Seuls au monde à Venise

Après deux vols annulés consécutivement pour des destinations plus ou moins lointaines (Canada d’abord, Canaries ensuite) au vu du contexte sanitaire actuel, et ayant tout de même très envie de découvrir une nouvelle région, nous avons décidé de traverser les frontières et de nous rendre en Italie.

Nos pas nous ont donc menés vers Venise, Padoue, Vicence et Verone, quatre magnifiques cités de la Vénétie, connues pour leur beauté et leur histoire. Ces quatre villes feront l’objet de quatre articles, afin de vraiment pouvoir être exhaustifs.

Pour des raisons tout d’abord d’accessibilité (et parce que nous recherchons des hôtels avec parking en priorité), notre choix d’hébergement s’est porté sur un petit hôtel de Campalto, sur la terre ferme.

Nous avons jeté notre dévolu sur l’hôtel Antico Fenice : familial, chambre très grande, parking gratuit dans la cour de l’hôtel, petit déjeuner sur la terrasse face à une belle pelouse ensoleillée, que des bonnes surprises dès le premier jour ! L’hôtelier (anglophone) nous a également fourni carte de la ville et renseignements en tous genres pour nous faciliter notre séjour.

Avantage notable : l’arrêt de bus menant directement à la gare routière de Venise était situé à 50 mètres de notre porte d’entrée, et les billets pouvaient s’acheter directement au camping voisin : pour 1,5 euro, et avec deux possibilités de lignes passant chacune toutes les dix minutes, vous pouvez rejoindre la cité des Doges en moins de 10 minutes.

Une fois installés, direction Venise ! Le trajet est aisé, rapide, et nous voilà déposés à la gare ferroviaire de Venise. Les premiers canaux apparaissent, et c’est parti pour l’aventure !

Venise regorge de pures merveilles architecturales qu’on ne pourra que citer : mais fidèles à notre habitude, nous avons également décidé de nous perdre dans la ville afin d’en découvrir tous les recoins…

La ville est décomposée en sept quartiers : nous vous présenterons nos principales découvertes, ainsi que nos coups de cœur culinaires (car visiter un pays passe aussi par la découverte de sa gastronomie, après tout !)

1- Quartier Saint Marc : la place Saint Marc, sa basilique, son campanile, son Palais des Doges

Place emblématique de la ville, désertée de ses pigeons (interdiction de les nourrir, sous peine d’amende !), elle dessert :

La basilique de Saint Marc : édifiée au XIème siècle en remplacement d’une basilique précédente afin d’abriter la relique du corps de saint Marc, l’édifice s’est enrichi au fil des siècles pour devenir un édifice totalement atypique, mêlant styles byzantin, islamique, Renaissance, gothique… La forme de l’église, en croix grecque, rappelle celle des églises orientales.
En travaux lors de notre venue, le 1er étage reste néanmoins accessible, permettant d’avoir une vue plongeante sur la nef du bâtiment. Le circuit vous emmène vers la terrasse panoramique afin d’avoir une vue d’ensemble sur la place et le Grand Canal, afin de vous découvrir le petit musée d’archéologie absolument superbe : on y découvre notamment les originaux du quadrige présent sur la terrasse, héritage de Constantinople, rapportés à Venise durant les croisades… Il y a également la possibilité d’accéder à une salle de réception du Palais des Doges et d’y admirer les tapisseries médiévales ainsi que des manuscrits.

La visite complète est proposée pour la modique somme de 5 euros, avec de nombreuses modalités de gratuité. Pas besoin de réserver son billet en ligne, la file d’attente n’est vraiment pas longue.

Le palais des Doges : reconstruit de 1340 à 1441 suite à l’incendie qui a aussi eu raison de la première basilique de Saint-Marc, C’était la résidence des maîtres de Venise jusqu’à la fin du XVIIIème siècle. Il abritait également des organes politiques, administratifs ou judiciaires, et accueillait une prison, à laquelle menait le fameux pont des Soupirs. L’histoire veut qu’on entendait les prisonniers soupirer depuis la lagune…

Au vu du temps magnifique et de toutes les merveilles à découvrir, nous avons fait le choix de ne pas inscrire la visite intérieure du bâtiment à l’ordre du jour, mais sommes tout de même allés admirer ce fameux pont depuis l’arrière du bâtiment !

