5 jours à Québec

Le temps passe vite quand on s’amuse, et nous voici déjà à notre dernière étape de notre voyage au Québec : la ville du même nom.

Nous venons de passer une bonne partie de la journée dans le secteur de Trois-Rivières et arrivons à Québec en fin de journée. La première étape consiste donc à s’installer à l’hôtel Le Dauphin, rue Marais, dans la même chaine que notre hôtel de Montréal. Et là… petite surprise, qui ne nous était jusqu’alors JAMAIS arrivée durant tous nos voyages : on s’est trompé dans les dates de réservation, nous ne devions arriver à l’hôtel que le lendemain, oups!… mais rien d’irréparable heureusement, notre chambre étant déjà libre pour ce premier soir, nous pouvons donc en prendre possession de manière anticipée (moyennant une petite rallonge financière spéciale tarif week-end dernière minute en capitale, le prix de l’étourderie on va dire !)

Célestin a failli dormir dans sa valise

Sur cette petite péripétie qui nous fait tout de même bien rire (un peu moins la personne de l’accueil, restée très professionnelle dans cette affaire), nous reprenons rapidement la voiture pour se promener au centre-ville.

Nous nous garons donc au parking devant la gare du Palais afin de déambuler à pied dans les rues piétonnes, alors que le soleil se couche déjà. Nous traversons la place Jean-Pelletier et empruntons la rue Saint-Paul jusqu’au début des embarcadères, en bifurquant devant la salle de spectacle La Caserne, afin de remonter vers le quai Chouinard pour admirer le fleuve. Puis à partir de là, nous sommes finalement à deux pas de la place Royale entourée de maisons du XVIIe siècle, de l’église Notre-Dame-des-Victoires de 1688 (qui s’avèrera être fermée à chacun de nos passages durant tout notre séjour ; ce sera notre Chiesa Chuisa du moment !), et de la célèbre rue touristique du Petit Champlain.

La faim commence alors à se faire sentir (depuis le matin, nous n’avions absolument rien eu dans l’estomac, alors que nous n’avions pas franchement été désœuvrés). La rue est toutefois TRÈS touristique, et les seuls endroits qui nous attirent (autrement dit : où on aurait la possibilité de nous assoir) sont tous complets et sur réservation pour dans 2 heures… Nous tombons toutefois par hasard, dans l’escalier bien nommé « Casse-cou », sur le Pub des Borgia. Bières artisanales, plats locaux, sirop d’érable ? Les mots clefs sont annoncés, il reste de la place en intérieur : adjugé vendu ! Et nous passons un super moment avec deux très belles assiettes.

Jour 2 : les chutes de Montmorency

Après un bon petit-déjeuner (évidemment), nous prenons la voiture afin de nous diriger vers le Parc de la Chute Montmorency. Le trajet n’est pas long (15 minutes à peine) mais nous peinons à trouver l’entrée du parking, cherchant désespérément une place gratuite dans le secteur. Mais n’insistez pas comme nous, il n’y a pas le choix : l’entrée du parking est l’entrée officielle du site, et vous réglez votre billet en pénétrant sur le parking surveillé, avec ou sans véhicule !

Ceci étant fait et 5 minutes de marche plus tard, la chute que nous avions déjà pu apercevoir depuis la route s’offre à nous : 88 mètres de hauteur, soit 30 mètres de plus que les célèbres chutes du Niagara, s’écrasent à nos pieds. Par le hasard de notre accès, nous sommes alors en haut de l’escalier panoramique de 487 marches. Impressionnant, il permet de réaliser des étapes régulières sur des belvédères afin d’admirer la chute au gré de notre descente.

Et une fois en bas, la vision que l’on a est incroyable ! On peut approcher de près la chute depuis l’accès au pied des escaliers, mais également faire le tour du bassin complet pour aller l’admirer depuis l’autre rive, beaucoup moins aménagée et de ce fait plus naturelle, où des personnes s’essaient même à la pêche à la ligne. Le spectacle est superbe, fascinant, c’est une vision splendide qui s’offre à nous, et je pense que nous sommes restés quasiment trois heures sur site.

Sachant qu’ensuite, il a fallu remonter l’escalier ! Nous avons préféré cette option à celle du téléphérique (en supplément évidemment) afin d’arriver à nouveau à notre point de départ et de pouvoir emprunter la passerelle sur la chute. Une autre manière d’appréhender le site en voyant l’eau avant la prise de vitesse.

Et une fois de l’autre côté de la rive via cette passerelle, nous avons encore pu approcher le Manoir Montmorency et son belvédère de la baronne afin d’admirer le paysage depuis un autre angle.

