Juliette à Vérone

Le prénom Juliette donne un grand privilège : celui d’entendre, quasiment à chaque fois qu’on se présente, la réponse suivante : « et il est où Roméo ?? ». Il était donc naturel d’aller une fois en découdre avec Vérone, ville de résidence des ces deux amoureux malheureux !

Pour découvrir Vérone le plus efficacement possible en 3 jours de temps, nous souhaitions prendre un hôtel en centre ville, avec parking compris et petit-déjeuner inclus. L’hôtel Trieste a répondu aux critères et nous a charmé par son design totalement atypique : un véritable musée d’art moderne, du hall d’entrée aux chambres !

Sa page instagram : ici et les photos ci-contre vous donnerons un aperçu du phénomène (et en plus nous avons été surclassés !)

Vérone est une petite ville charmante pouvant se pratiquer uniquement à pied : nous avons donc déambulé afin de découvrir le plus de choses possibles !

La maison de Juliette

Cette maison, construite au XIIème siècle, appartenait à la famille Dal Cappello. On peut donc y voir le balcon depuis lequel Juliette de Shakespeare écoutait les mots d’amours de Roméo… ainsi qu’une statue de la jeune femme dont il est de coutume de caresser le sein ! Vu la période de notre voyage et l’épidémie de Covid-19, toucher la statue était strictement interdit pour des raisons sanitaires, et un gardien était quasiment dédié à cette surveillance tant les touristes ne résistaient pas à la tentation !

Visiter l’intérieur de la maison est payant (musée dédié à l’histoire de Roméo et Juliette et aux costumes), mais l’accès à la cour est totalement gratuit.

A savoir également que la ville accueille de nombreux « artistes » muralistes : si certaines traces restent volontairement visibles, ce type d’art urbain sur la maison de Juliette est aujourd’hui sévèrement réprimé par la Police

Le Duomo, la cathédrale Santa Maria Matricolare

Quatre églises majeures sont visitables à Vérone, et valent franchement le coup d’oeil. Un ticket groupé permet de toutes les visiter durant votre séjour, pour la somme de 6 euros : le billet est composté à l’entrée de chaque nouveau site.

La cathédrale est de loin la plus impressionnante des églises, car elle héberge trois bâtiments en un : l’église Sainte Hélène, du IXème siècle, où l’on peut voir des fouilles archéologiques et la trace de l’église primitive ; le baptistère, reconstruit en 1123, où l’on peut admirer des fonts baptismaux octogonaux taillés dans un seul bloc (on se demande comment ils ont passé la porte !) représentant des scènes bibliques ; et enfin, la cathédrale en elle-même, grandiose. Nous avons dû y rester quasiment 2 h, autant dire que le billet d’entrée est amorti !

Et à ne pas rater : une petite ruelle se trouve à la gauche du portail d’entrée. Elle parait privative mais n’hésitez pas à y pénétrer, vous y trouverez un joli cloître et des mosaïques romaines, cachées du grand public…

L’église de San Fermo

Dédiée aux saints Fermo et Rustico, dont les reliques auraient été placées sous l’autel de l’église paléochrétienne du Vème siècle. Les fondations de ce premier bâtiment sont d’ailleurs encore visibles en sous-sol, et sont vraiment impressionnantes : personnellement, nous n’avons pas l’habitude de pouvoir admirer des fresques médiévales aussi anciennes, surtout sans aucune protection vitrée. Du XIème siècle à 1350 ont eu lieu des travaux destinés à donner à l’église sa forme actuelle, avec campanile, cloître et église supérieure et inférieure.

La basilique San Zeno

Datant de l’époque romaine et reconstruite après un tremblement de terre en 1117, on peut y admirer entre autres des portes en bronze monumentales représentant des scènes de l’Ancien et du Nouveau Testament, des fresques du XIIème siècle se superposant aux œuvres plus récentes (pas un m² de mur n’est nu), des statues délimitant un chœur surélevé… Une statue de Saint Zénon, patron de la ville, semble vous sourire à l’entrée du lieu, et un cloître est propice à la déambulation.

La crypte abrite notamment la relique du Saint, et une mini-exposition sur panneaux présente une action scientifique réalisée sur plusieurs années : les ossements ont été analysés en laboratoire, ce qui a permis de recréer le visage de Zénon et de déterminer que l’âge et l’origine géographique du corps sont cohérents avec l’histoire du Saint. Le squelette a ensuite été reconstitué, puis habillé, et enfin exposé dans l’église. Une manière très moderne d’aborder un lieu de culte !

