel afin de regarder les yachts amarrés.

Et dernière étape de notre journée : tout de même aller voir le célèbre phare d’Antibes, le phare de la Garoupe ! Après quelques difficultés pour le trouver (le GPS s’est complètement perdu au gré des tournants / voies sans issues / propriétés privées qui morcellent le cap d’Antibes !) nous arrivons finalement… avec deux jours de retard, le phare étant ouvert au public seulement durant le week-end.

Nous visitons donc seulement la Chapelle de la Garoupe située juste à côté, dont, comme souvent, l’origine remonte à l’Antiquité, le site étant alors dédié à Séléné, déesse de la Lune. Une première chapelle chrétienne est édifiée ici dès le IVe siècle, suivie d’une tour, puis de la chapelle Notre-Dame de la Garde en 1520, et enfin de la chapelle Sainte-Hélène plus tardivement. La chapelle actuelle est remplie d’Ex-voto offerts par les familles de personnes ayant survécu à des naufrages ou des accidents tragiques.

Et c’est la fin de notre petit périple dans le Sud de la France, qui nous a fait énormément de bien en ce mois de novembre climatiquement abominable dans nos contrées ! Objectif à tenir : au fil des week-end, découvrir progressivement les villes de la Côte d’Azur et de l’arrière-pays provençal les unes après les autres…


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