Le campanile : il n’aurait peut-être pas fallu nous raconter que ce dernier s’est effondré sur lui-même en 1914, n’entrainant heureusement aucun blessé et aucun dégât sur la place, et qu’il a été reconstruit immédiatement à l’identique dans les années qui ont suivi ! Peut-être serions nous montés admirer le panorama mais, là encore, nous avons privilégié les déambulations dans la ville.

Saluons Célestin, qui en a profité pour boire une bière sur la place Saint Marc ; à 11 euros la bière, il fallait savourer, mais avec la vue sur la Basilique devant et le pianiste en live derrière, c’est un très beau moment à s’offrir… d’autant plus que la bière est locale !

Si cette place est la plus connue (et la plus peuplée de touristes), d’autres sites remarquables sont visibles dans ce quartier, qu’il serait dommage d’oublier, tels l‘église San Zaccaria, où tout un chacun peut de descendre dans sa crypte immergée (depuis l’escalier, évidemment), dans laquelle est enterré le dernier Doge de Venise…

2 – Quartier San Polo : le plus ancien de Venise

Le quartier San Polo a été choisi comme lieu de vie des premiers habitants de la ville… puisqu’il s’agissait d’un terrain non exposé aux inondations ! Plus petit quartier de Venise, ayant accueilli un marché dès 1090, il a gardé un joli dynamisme lié à l’activité commerciale.

Le pont du Rialto : rénové au XVIème siècle après un écroulement en 1444, il se présente comme une unique grande arche de 48 mètres, surmontée de 12 petites arches de part et d’autre du pont. Bordé de deux rangées de boutiques, c’était en quelque sorte la « banque » de Venise puisque c’est là que les monnaies étrangères étaient changées. Jusqu’au XIXème siècle, c’était le seul pont qui permettait de lier les parties est et ouest de la ville, soit les quartier Sans Polo et San Marco.

Le pont du Rialto était un objectif de notre promenade… et nous n’avons tout simplement pas réalisé tout de suite que nous l’avions trouvé, et que nous étions dessus ! Car, en effet, quand nous arrivons par l’arrière du pont (et non par la vue « carte postale » du Grand canal »), il s’agit d’une continuité de la rue marchande en escalier. Le fait qu’il y avait un peu plus de monde qu’ailleurs, et beaucoup de selfies, nous a mis la puce à l’oreille…

Une des églises les plus belles de Venise se trouve dans ce quartier : la Santa Maria Gloriosa dei Frari… qui était fermée le jour de notre passage ! Nous serons donc « obligés » de revenir à Venise un jour pour pallier à ce manque dans notre culture personnelle…

Le côté ultra-touristique de ce quartier et la vie quotidienne des habitants s’entremêlent totalement dans ce quartier, où se trouve encore aujourd’hui (héritage du passé ?) un très grand marché alimentaire directement au bord du canal. Fruits et légumes, fleurs, et surtout poissons frais se côtoient à deux pas du Rialto, ignoré de la plupart des touristes…

3- Quartier de Dorsudoro

La Basilica di Santa Maria della Salute : Située à l’extrémité sud du Grand Canal, sa construction a commencé en 1602. Venise était alors en proie à une violente épidémie de Peste. L’église fut consacrée quelques 85 ans plus tard, en 1687.

Le bâtiment repose sur plus d’un million de pilotis, lesquels permettent de créer une sorte de sol artificiel stable (contrairement au fond de l’eau !). On peut y voir les célèbres Noces de Cana du Tintoret, mais l’accès à ce tableau est payant, contrairement à l’accès à l’église qui lui, est totalement gratuit.

L’église San Pantalon : tombés par hasard sur cette église de quartier, quelle surprise nous avons eu en pénétrant à l’intérieur ! le plafond, entièrement peint, donne la sensation d’être aspiré vers le ciel… Le maître, Antonio Fumiani, mit 25 ans à réaliser cette œuvre qui lui en coûta la vie, suite à une chute de son échafaudage. Son corps repose dans l’église. 

4- Le quartier du Castello

L’église de Zanipolo (Jean et Paul) : la plus grande église de Venise et l’une des plus surprenantes. À l’intérieur, on y découvre les tombeaux de 27 doges et quelques tableaux d’artistes importants. Sa construction a duré presqu’un siècle. Elle a finalement été consacrée le 12 novembre 1430.