Outre avoir admiré ce patrimoine naturel incroyable, nous avons également appris des éléments scientifiques grâce à des panneaux d’exposition placés le long de la rive, notamment que 94 % de l’énergie électrique du Québec est de source hydraulique ! Et quand on voit la puissance de cette chute, ce serait effectivement du gâchis de ne pas exploiter cette énergie naturelle.

Bref, un moment hors du temps, dans un lieu superbe, il faut maintenant que le reste de la journée soit à la hauteur !

Nous choisissons donc de rester dans le thème du patrimoine naturel en nous rendant sur l’Île d’Orléans, toute proche des chutes. Historiquement, c’est le berceau de l’Amérique française, où de nombreuses familles venues de métropole arrivaient avant de se disperser ensuite sur le continent ; architecturalement, quatre des plus beaux villages du Québec se trouvent sur cette île, qui comptent plus de 600 bâtiments historiques restaurés et préservés ; économiquement, c’est le paradis de l’agrotourisme ! Champs, vergers, vignobles, chocolateries, microbrasseries se succèdent le long des 67 km de route permettant de faire le tour de l’île.

Après une étape à l’église de Sainte-Famille de 1743 (Chiesa Chiusa…) et un tour dans le Parc des Ancêtres, nous tombons par hasard (si ça, c’est pas de l’instinct!) sur la microbrasserie de l’Île d’Orléans, le Pub le Mitan. Ni une ni deux, nous décidons de goûter aux spécialités locales : une bière pour moi, un cidre local pour monsieur… et des cornichons frits pour la curiosité intellectuelle ! Pas mauvais d’ailleurs, autant que cela puisse surprendre (même si la sauce ranch sauve quand même beaucoup la recette).

Nous enchainons par un passage au sein de l’exploitation Monna et filles, spécialisée dans la production de cassis et sa déclinaison sous toutes ses formes, des friandises au vinaigre en passant par les spiritueux. Nous craquons évidemment sur quelques menus achats (Noël est dans deux mois, mine de rien).

Nous terminons notre excursion par un coucher de soleil depuis la pointe de l’île, vue sur Québec en face.

Et pour le soir, vu que nous étions bien fatigués de la journée, nous avons fait le choix de rester à proximité de notre hôtel dans la zone industrielle : la brasserie La voie maltée a su répondre à notre envie de bière artisanale.

Jour 3 : à l’assaut de Québec

Pour cette nouvelle journée, direction la ville de Québec même, que nous décidons d’attaquer par le côté des Plaines d’Abraham, sur lesquelles, en 1759, s’est tenu la grande bataille entre les troupes françaises et britanniques pour obtenir le pouvoir sur le territoire (se soldant par une victoire anglaise). Le parc des Champs-de-Bataille a ainsi été créé en 1908 pour le 300ème anniversaire de la ville de Québec, et c’est par là que nous démarrons notre journée, entre marche au sein de ce (très) grand espace et incursion dans une des tours Martello proposant une scénographie ludique permettant de manipuler des objets de reconstitution.

Au bout du parc, nous arrivons à la Citadelle de Québec et empruntons la rue Saint-Louis couronnée d’une porte monumentale, afin d’arriver directement sur l’esplanade du Château Frontenac. Et là, je repense immédiatement à l’Inspecteur Gamache des romans de Louise Penny prenant son café dans cet établissement ! Le site est absolument gigantesque, monumental, composé de plusieurs bâtiments assemblés et superposés, dominant une esplanade tout aussi impressionnante, la terrasse Dufferin. De là, on peut contempler le Saint-Laurent et on surplombe la rue du Petit-Champlain où nous nous tenions il y a deux jours. Finalement, la ville, bien que grande, s’apprivoise assez rapidement.

Nous déambulons donc sur l’esplanade avant d’aller admirer la statue de Champlain à son extrémité, puis d’aller visiter la Basilique-cathédrale-Notre-Dame de Québec au regard de la météo qui change rapidement ; à l’intérieur de cette dernière se tient d’ailleurs une exposition sur François de Laval, premier évêque de Québec en 1674. La muséographie est à nouveau incroyable : projections murales avec documentaire, panneaux d’interprétation favorisant le toucher (de fourrure de castor), écrans tactiles côtoient statues et tableaux plus classiques.

En sortant du bâtiment, le temps a tourné, et il pleut : nous empruntons donc les rues semi-couvertes (comme la rue du Trésor, peuplée d’artistes et d’artisans), puis rejoignons la rue du Petit-Champlain via un passage devant la mairie et la côte de la montagne. Le café-boutique Le Packwood nous accueille avec un bon pumkin spice latte maison le temps que le soleil revienne (et cette fois, c’est au bistro d’Olivier et Gabri à Three Pines que nous pensons !)