L’église Saint Anastase

La plus grande église de Vérone, qui est datée approximativement d’entre 1290 et 1481, et accueille des œuvres d’art absolument grandioses, malgré sa façade inachevée. Des plafonds entièrement peints au sol en mosaïques, en passant par des fresques colorées, pas un cm² de cette église n’est dénudé ! Comptez bien 2h pour la visite (nous, en tout cas, c’est le temps qu’on y a passé) et pensez à bien observer chaque détail (les bénitiers de l’entrée sont assez particuliers).

Point positif : l’extérieur de l’arche supérieure de la chapelle Pellegrini est décoré d’une fresque intitulée « Saint Georges et la princesse« . Cette fresque, qualifiée de remarquable, se situe cependant très haut dans l’église, et nous n’en voyons aucun détail… C’est pour cela qu’un mini-documentaire multilingue sur écran, juste en dessous de la fresque, présente en une dizaine de minutes l’intégralité de l’œuvre, et permet vraiment d’en profiter et d’en observer la beauté.

Le pont Scaligero et le Castelvecchio

Pont médiéval lié au château, érigé probablement de 1354 à 1356, détruit en 1945. Reconstruit à l’identique, il permet aujourd’hui toujours de franchir le fleuve Adigo et de rejoindre le quartier de l’Arsenal. Véritablement rue, il permet d’avoir une jolie vue sur le fleuve et la fortification de la ville.

L’Arsenal

Fidèles à notre habitude, nous avons décidé d’entrer dans ce bâtiment qui annonçait des salles d’expositions temporaire : il est cependant aujourd’hui désaffecté, voire un peu squatté… L’ambiance est surréaliste : d’un centre ville ultra-touristique, nous arrivons dans un lieu totalement isolé, envahi de hautes herbes, à la limite de l’urbex, mais emprunté par de nombreuses personnes âgées revenant visiblement du marché avec leur cabas et souhaitant certainement emprunter un raccourci !

Les arènes

L’amphithéâtre est daté de 30 ap. J-C, et aurait pu accueillir 30 000 personnes. A la chute de l’Empire romain, il a eu la chance de ne pas être trop démantelé, car les Chrétiens en avaient peur : les souterrains des arènes auraient hébergé le diable… Mais il a tout de même servi de carrière de pierre au XIXème siècle, ce qui fait que l’anneau extérieur n’est pratiquement plus visible.

Aujourd’hui, les arènes accueillent toute une programmation d’opéra en plein air, et se visitent tous les jours pour 10 euros par personne, et 7.5 euros en tarif réduit. A savoir que la gratuité est également possible sous conditions.

Visiter ces arènes est absolument grandiose : non seulement elles sont extrêmement bien conservées, mais en plus le visiteur a une totale liberté de mouvements : déambulation dans les galeries, sur les marches, vue sur la vieille ville depuis le haut du monument, et durée de visite non limitée. Pensez à regarder où vous marchez, vous découvrirez peut-être des fossiles incrustés dans les blocs de pierre…

La piazza delle Erbe

Place principale de Vérone, sur laquelle se tient un marché (assez dédié aux touristes) ainsi que pas mal de petits restaurants sympathiques. Les stands du marché sont assez amusants, car entièrement rétractables, puis déployables : de simples cubes de bois deviennent ainsi des étals avec parasols !

Sur cette place se trouve une maison entièrement peinte, ainsi que la tour des Lamberti, plus ancien bâtiment de Vérone qui date de 1172. 368 marches d’escalier (ou un ascenseur) permettent de monter à son sommet d’avoir une vue panoramique sur la ville, pour la modique somme de 5 euros.

Le funiculaire du château Saint Pierre

Pour la modique somme de 2 euros aller et retour, vous pouvez monter en funiculaire admirer les ruines du théâtre romain, ainsi que la ville vue d’en haut. Un bar, le Re Teodorico, vous accueillera afin de vous abreuver de bières artisanales, brassées à Vérone (Célestin avait très soif)

Manger à Vérone

La Prosciutteria, piazza delle Erbe : ce « non-restaurant » est, d’après le slogan, le meilleur de Vérone ! Le concept est le suivant : vous êtes dans une sorte de boucherie, vous sélectionnez ce que vous souhaitez manger (pas de cartes, mais des planches de suggestions affichées au mur). Les aliments sont servis sous forme de planchette, directement au comptoir, et c’est au client de récupérer son plat, ses couverts, sa boisson, et d’aller s’installer sur des sièges plus ou moins modulables… Pas de service ! La nourriture est locale, copieuse, bien présentée, peu chère, et vous mangez en admirant la place. Réservé aux amateurs de viande ! Son instagram ici (et notre délit ci-contre)


2 réflexions sur “Juliette à Vérone

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