Et vu qu’il faisait chaud, Célestin s’est désaltéré dans un petit bistro situé pilé devant la porte d’entrée de l’église ! Cette dernière faisait partie d’un circuit d’église payante : il y avait possibilité de prendre un Pass mais à 3 euros l’entrée (gratuite à nouveau pour les professionnels), nous avons pris les billets au cas par cas.

La librairie Acqua Alta : découverte via les réseaux sociaux, et visiblement très connue des instagramer qui font la queue pour se faire prendre en photo sur des piles de livres ou au milieu des rayonnages (Célestin s’est d’ailleurs prêté au jeu), cette librairie est un véritable bric-à brac pour les amoureux de la lecture. Guides de voyage, romans internationaux, ouvrages d’art, livres pour enfants s’amassent sur des étagères de guingois ainsi que dans des baignoires, des gondoles, des bacs de lessive… Un plaisir de fouiller dans les rayonnages (très ordonnés, malgré l’effet fouillis volontaire), d’autant plus que les chats sont les bienvenus, et se laissent volontiers caresser. L’humour est également au rendez-vous : l’issu de secours en cas d’incendie aboutit directement dans le canal !

Autre bistrot découvert dans ce quartier : A le Bande, Castello 53-54 : nous avons pu y goûter la BAV, bière brassée à Venise. Pas le temps d’aller visiter la brasserie, mais nous reviendrons…

5 -Le quartier de Cannaregio

Le quartier de Cannaregio abritait le ghetto juif jusqu’au XVème siècle, et l’architecture générale du lieu témoigne de cette fonction : bâtiments très hauts, bien plus hauts que dans tout le reste de la ville, restes de grilles fermant le quartier le soir… Aujourd’hui, c’est un quartier très vivant, étudiant, voire nocturne, peuplé de bars et de restaurants.

Première découverte du quartier, et notable s’il en est : un supermarché Spar a investi un ancien théâtre ! Situé Calle Delle Pignate, ce bâtiment nous a tout de suite interpelé : tout y est encore en place, si ce n’est que les rayonnages remplacent les fauteuils… A ne pas rater, pour le côté insolite de la chose (et en plus ils ont des produits locaux, ça ne gâche rien).

Pour poursuivre dans le côté insolite : nous sommes tombés, au gré de nos déambulations, sur un bistrot qui nous paraissait attractif. Nous franchissons la porte, et arrivons dans un cloitre servant de terrasse, mais également de lieu de travail pour de nombreux étudiants. En poursuivant notre exploration, nous arrivons alors dans une sorte de salle d’exposition, puis dans une salle de restauration, puis devant un ascenseur desservant des logements… COMBO (car c’est le nom du lieu) est en fait un espace partagé proposant un restaurant, des salles réservées aux artistes, mais également des logements, de l’appartement au studio, pour tout public. Le site ici : https://thisiscombo.com/fr/location/venezia/ pour mieux comprendre le concept !

On découvre également dans ce quartier la magnifique église de la Madonna dell’orto, du XIVème siècle, dont l’intérieur, regorgeant d’œuvres d’art, est totalement différent de l’extérieur, relativement sobre et discret : cloître, œuvres du Titien et du Tintoret, retables… A ne pas rater si on aime l’histoire religieuse et l’art en général.

Autre découverte insolite de ce quartier : l’église San Maria di Nazareth, située quasiment sur le parvis de la gare. Si l’église en elle-même est très belle, l’insolite vient de son circuit intérieur, qui oblige le visiteur à sortir par une herboristerie qui vend, entre autres produits assez classiques, en eau de Mélisse fabriquée par les frères Carmes Déchaux depuis 1710 (c’est le flyer qui le dit !). Célestin nous a convaincus, nous avons acheté et rapidement testé le produit : pour 6 euros, cette eau est véritablement miraculeuse. Mal de tête ? On frictionne un mouchoir imbibé sur les tempes ; mal au ventre car trop mangé (à Venise, les tentations sont là…) ? Une demi-cuillère à café dans de l’eau. les usages sont multiples et vont être appréciés cet hiver…

6 – Quartier San Croce

Petit quartier situé à proximité de la gare routière (et donc le seul où les véhicules terrestres peuvent circuler !), et qui semble de fait moins attractif culturellement et touristiquement : nous y avons tout de même fait de belles découvertes fortuites.