Nous poursuivons ensuite notre déambulation en centre-ville avec le soleil qui décline déjà : on remonte par la Côte de la montagne afin de rejoindre les jardins de l’Hôtel de ville ornés de décorations d’Halloween : cette période de l’année est toujours assez particulière niveau décorations !

Puis on retourne tranquillement vers notre parking au bout des Plaines d’Abraham, à pied par la Grande allée E, puis la Grande allée O, en passant devant le Musée éponyme ou encore dans un joli quartier illuminé par de l’art urbain. Nous ne trouvons pas de restaurant sur la route, donc nous décidons de rentrer à l’hôtel afin d’aviser pour la suite de la soirée.

Mais la suite est toutefois bien triste : à peine arrivée sur le parking de l’hôtel, le wifi de mon téléphone s’active et l’annonce du décès d’une personne très chère à mon cœur apparait à l’écran… Et dormir est parfois la seule solution pour déconnecter le cerveau après ce type de nouvelle, surtout quand on est « coincé » de l’autre côté de l’Atlantique sans possibilité de vol anticipé (nous sommes alors à trois jours de notre retour, et le dernier vol précédant le nôtre partait ce jour).

Jour 4 : la nature guérit tout

Après une nuit compliquée, nous décidons de quitter Québec et sa foule pour un environnement plus calme et isolé, où nous pourrions laisser libre court à notre peine si besoin. Direction donc le sanctuaire Sainte-Anne de Beaupré, un des cinq sanctuaires nationaux du Québec, fréquenté depuis 350 ans. Monumentale et sereine, son église est décorée de manière assez atypique : signes du zodiaques, métiers, scènes de la vie de Sainte-Anne, animaux et végétaux… le tout en mosaïques vivement colorées. Les portes sont également gravées de scènes bibliques avec une grande finesse.

À l’extérieur, un chemin de croix est constitué de statues de bronze criantes de réalisme, par lequel on peut se rendre dans une chapelle commémorative « de la troisième église » et dans le « scala santa » de 1891 (destiné aux pèlerins montant les marches de l’escalier à genoux). L’ambiance est calme et belle, nous sommes quasiment seuls et c’est tout ce qu’il nous fallait.

Nous allons ensuite visiter le Canyon Sainte-Anne, à couper le souffle, d’autant plus que les couleurs d’automne sont désormais bien lancées. L’entrée coûte 15$ en tarif plein, et permet d’accéder au site en autonomie. La marche n’est pas difficile, on va à notre rythme, on observe les lieux avec attention en essayant de ne pas se faire renverser par les touristes pressés qui empruntent un véhicule type voiturette de golf pour aller plus vite… alors que le canyon est lui-même âgé d’un milliard d’années, la dualité fait tout de même un peu sourire.

Retour ensuite à Québec sur l’idée de mon formidable mari, qui sait comment me réconforter (ou du moins tenter) : il a repéré un salon de thé félin quasiment en face de notre parking habituel de la gare, le Café félin Ma langue aux chats. Le concept a été crée par deux femmes militaires réformées, qui ont souhaité apporter un nouveau souffle à leur vie professionnelle, tout en finançant des œuvres sociales en faveur des militaires et en employant des personnes souffrant de handicaps. Les chats apportent leur pierre à l’édifice par la sérénité qui se dégage d’eux. Définitivement, une très belle initiative portant de belles valeurs.

Et histoire de conclure cette journée en noyant son cerveau : direction à nouveau l’escalier casse-cou pour nous rendre au Nacho Pub qui propose différentes sortes de poutines. Celle dénommée « cabane à sucre » avec porc effiloché et sirop d’érable épicé a parfaitement fait l’affaire !

Jour 5 : au bord du port

Pour cette dernière véritable journée de visite de notre séjour, nous débutons notre journée par le secteur de l’Observatoire de la Capitale. L’accès au parking de cet immeuble est difficile à comprendre, mais nous parvenons à rentrer à l’intérieur sans encombre grâce à un peu d’aide extérieure. Chose tellement appréciable : les Québecois sont incroyablement patients, une dame est sortie de sa voiture pour venir nous aider alors qu’en France on se serait fait klaxonner agressivement, sans aucun doute…

Après cette première aventure, nous admirons le joli mur peint de l’immeuble avant de nous diriger vers la promenade Desjardins. Outre nous permettre d’avoir un joli panorama sur la ville, on y traverse également un potager partagé en parfait état d’entretien, destiné aux habitants du quartier. Là aussi, pas sûre qu’en France les tomates auraient pu aussi bien se développer…

On se dirige ensuite vers la place d’Youville, nommée en honneur de Marguerite d’Youville, dont nous avons déjà parlé dans notre premier article sur Montréal ici. Les bâtiments sont beaux et modernes, alors que la porte Saint-Jean de style Renaissance est visible du même temps, le contraste est toujours impressionnant.