L’église de San Simeone Piccolo : située juste en face de la gare ferroviaire, elle abrite une crypte octogonale de 21 chapelles, entièrement peinte du sol au plafond. Nous ne l’aurions même pas su si le gardien des lieux ne nous avait pas proposé la visite. Cette dernière s’effectue à la bougie : on descend un escalier (en passant à côté des chaises en trop et du porte-manteau !) et on est soudain transportés dans un autre monde…

Petite subtilité pour les claustrophobes : ce souterrain est en fait directement situé sous l’escalier d’accès à l’église, au niveau du sol ! La rue est d’ailleurs visible à travers une petite porte, créant un contraste assez saisissant alors que l’on s’imagine être à plusieurs mètres sous terre…

Le jardin Papadopoli : pas forcément grand chose à en dire, si ce n’est que nous avons pu y passer un petit moment de détente bien agréable avant d’enchainer sur un petit restaurant de fin de soirée ! Fontaine, statue, espaces verts, il en faut parfois peu pour se reposer durant une chaude journée, et ce parc nous a offert un joli moment.

Le dernier et septième quartier est celui de Giudecca : néanmoins, malgré sa beauté réputée, nous n’avons pu nous y rendre durant ce séjour. Cela nous « forcera » à revenir !

Manger à Venise

Fidèles à nos habitudes, et n’étant pas équipés en nouvelles technologies pour faire des recherches sur internet (nos téléphones se battent en duel pour savoir lequel des deux est le plus obsolète), nous avons déambulé dans les quartiers à l’heure du repas afin de trouver de quoi nous sustenter. Et nous avons des exigences : du local, et si possible de l’original ! Nous avons rempli le cahier des charges tous les soirs…

  • Cà D’Oro alla Vedova, Ramo Ca’ d’Oro, 3912 (quartier Cannaregio) : ce restaurant au fond d’une ruelle nous a interpellés depuis la rue principale. De bonnes odeurs flottaient dans l’air, une bonne ambiance semblait se dégager du lieu, et la décoration était totalement dans nos goûts : un style brocante du sol au plafond, avec meubles réutilisés et décorations en tout genre. Forcément, c’était complet… Mais le restaurateur s’est plié en 4 pour nous trouver une petite place dans une alcôve. Plats traditionnels de Venise, tels la sèche et son encre sur de la polenta, ou encore le foie de veau aux oignons : un régal, tant pour les yeux que les papilles. Vin au verre, local aussi, nous avons passé un très bon moment, pour un prix plus qu’abordable (moins de 50 euros pour deux, pour une entrée de fruits de mer à partager, deux plats viande ou poisson dans la partie « tradition » de la carte et une petite bouteille de vin).
  • Ostaria Antico Dolo, Ruga Rialto, 778 (quartier San Polo) : la Riva del Vin, rue des restaurants au pied du pont du Rialto, est peuplée de serveurs racoleurs succédant à des serveurs insistants, vous proposant tous des lasagnes, pizza ou spaghettis carbonaras au prix touriste. Et sinon, dans la rue parallèle, vous trouvez une formidable Trattoria traditionnelle tenue par un vieil homme, avec cuisine faite maison ! Au menu : gnocchi de potiron, crevettes aux oignons et polenta (chaud/froid/sucré/salé, très surprenant et excellent), et pour conclure desserts traditionnels de Venise à tremper dans une liqueur locale. Parfait !
  • La Lanterna da Gas, Campiello Mosca 24 : Dans une charmante cour tranquille, à l’écart des rues animées, s’est trouvé un petit restaurant proposant des planchettes de fruits de mer et de charcuterie à partager. Ne sachant faire un choix, nous avons pris les deux ! Si la suggestion de viande et fromage était plus classique, la maritime était surprenante, présentant sur la carte « du cru, du grillé, du bouilli) : coquille Saint Jacques gratinée, poulpe grillé, sèche à l’encre (plat traditionnel), gambas cru… Le tout agrémenté d’une bière vénitienne, naturellement.

2 réflexions sur “Seuls au monde à Venise

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