On choisit alors d’emprunter la rue Saint-Jean de l’autre côté de l’avenue Honoré-Mercier et de déambuler dans ce nouveau quartier, plus industriel, et d’arpenter les rues au hasard. Entre les parallèles et les perpendiculaires, peu de risques de se perdre ! Nous empruntons l’escalier Lavigueur afin de rejoindre la place de l’université du Québec et le jardin Jean-Paul-Lallier encore en fleurs.

On emprunte ensuite la rue Saint Joseph afin de rejoindre un parking à ciel ouvert situé sous une voie rapide, et dont les poteaux de soutènement ont tous été ornés par des artistes muralistes : la fan de murs peints en moi adore. Le quartier nous plait d’ailleurs bien, entre église réhabilitée en logement, frigo-fripe solidaire en libre-service, comptoir Emmaüs où nous allons forcément faire un tour et rues commerçantes alternant commerces de Pop culture japonaise et Supermarché de proximité, on s’amuse bien durant une heure !

Nous nous dirigeons doucement vers la zone portuaire en bord du Saint-Laurent en repassant, encore une fois, devant la gare du Palais (décidément). Là aussi, nous découvrons des potagers partagés sans aucune surveillance (mais le civisme fait le reste), il y a des boîtes à musique géantes au bord de l’eau au parc du Vieux-Port, des sculptures en bois, le lieu est calme, beau, propre… Nous allons jusqu’au magasin des douanes historique, contournons la gare d’embarquement des passagers du ferry, en profitons pour tester les toilettes publiques librement accessibles et gratuites (rien que pour voir, mais évidemment qu’elles étaient propres). Nous nous reposons un peu place des Canotiers avant de remonter vers le haut de la ville, car il faut dire que nous sommes attendus…

En effet, nous avons réservé notre créneau de visite au Morrin Centre, centre culturel et bibliothèque, garant de la culture anglophone du Québec, géré par la Literary and Historical Society of Quebec depuis 1824 (la même fondatrice de la Bibliothèque et des Archives nationales du Québec). Mais auparavant, ce lieu accueillait la prison de Québec, puis un collège, et ce sont ces deux versants que la visite guidée aborde majoritairement, nous permettant d’accéder tant aux geôles qu’aux salles de classes des étages.

Sachant qu’un meurtre a eu lieu ici, relaté dans Enterrez vos morts, de Louise Penny, et résolu évidemment par l’Inspecteur Gamache déjà cité (celui qui boit des cafés au château Frontenac, rappelez-vous)… Le livre est d’ailleurs tellement célèbre que, lorsqu’on réserve sa place en ligne pour la visite guidée, dans le formulaire demandant par quel moyen nous avons entendu parler du site, on peut cocher que c’est via cet ouvrage !

La visite est extrêmement vivante et nous emmène donc dans les recoins du site, abordant les différentes fonctions du bâtiment tout en nous laissant le temps d’admirer la magnifique bibliothèque. Il y a aussi une exposition sur le milieu carcéral extrêmement bien faite, avec outils numériques, registres d’écrou numérisés… Au top de la modernité pour donner envie d’apprendre.

La journée se conclut par un dernier coucher de soleil sur le Saint-Laurent depuis la terrasse Dufferin, avant de réaliser une ultime expérience culinaire : nous décidons de manger une « queue de castor » ! Et avant que tout le monde s’offusque, c’est un beignet plat sur lequel on met ce que l’on veut / peut : du nutella à la saucisse en passant par le pulled pork. Nous allons donc au Beaver Tails de la rue du Petit Champlain afin de tenter cette dernière aventure qui s’est avérée… intéressante. Gras au possible, un vrai cliché de la malbouffe (du personnel blasé/exploité au prix dont l’indécence est inversement proportionnelle à la quantité)… mais il fallait goûter !

Un dernier passage devant la fresque des Québecois et il est désormais temps de rentrer à l’hôtel.

Nous sommes toutefois garés à l’observatoire, au point quasi culminant de la ville : une petite marche digestive nous permet d’encore pouvoir admirer le jardin de l’hôtel de ville décoré ainsi que la fontaine de Tourny illuminée devant le Parlement du Québec.

Jour 6 : retour en Vieille-France

Et c’est la fin de notre périple québecois ; nous reprenons la route direction Montréal afin de prendre notre vol retour vers Bâle qui, part chance, sera un vol de nuit (car le jetlag promet d’être violent). On dit au revoir à Québec, et au revoir à notre titine de compétition qui aura avalé bien des kilomètres durant deux semaines avec nous !

Nous avons adoré découvrir le Québec, et espérons bien revenir un jour pour approfondir nos découvertes, mais aussi visiter d’autres endroits de cette magnifique région.


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